La police de San Francisco ne pourra finalement pas utiliser de robots tueurs

Face aux critiques, le conseil de surveillance de la ville de San Francisco a finalement décidé de ne pas autoriser l'usage de "robots tueurs" par les forces de l'ordre. La proposition de réglementation, qui est renvoyée pour un examen plus approfondi, pourrait toutefois revenir sur le devant de la scène.

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La police de San Francisco ne pourra finalement pas utiliser de robots tueurs

Le conseil de surveillance de la ville de San Francisco fait marche arrière. Il est finalement revenu sur l'approbation d'une politique controversée visant à autoriser la police locale (SFPD) à tuer des suspects avec des robots dans certains cas. Lors du deuxième vote requis sur cette proposition, le conseil a finalement voté mardi 6 décembre 2022 contre cette proposition avec 8 voix contre et 3 pour, rapporte le San Francisco Chronicle.

Un revirement temporaire ?

Le conseil avait auparavant approuvé cette proposition à 8 voix pour et 3 contre la semaine précédente, entraînant une vague de protestations. Finalement il a approuvé une nouvelle version qui vise à interdire l'usage de robots, même pour tuer des suspects dangereux comme des tireurs de masse et des kamikazes. La disposition originale sur les robots tueurs a été renvoyée pour un examen plus approfondi. Le comité peut décider d'affiner cette disposition – en fixant par exemple des limites plus strictes pour l'usage de tels robots – ou l'abandonner complètement, laissant entièrement place à l'interdiction votée, détaille le San Francisco Chronicle.

La politique précédemment proposée aurait permis à la police de déployer des robots avec "une force létale" lorsque le risque de mort pour les agents ou le public est imminent et que la police a essayé d'autres tactiques de désescalade ou déterminé qu'elle ne pouvait pas maîtriser le suspect par d'autres moyens. Un haut responsable de la SFPD aurait dû approuver toute utilisation d'un robot tueur.

Un débat animé

Les personnes en faveur de la proposition originelle mettent en avant l'exemple de Dallas : la police a utilisé en 2016 un robot transportant une bombe pour tuer un homme qui avait abattu 5 personnes et blessé 7 autres personnes. Ils ajoutent que de tels moyens permettent également de renforcer la sécurité des forces de l'ordre dans certains cas particuliers.

A l'inverse, les opposants mettant en avant des arguments concernant les libertés civiles et le fait que les moyens devraient se concentrer sur comment réduire l'usage de la force par la police plutôt que leur donner de nouveaux outils mortels. Les détracteurs craignent également un usage abusif de la réglementation et que cela ne permette de tuer trop de gens facilement au bout du compte.

En 2021, la police de New York a préféré rendre le robot chien Spot de Boston Dynamics face aux critiques d'une partie de la population et du corps politique. L'entreprise, qui a été rachetée depuis par Hyundai, a déclaré ne pas vouloir vendre ses robots à des personnes souhaitant les utiliser comme des armes. Elle s'est récemment engagée aux côtés d'autres roboticiens à ne pas créer de soldats robots : ils assurent que le but de leurs recherches est d'aider les gens et que développer des robots militaires nuira à la confiance du public.

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