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La pénurie d'informaticiens pourrait-elle menacer la poursuite de la transformation numérique ?

Étude Chaque année depuis 2006, Manpower Group réalise une étude sur les difficultés à recruter rencontrées par les entreprises.  Elles sont de plus en plus nombreuses en France et, surtout, dans le monde à rencontrer de vrais problèmes pour trouver du personnel informatique compétent.  Alors que l'angoisse grandit sur les menaces de destructions d'emplois liées à la numérisation du monde, cette dernière peine à embaucher tous les professionnels dont elle a besoin. 

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La pénurie d'informaticiens pourrait-elle menacer la poursuite de la transformation numérique ?
La pénurie d'informaticiens pourrait-elle menacer la poursuite de la transformation numérique ? © Antonia Machayekhi

Qui fréquente le monde numérique entend le refrain du manque de compétences, de pénuries de bons candidats et autres plaintes sur la difficulté à recruter.

L'étude réalisée par Manpower Group sur la question pour la onzième année consécutive montre que le personnel informatique est les septième métier le plus difficile à recruter en France. Derrière l'intitulé "personnel informatique", les auteurs de l'étude regroupent les développeurs et les programmateurs, les administrateurs de base de données et les responsables et cadres dirigeants de la fonction. C'est donc toute la filière métier qui est concernée. Le personnel informatique progresse d'un point dans ce classement par rapport à l'an dernier, où il était classé huitième.

 

Manque d'anticipation 

Les énormes besoins apparus avec la transformation numérique n'ont pas été anticipés et tout le monde cherche le bon informaticien en même temps.

Tous métiers en situation de pénurie confondus, les trois principales raisons identifiées pour expliquer les difficultés à recruter sont : le manque de candidats disponibles (24 %), le manque de qualifications spécifiques (lorsque, par exemple, on ne trouve pas le développeur dans tel langage informatique particilier) cité par 17 % des personnes interrogées, et le manque de savoir-être (15 %).

 

Un phénomène global

Pourtant, suivant le proverbe qui veut que "quand je m'observe je m'inquiète, quand je me compare je me console", la situation française n'est pas désespérée... pour le moment. Si 23 % des employeurs en France disent avoir des difficultés à recruter, ce sont 40% des employeurs dans le monde qui disent être dans cette situation dans le monde. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Le fait que seulement un employeur sur cinq ait des difficultés à recruter peut refléter l'atonie de la croissance économique tricolore. Quand on a moins de débouchés, on cherche moins à recruter et donc on a moins de difficultés à réussir.

En outre, l'étude de Manpower indique que les mêmes métiers informatiques sont les deuxièmes plus difficiles à trouver, juste derrière les métiers manuels. Pour l'informatique, la progression est de sept place en un an ! Les données montrent que la pénurie est particulièrement sensible dans la zone Asie Pacifique où le "personnel IT" est le plus recherché, alors qu'il n'est classé que 10e sur le continent américain. Pour la zone Europe Moyen Orient Afrique, il est septième, la France se situant dans la moyenne.

 

Former pour faire face

Tous métiers en tension confondus, les employeurs font face à ces difficultés comme ils peuvent. Première solution retenue au niveau mondial pour l'ensemble des métiers : "offir des formations et développer les compétences des salariés" est cité par 53 % des employeurs. Ils n'étaient que 20 % l'an dernier.

Le thème de la guerre des talents annoncée depuis plusieurs années par les spécialistes du recrutement pourrait bien devenir une réalité. Cette bataille serait donc mondiale, chaque pays fournissant des efforts pour attirer les meilleurs. Si les Etats-Unis semblent avoir moins de problèmes que d'autres, notamment avec le pouvoir d'attraction de la Silicon Valley et l'importance des Gafa, les entreprises européennes risquent d'être confrontées à des difficultés croissantes.

