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La Paillasse veut convaincre les industriels de l'intérêt des biotechnologies et des objets connectés

Un laboratoire géant et communautaire dédié à l'innovation dans les biotechnologies et les sciences cognitives se lance à Paris. Quel intérêt pour les entreprises ? L'Usine Digitale a visité le fablab qui prépare son ouverture.
mis à jour le 16 avril 2014 à 17H15
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La Paillasse veut convaincre les industriels de l'intérêt des biotechnologies et des objets connectés
Anne Hidalgo a visité La Paillasse, le 11 avril 2014 © Gabriel Doriez

La Paillasse, une association formée par des chercheurs français, a inauguré l'ouverture de son nouveau "fablab", un espace dédié à l'innovation open-source dans les biotechnologies de 750 mètres carré en plein coeur de Paris. Le lieu est soutenu par la Mairie de Paris mais recherche des fonds supplémentaires avant une ouverture prochaine au grand public, qui permettrait la participation d'étudiants et la création d'un incubateur de start-up.

Utiliser le vivant pour moderniser la chaîne de production

La Paillasse est dédiée à la recherche et l'innovation, les entreprises sont donc une cible envisagée de ce lieu d'expérimentation. Selon Adrien Clavairoly, l'un de ses co-fondateurs, les expériences en biotechnologie permettront d'améliorer considérablement les processus de production en usine. Le laboratoire planche en effet sur des composants électroniques biodégradables pour remplacer le silicium sur les circuits imprimés des ordinateurs par exemple. Des circuits électrifiés créés à partir d'encres conductrices, au lieu du métal fondu, sont aussi à l'étude. Le laboratoire a déjà mis au point une encre naturelle produite à l'aide de bactérie, qui pourrait remplacer l'usage de métaux lourds très polluants dans la fabrication des encres.

Preuve de l'intérêt que présentent ces projets pour les entreprises, Sony aurait approché le groupe pour lui confier une mission de recherche et développement, afin de démocratiser certains usages de la biotechnologie. Adrien Clavairoly cite l'exemple de la bioproduction domestique, qui pourrait permettre d'apprendre au public à créer ses propres médicaments.

Coup de projecteur sur les objets connectés

Le laboratoire souhaite également mettre en place un programme lié aux objets connectés qui fonctionnent avec le vivant. D'où la création du Coglab, lancé par la Fresco (Fédération Française des Etudiants et Jeunes Chercheurs en Sciences de la Cognition), dédié notamment aux sciences cognitives et à l'intelligence artificielle. La Paillasse "explore des partenariats avec des industriels du marché des objets connectés" selon Adrien Clavairoly, afin de développer un programme de test et d'exploration des tendances à Paris.

 

Notre dossier : 50 objets connectés français

 

Le but : donner envie aux Français d'utiliser les objets connectés, qui n'ont pas encore vraiment décollé dans l'Hexagone. La Paillasse se positionne ainsi comme une interface entre les fabricants et les utilisateurs, se spécialisant dans le "benchmark d'innovation". La recherche et le développement coûtant souvent très cher aux entreprises, outsourcer ces expérimentations pourrait s'avérer attractif.

La Paillasse cherche encore à lever un demi-million d'euros, et espère développer plus de partenariats avec de grandes entreprises. L'association est notamment en discussion avec Axa pour un projet de gestion des risques lié à son laboratoire de sciences cognitives (sur l'endormissement au volant, la mesure du poul, etc.). Si la philosophie open-source du fablab semble dissuasive pour certains industriels, nombreux sont ceux qui pourraient bénéficier de son réseau de chercheurs.

Nora Poggi

 
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