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La pépite française Alma lève 49 millions d’euros et muscle son offre à l’international

Levée de fonds Alma, la fintech française spécialiste du paiement fractionné, poursuit sa croissance grâce à un financement de 49 millions d’euros en equity. La start-up vise un milliard d’euros de volumes de paiement d’ici à deux ans.
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La pépite française Alma lève 49 millions d’euros et muscle son offre à l’international
La pépite française Alma lève 49 millions d’euros et muscle son offre à l’international © Alma

Le milieu fintech français confirme sa résilience, avec entre autre l’annonce d'une belle opération bouclée par la pépite Alma. La start-up parisienne a annoncé ce lundi 25 janvier 2021 un tour de table de 49 millions d’euros en série B mené par le fonds d’investissement Cathay Innovation.

Aux autres investisseurs – Idinvest, Bpifrance (via son fonds Large Venture), Seaya Ventures et Picus Capital – s’ajoute l’encours de dette actuel, contracté auprès d’un mix d’investisseurs institutionnels à hauteur de 70%, et de HNWI (à hauteur de 30%), qui s’élève à environ 21 millions d’euros.

Un nombre de clients multipliés par 6
Cette levée, qui succède à un tour de table en série A de 12,5 millions d’euros réalisé en janvier 2020, doit lui permettre d’accélérer le développement à grande échelle de son offre de services auprès des commerçants. "Nous voulons passer à l’échelle, à la fois en nombre de PME utilisatrices, mais également en conquérant davantage de grands comptes", confie Louis Chatriot, cofondateur de la société, à L’Usine Digitale. Désormais adoptée par des marques comme Kusmi Tea, Kookai ou KitchenAid, la solution a multiplié par 6 le nombre de ses clients et de transactions générées en 2020.

Alma propose des solutions de paiement fractionné et différé à destination des commerçants et des consommateurs. La fintech est née en 2017 de la volonté de généraliser ces moyens de paiement et de simplifier leur intégration.

Ce financement doit également accompagner le déploiement d’un nouveau produit, une solution de paiement différé baptisée Pay Later, et annoncée il y a quelques jours. Elle permet de régler des achats à J+15 ou J+30. Le client peut programmer le paiement au moment de la commande pour être débité 15 ou 30 jours après avoir effectué la commande. L’intérêt est pour l'utilisateur de pouvoir essayer avant d’acheter et d’être débité uniquement des produits qu’il conserve. Un service proposé par certains e-commerçants comme Zalando ou Asos, et qui se révèle indispensable à l'heure où de nombreux consommateurs fuient les magasins.

Côté commerçant, l’option permet de limiter les reports d’achat en fin de mois, d’augmenter le panier, et donc d’écouler leurs stocks. "C’est aussi un très bon canal d’acquisition et de fidélisation des clients", ajoute Louis Chariot. Enfin, la solution permet de restaurer la trésorerie grâce à la garantie de paiement à 100% dès l’acte d’achat, Alma réglant immédiatement la totalité du montant de l’achat au commerçant. Le service est déjà utilisé par La Fée Maraboutée, Jane de Boy ou encore la marque de lunettes Le Petit Lunetier.

Développer une solution à l’échelle européenne
Pour la start-up, cette hausse de la demande de services liés au paiement en ligne s’accorde avec les évolutions des habitudes d’achat des consommateurs, confrontés aux confinements successifs et aux fermetures temporaires de nombreux commerces. Dans un contexte d’incertitude économique et de restrictions de budget chez certains ménages, Alma va par ailleurs développer le paiement fractionné jusqu’à 12 fois.

Pour Louis Chariot, Alma "va passer à la vitesse supérieure" en 2021. Les mois à venir seront placés sous le signe d’une accélération de l’activité d’Alma à l’international, avec pour objectif principal de continuer d’aider les marchands qui réalisent leurs ventes en France mais aussi dans plusieurs pays en Europe. "Nous voulons accompagner les commerçants français pour l’acceptation des paiements non français", résume l’entrepreneur.

En l’absence d’une solution développée à l’échelle européenne sur un marché très fragmenté, la fintech veut s’imposer à terme chez ses voisins européens et implanter progressivement des équipes locales en capitalisant sur son expertise en matière de satisfaction client. Une tâche qui ne sera pas si facile, avec l'arrivée de PayPal sur le sujet et la domination de certains acteurs comme Klarna, qui reste néanmoins très concentrée sur ses marchés.

Des effectifs multipliés par 3 en 2021
La satisfaction client sera par ailleurs l’un des enjeux les plus forts des mois à venir, avec en filigrane une attention particulière aux équipes véhiculant cette vision profondément inscrite dans la culture d’entreprise d’Alma. "La moitié de nos collaborateurs ont intégré Alma il y a moins d’un an, poursuit Louis Chariot. Nous prévoyons de multiplier notre effectif, de 50 personnes actuellement, par 3 dans les mois qui viennent. C’est cette intelligence collective qui différencie à mes yeux Alma des autres solutions concurrentes".

Alma vise un volume annuel de paiements dépassant le milliard d’euros d’ici 2 ans, elle qui gère à date "des centaines de millions d’euros de transactions par an".

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