Car il est paradoxal que le manque de compétences informatiques progresse en France, par exemple, alors que les formations spécialisées semblent s'être multipliées, que ce soit dans l'éducation traditionnelle avec la grande école du numérique ou dans de nouvelles formes avec des initiatives comme Simplon ou l'école 42.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

13 commentaires

Pierre
07/11/2016 19h44 - Pierre

Ce genre d'article est récurrent depuis ... 30 ans au moins. La réalité est qu'un développeur est "vieux" à 35 ans. avant 28 il est trop jeune, il se forme. à 28 ans quand il maitrise bien une techno il trouve du boulot correct mais seulement dans la techno qu'il maitrise. Résultat il ne peut pas évoluer. A 35 quand la techno a changé on le jette ou alors il devient "Manager" ... mais tout le monde ne peut pas être "Manager", il faut des compétences en lèche-botterie que tout le monde ne peut pas avoir :-) . Donc on va rechercher ensuite un nouveau mec de 28 plutôt que de former les anciens. Comme tout le monde veut le mec entre 28 et 35 ans qui a fait la bonne école d'informatique c'est là qu'il y a un problème. Parce que tous les projets n'ont pas le même intérêt !!! Si j'avais 28 ans aujourd'hui et le niveau que j'avais à l'époque je préfèrerai certainement travailler dans la Silicon Valley pour un gars qui à l'ambition d'amener l'humanité sur Mars plutôt que pour une boite dans un trou perdu et dont l'ambition est d'améliorer la gestion du supermarché du coin.

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Aston
05/11/2016 18h52 - Aston

L'informatique, grand mots qui ne veut pas dire grand chose, elle regroupe tellement de secteur. Et puis moi ca fait 15 ans que je taf dans le support à faire tout et n'importe quoi, ça commence à me fatiguer et le boulot n'est plus si attractif qu'ont le pense. Je pense sérieusement à une reconversion pro dans une autre branche qui n'a rien à voir. Ras le bol de ce domaine ou il faut chaque fois évoluer et apprendre, à 40 balais ca me gonfle tout ca, alors la pénurie c'est peu être aussi parce que les conditions sont devenu inintéressante et les gens ne veulent plus y passer leurs vie dessus. Spécialiste par ci par la, pour taffer comme un con devant un écran à aider des gens qui n'ont que des problèmes. Non merci moi je dit NEXT.

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etienne
07/11/2016 17h55 - etienne

bonsoir, je suis comme vous. a quelle reconversion pensez vous ? je cherche mais difficile de se poser et démarrer ce changment... merci

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Jean
02/11/2016 16h14 - Jean

Je me suis arrêté de lire l'article des que j'ai vu le mot programmateur. Un programmateur c'est ce qui se trouve dans votre machine à laver. Cdlt,

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Fab'Blab
01/11/2016 15h26 - Fab'Blab

Je sais que les offres d'emploi publiées ne sont que la partie visible de l'iceberg (environ 25 % des offres réelles d'après la DARES) mais pour m'être abonné à des alertes par email sur les offres dans le Nord Ouest, j'en vois en fait très peu passer et quand c'est le cas, ils recherchent souvent des moutons à 5 pattes ne correspondant pas à mon avis à leur véritable besoin (effets de mode liés à telle ou telle nouvelle techno...). Par ailleurs, j'ai entendu il y a peu le responsable d'une école formant des ingénieurs informatique en alternance dire que ses étudiants rencontraient beaucoup de difficultés à trouver une entreprise pour leur alternance. C'est pourtant une excellente manière d'apprendre le métier et de s’imprégner du fonctionnement de l'entreprise... Vous avez dit pénurie ???

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Lucien
03/11/2016 12h17 - Lucien

Tout à fait d'accord. Sans compter le nombre incroyable d'entretiens qu'il faut passer, bien souvent avec des intermédiaires peu ou pas compétents, seulement motivés par leur commission, et des entreprises qui ont peur de recruter le "mauvais" candidat. Il y a des besoins, il y a des candidats, un taux de chômage très élevé, et pourtant ça coince...cherchez l'erreur !

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stan
01/11/2016 11h01 - stan

Normal d'avoir une pénurie de développeur car à partir de 40 ans vous n’êtes plus bon pour le service.

