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La "plus grande base de données médico-économiques du monde" accessible en open data courant février

L'ouverture des données de santé en France, c'est pour demain. L'assurance-maladie a promis de placer en accès libre sa base de données Damir sur le site data.gouv.fr courant février 2015. Annoncée au cours du premier hackathon sur des data de santé organisé en France le 26 janvier, cette décision était réclamée depuis longtemps par les industriels du secteur.
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La plus grande base de données médico-économiques du monde accessible en open data courant février
La "plus grande base de données médico-économiques du monde" accessible en open data courant février © jfcherry - Flickr - c.c.

La base de données de santé Damir, gérée par l'assurance-maladie, sera accessible en open data sur le site data.gouv.fr dès courant février 2015. Alimentée chaque année par les informations issues de 1,2 milliard de feuilles de soins, de 500 millions d’actes médicaux et de 11 millions d’hospitalisation, c'est "probablement la plus grande base de données médico-économiques du monde", affirme Nicolas Revel, qui dirige l'Assurance maladie.

Analysées, ces data permettront à l'Etat de prendre de meilleures décisions sur la politique de santé publique et aux entreprises du secteur de mieux comprendre les besoins de la population. La preuve ? Une version agrégée de ces données a été ouverte le 26 janvier en avant-première à 80 passionnés d'informatique, qui sont parvenus, par équipes, à leur donner du sens.

650 giga-octets de données

Ce premier hackathon français sur les données de santé a été organisé par l’Assurance maladie et la mission Etalab (une organisation publique chargée de développer un portail unique interministériel des données publiques). Les participants venaient de différents organismes publics, comme la Haute autorité de santé, mais aussi d'entreprises privées intéressées par l'ouverture de ces données (compagnies d'assurance, comme Covea, mais aussi start-up, comme BePatient).  

Quelques 650 giga-octets d'informations ont été transmises aux concurrents pendant cet évènement, qui s'est déroulé à La Paillasse, le premier laboratoire de biologie ouvert à tous et gratuit en France. Les équipes ont travaillé pendant une journée sur les questions de leur choix : l'une d'entre elles s'est par exemple demandée si l'on si l'on allait plus chez le médecin lorsque l’offre de soins est plus abondante.

un écosystème de la donnée de santé

La réponse est souvent oui, ont prouvé ses membres à l'aide d'une série de cartes, compilant certaines informations de la base Damir. Ils ont expliqué à la ministre de la Santé et des affaires sociales Marisol Touraine, venue écouter les résultats, que leur travail pourrait encore être affiné. Il ne repose pour l'instant que sur des données de 2013.

Cette journée a permis de préfigurer "le prototype de ce que pourrait être un véritable écosystème de la donnée de santé". "On a vu des acteurs passionnés par leurs problématiques nouer de nouvelles formes de coopération, se comprendre aisément, forger peut-être des partenariats à venir", souligne Etalab sur son site.

Dans d'autres pays européens plus avancés sur la question, comme le Royaume-Uni, l'ouverture des données de santé a montré ses vertus : elles permet par exemple de mieux identifier les effets secondaires, d'éviter des scandales sanitaires, et constitue une véritable opportunité pour les industriels.

Lélia de Matharel

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

4 commentaires

zikos35
16/02/2015 15h12 - zikos35

Pour répondre aux précédents commentaires, il ne me semble pas que les données soient d'une complexité folle à traiter pour y avoir jeté un oeil, un statisticien ou un gestionnaire de base de données s'en sortira très facilement. Ce sera surtout un gros plus pour les territoires qui mettent en place des politiques santé pour faire face au recul de l'Etat.

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bastore
11/02/2015 14h51 - bastore

Le problème n'est pas tant la mise à disposition, qui est par définition une bonne chose, mais quel est le budget et l'investissement technologique pour traiter les données. Open c'est bien, mais il est sur que la puissance technologique de nos amis Google, Amazon,... Merck,.. seront sans aucun doute les premiers à en tirer des données intéressantes... pour leur propre business. Quel budget pour nos intérêts, allons disons européens, public (sans grandes convictions) ou privé.

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Marcus
06/02/2015 11h15 - Marcus

Au moins ces données seront disponibles gratuitement et publiquement et non plus réservées à une élite qui a les moyens de les collecter. Et non elles n'appartiennent pas aux assurés sociaux, et oui ces données sont anonymisées, donc sans informations personnelles ! Enfin on verra aussi où passe l'argent de nos charges sociales : de la transparence pour justifier et améliorer les politiques de la santé. Que du bonheur quoi ?

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c@ndide
04/02/2015 10h58 - c@ndide

Quelle extraordinaire vision stratégique pour l'industrie du numérique français: Donner un libre accés à des données dont les assurés sociaux et les contribuables français sont les propriétaires sans s'assurer que ce ne seront pas les multinationales battant pavillon étranger qui viendront exploiter ces données pour nous revendre les résultats de leurs analyses ensuite. Quid de la balance du commerce exterieur, d'autant que ces entreprises étrangères se sont déjà fait la main dans d'autres pays? Et Madame Claude Revel (D2IE)en commission parlementaires adhoc s'interrogeant sur le pourquoi de son invitation à donner son avis sur cette mise à disposition? Comme l'écrit Christian Harbulot dans "Sabordage!" la volonté de puissance de la France est bien loin, les élites françaises gérant le déclin depuis de nombreuses années... Continuons à aller au delà des exigences de l'EU, mais pour le bénéfice de qui? ni du contribuable, ni de l'assuré social, ni des entreprises françaises. Alors pourquoi faire celà à marche forcée sans s'assurer du retour sur investissement en France? Naïveté, bétise, intérêts? L'avenir nous le dira.

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