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La police fédérale allemande est accusée d'utiliser le logiciel espion Pegasus

Vu ailleurs La police fédérale allemande serait cliente de Pegasus, un logiciel espion commercialisé par NSO Group permettant de pénétrer dans le téléphone d'une personne à distance. Or, cette pratique – si elle s'avère vraie – est à la limite de la légalité puisque la Cour constitutionnelle allemande a estimé que la surveillance des télécommunications à l'étranger devait être mieux encadrée. Pegasus est également accusé d'être au cœur d'un vaste réseau d'espionnage de journalistes, de personnalités politiques et de militants. 
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La police fédérale allemande est accusée d'utiliser le logiciel espion Pegasus
La police fédérale allemande est accusée d'utiliser le logiciel espion Pegasus © BKA

Le Bundeskriminalamt (BKA), la police fédérale allemande, aurait acheté le logiciel espion Pegasus auprès de la société israélienne NSO Group, révèle l'hebdomadaire allemand Zeit ce mardi 7 septembre. 

Un logiciel espion 
Le logiciel Pegasus permet d'accéder aux informations contenues dans un téléphone sans que son détenteur ne puisse s'en rendre compte. Une fois installé, il permet de lire les messages, regarder les photographies, écouter les appels téléphoniques, accéder aux mots de passe ou encore déclencher le suivi de la géolocalisation.

Ce logiciel est commercialisé par NSO Group, basée à Herzliya dans la banlieue de Tel Aviv ainsi qu'en Bulgarie et à Chypre. Il est présenté comme un outil permettant de "détecter et prévenir le terrorisme et la criminalité", peut-on lire sur le site de l'entreprise. C'est pour remplir cet objectif que le BKA a pour la première fois rencontré NSO Group en octobre 2017.

Une rencontre entre NSO et le BKA
A cette occasion, la police fédérale avait accueilli une délégation de l'entreprise à Wiesbaden, la capitale du land allemand la Hesse, pour faire une démonstration de son logiciel. Les services juridiques du BKA  et le ministère fédéral de l'Intérieur avaient exprimé des inquiétudes quant aux capacités excessivement intrusives de Pegasus.

Cette rencontre s'inscrivait dans un cadre réglementaire bien particulier. Quelques semaines plus tôt, une loi avait été adoptée autorisant justement le BKA a infiltré les téléphones à fins de surveillance. Or, le 19 mai 2020, la Cour constitutionnelle allemande a rendu une décision historique estimant que la surveillance des télécommunications à l’étranger par les services de renseignements allemands devait être plus encadrée.

Une utilisation compatible avec la jurisprudence
Jusqu'en 2019, pour surveiller des suspects, le BKA utilisait son propre logiciel. C'est le manque de praticité de ce dernier qui aurait motivé la police à finalement se tourner vers Pegasus. Selon les informations de Zeit, les responsables allemands auraient insisté pour que seules les fonctions compatibles avec les exigences de la Cour constitutionnelle fédérale soient activées. 

Régulièrement questionné sur les liens entre NSO Group et le BKA, le gouvernement fédéral refuse de répondre. Le ministère de l'Intérieur affirme ne disposer d'aucune information sur ce sujet, ajoute l'hebdomadaire allemand. 

Cette information intervient dans le contexte de l'affaire "Pegasus" révélée en juillet dernier par un consortium de plus de 80 journalistes de 17 médias, dont la cellule investigation de Radio France et Le Monde, coordonné par Forbidden Stories avec le soutien du Security Lab d'Amnesty International. Au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits de l'Homme et 65 chefs d'entreprises ont été ciblés par ce logiciel. L'un des téléphones du président de la République Emmanuel Macron serait concerné, visé par les autorités marocaines aux côtés de nombreuses personnalités publiques françaises. 

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