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Nantais
01/11/2016 10h18 - Nantais

Une étude menée par Manpower group, qui a intérêt à développer son positionnement dans l'informatique, secteur où il y a peu d'interim mais énormement de prestation - une autre forme d'intérim. Si Manpower fait une étude sérieuse, ils ne vont pas en partager les fruits librement, avec la concurrence. C'est plus vraisemblablement une action tactique de communication, pour investir ce secteur où Manpower se voit à 5-10 ans l'Uber de la presta informatique. Oui, les entreprises informatiques manquent de bras. Mais les bonnes boites n'ont pas besoin de beaucoup de pub pour leurs emplois, à ce que je peux voir. Par contre, les grosses SSII, elles, font * énormément* de lobbying sur ce sujet. Elles reconvertissent mêmes des bac+5 biologistes. La concurrence entre SSII est telle que les salaires sont maintenus à un niveau égal ou plus faible que les autres spécialités d'ingénierie. Le mode de travail et la faible place à la durée et la créativité sont tels que beaucoup, en particulier les bons, quittent ces boites après 2 ou 3 ans - je le vois toutes les semaines. - alors bien sûr, il faut remplacer. Même si le secteur est en plein essor et que les lobbys présentent des "études" qui s'apparent à de commodes dossiers de presse, il est primordial que la presse spécialisée prenne le temps d'enquêter, on en a vraiment besoin car le rapport des situations réelles ne pourra se trouver nulle part ailleurs.

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baueric
31/10/2016 20h01 - baueric

Encore une conséquence de la soi disant crise que l'on nous sert à toutes les sauces et qui permet aux entreprises de sous payer les salariés. Qui a envie de travailler pour 1500 / 1800 € net / mois avec un bac+5 ? Si on payait correctement les informaticiens je pense qu'il n'y aurait aucune pénurie ! Comment expliquer qu'à travail egal, un informaticien au Luxembourg ou en Suisse gagne 2 à 3 fois le salaire d'un informaticien en France ? Qu'on arrête de me parler de compétitivité et de charges sociales trop élevées avec de telles différences .... Et si on devenait le numero 1 mondial du service informatique en misant sur le logiciel libre ? En voyant les contrats publics (cf contrat Open Bar signé par le ministère de la défense en Irlande avec Microsoft) ce n'est pas prêt de se réaliser !

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Lorenzo
31/10/2016 13h59 - Lorenzo

Encore un article de propagande afin d'orienter un maximum de personnes dans les filières informatiques afin de faire baisser le coût du travail. S'il y avait réellement une pénurie un bac+5 en province à 2000€ nets/mois ne serait pas considéré comme trop cher... A méditer.

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Regis
31/10/2016 11h40 - Regis

"Car il est paradoxal que le manque de compétences informatiques progresse en France, par exemple, alors que les formations spécialisées semblent s'être multipliées" Encore plus paradoxal : l'explosion du chômage chez les informaticiens (et en particulier les développeurs), qui progresse plus vite que le chômage tous métiers confondus, et qui est actuellement au plus haut depuis 10 ans ! Voir : https://munci.org/ressources/img/chiffres-chomage-informatique.jpg Mais si vous consultiez les syndicats ou associations de professionnels du secteur (ex. Munci), vous comprendriez que ce n'est pas si paradoxal que ça...

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Sergef
31/10/2016 14h06 - Sergef

ça paraît effectivement très paradoxal. Pourriez-vous en dire plus sur ces explications ? Pourquoi une augmentation du chômage sur des métiers recherchés ? Inadéquation des compétences ?

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Sergef
31/10/2016 14h26 - Sergef

Il faut rappeler que la "grande école du numérique" n'a de grande école que le nom et est surtout une opération de com gouvernementale, consistant seulement en une labellisation light (avec petite subvention symbolique, genre ce que coûte un an un ou deux élèves dans une grande école mais pour la formation entière...) de formations disparates déjà existantes : rien à voir avec le budget et les moyen d'un grande école traditionnelle !

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