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La P'tite Cabine, le dressing en ligne collaboratif made in Tahiti

mis à jour le 05 novembre 2018 à 08H30
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Si elles sont encore peu nombreuses, les start-up tech se développent en Polynésie française. Sélectionnée pour la deuxième promotion de PRISM, le premier incubateur local, La P’tite Cabine présentait son concept à l’occasion du Digital Festival Tahiti 2018, qui se tenait du 24 au 27 octobre. Taharaura Buttard nous explique son parcours et le principe de son dressing en ligne collaboratif.

La P'tite Cabine, le dressing en ligne collaboratif made in Tahiti
La P'tite Cabine, le dressing en ligne collaboratif made in Tahiti © Stéphanie Mundubeltz-Gendron

Porter plus de vêtements et dépenser moins. Voilà l’idée de La P’tite Cabine, une plateforme de location de vêtements et d’accessoires basée à Tahiti. "Il s’agit d’un dressing collaboratif en ligne", explique Taharaura Buttard, fondatrice de la start-up, à L’Usine Digitale.
 

"on consomme plus de textile que de fruits et légumes"

Juriste de formation, la jeune femme de 28 ans a créé La P’tite Cabine lorsqu’elle a perdu son emploi. Fan de mode, elle n’avait plus les moyens de s’acheter les vêtements et accessoires qu’elle souhaitait. Il lui est alors arrivé de "se servir" dans le dressing de ses amies mais s’est aperçue très vite que les tailles ne convenaient pas toujours…

D’autre part, "l’île est petite, donc pour éviter d’avoir les mêmes vêtements que sa voisine, on est tributaire de devoir commander en ligne", explique Taharaura Buttard. Avant d’ajouter : "Or, il faut savoir qu’on porte en moyenne seulement 30% de notre dressing (…) Ici, on consomme plus de textile que de fruits et légumes". Une aberration pour cette jeune femme soucieuse de l’écologie.
 

Un dressing en ligne collaboratif

Le principe de La P’tite Cabine est donc simple : mettre en relation via une plateforme en ligne les propriétaires de vêtements inutilisés et des particuliers en quête de looks différents, à prix accessible et de manière éphémère. D’un côté, les propriétaires de vêtements et d’accessoires remplissent une fiche-descriptive et déposent leurs "biens" à Taharaura qui les vérifie, les mesure, les recoud si besoin, les prend en photo et fixe un prix de location. Ce dernier ne dépasse pas 30 % du prix du neuf. Les propriétaires touchent une commission (en cours d’ajustement). Le pressing est pris en charge dans la prestation.

De l’autre côté, les loueurs choisissent les produits via un catalogue en ligne. La durée de la location est fixée à 4 jours pour les bijoux et accessoires et une semaine pour les vêtements, avec un système de caution. Les retours se font en points-relais. "Aujourd’hui, il y a deux points relais : PRISM, l’incubateur de la CCISM, et l’épicerie ECO Vrac, à Papeete, précise Taharaura Buttard. Je suis à la recherche d’un troisième lieu".
 

En bêta-test avant un lancement en 2019

La plateforme est en bêta-test sur Facebook (réseau social très utilisé à Tahiti) depuis janvier 2018. Elle fédère aujourd’hui un panel fermé de 55 personnes, dont 22 propriétaires, soit environ 400 articles, avec des tailles allant du XXS ou XXXL. Le profil des utilisateurs va de 25 à 50 ans, des femmes principalement.
 

Le lancement grand public est prévu pour début 2019, avec l’ouverture du site Internet. Pour s’y préparer, Taharaura Buttard s’est notamment appuyée sur quatre jeunes étudiants de la première promotion e-commerce et marketing de l’UPF (Université de Polynésie française). En attendant, la jeune femme recherche activement un local pour mener à bien son activité.

Et si elle n’en est qu’à ses débuts, le projet semble séduire. La jeune femme a été récompensée lors du concours Poly’Nov, soutenu par le gouvernement, et vient d’obtenir une aide du territoire de 90 000 francs pacifiques (750€ environ) ainsi que 450 000 francs pacifiques (3800 € environ) d’aide au démarrage. Une petite enveloppe qui va lui permettre de s’équiper (machine à laver, tote bag…) et de développer l’aspect marketing. "Je pars 5 semaines en métropole pour trouver des fournisseur de matériel, de tote bag, et pour ramener des vêtements que l’on me donne", commente-t-elle.
 

PRISM, une "expérience enrichissante"

Incubée à PRISM depuis février 2018, Taharaura Buttard assure que la structure lui a été très utile :  "C’est une excellente expérience. J’y ai notamment appris la vente, à tester sans cesse… C’est en discutant avec les autres start-up que l’idée du point-relais est née par exemple. On se soutient et on échange sur les même problématiques".

"Je n’ai pas inventé la poudre", exprime-t-elle. Si la jeune femme est modeste, elle a su s’adapter à une spécificité locale en s’appuyant sur les possibilités offertes par le numérique et les réseaux sociaux.

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