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La police de Los Angeles abandonne PredPol, le logiciel qui prédit les crimes

Vu ailleurs La police de Los Angeles annonce l'arrêt de son programme informatique PredPol, pensé dans le but de prédire grâce à l’IA la survenue de crimes jusqu’à 12 heures avant que les faits ne se produisent. Un arrêt qu’elle justifie par la réallocation de ressources budgétaires dans le cadre de la pandémie de Covid-19, mais qui pourrait s'expliquer par la pression d'activistes.
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La police de Los Angeles abandonne PredPol, le logiciel qui prédit les crimes
La police de Los Angeles abandonne PredPol, le logiciel qui prédit les crimes © Pixabay / kampfmonchichi

Los Angeles enterre PredPol (Predictive Policing). La police de la cité californienne a annoncé mardi 21 avril 2020 mettre un terme à son ambitieux programme, pensé pour prédire le lieu et l’heure "jusqu’à 12 heures" avant que les faits ne soient commis, à partir de dix ans de procès-verbaux (types de crimes, où et quand ils ont été commis, etc.). Comme le rapportent nos confrères du Los Angeles Times, la technique d’intelligence artificielle a fait l’objet de nombreuses critiques qui lui reprochent de stigmatiser les minorités noire et latino-américaines. Ce qu’ont toujours formellement nié les autorités.

 

UN PROGRAMME SUJET À CONTROVERSE

Imaginé en lien avec un professeur de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) et mis en oeuvre en 2011, PredPol affichait des résultats satisfaisants selon le chef du LAPD, Michel Moore. "Cette décision [d’y mettre fin] a été très difficile à prendre. C’était une stratégie intéressante, mais dont le coût se chiffre en centaines de milliers de dollars. Une somme qui pourrait être redirigée vers des activités plus centrales", a-t-il indiqué dans un entretien au Los Angeles Times, sans exclure de faire appel à de telles technologies à l’avenir.

Une série de données recueillies dans le cadre de ce programme pour informer la police de proximité a été rendue publique sur le site des autorités dans la foulée de l’annonce – une démarche attendue des opposants. Car si elle s’est montrée efficace, selon la police, cette technologie a cristallisé les tensions et de nombreux activistes se sont réjouis de l’arrêt du programme. "Cette décision est le fruit d’un immense travail de la part de la communauté. Nous prouvons là que nous avons le pouvoir de les contraindre à mettre un terme à des pratiques tout simplement odieuses", a réagi Hamid Khan, un membre de la coalition citoyenne "Stop LAPD Spying". L’arrêt de PredPol survient après des semaines de contestation de la part de certaines franges de la population.

 

En octobre 2019, les autorités avaient annoncé avoir procédé à des changements dans le programme PredPol après que l’inspecteur général de la police a dit être "dans l’incapacité de déterminer son efficacité" plus tôt la même année. Selon le Los Angeles Times, de nombreuses localités américaines ont choisi de ne plus exploiter de tels logiciels, estimant qu’ils ne donnent pas davantage de renseignements que ceux remontés par les agents lors de patrouilles. Pour rappel, le district de Séoul (Corée du Sud) a indiqué début 2020 mettre en place un dispositif similaire.

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