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La quête d’autonomie de la Chine dans les semi-conducteurs est semée d’embûches

Avec son programme "Made in China", la Chine ambitionne de porter son autosuffisance dans les circuits intégrés électroniques de 18% en 2015 à 70% en 2025. Un objectif qui se heurte à des obstacles plus géopolitiques que financiers.
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La quête d’autonomie de la Chine dans les semi-conducteurs est semée d’embûches
La quête d’autonomie de la Chine dans les semi-conducteurs est semée d’embûches

La Chine ne veut plus se contenter d’être le plus gros consommateur de semi-conducteurs dans le monde. Elle veut aussi en être un grand producteur de façon à réduire sa dépendance dans ce secteur jugé stratégique. C’est l'objectif du programme "Made in China" lancé en mai 2015. Selon le cabinet Digitimes Research, l’ambition est de porter l’autosuffisance dans les circuits intégrés électroniques de 16,4% en 2014 à 40% en 2020 puis à 70% en 2025.

 

Le déficit en circuits intégrés se creuse

Il y a urgence. Portée par son développement dans les PC, serveurs, mobiles ou téléviseurs, la Chine se montre particulièrement vorace en puces életroniques. Selon PwC, elle a englouti 56,6% de la production mondiale de semi-conducteurs en 2014. Sa consommation de circuits intégrés électroniques croît plus vite que sa production locale. Si bien que son déficit dans ce domaine se creuse, passant de 108 milliards de dollars en 2013 à 120 milliards en 2014.

 

Les défis à relever semblent gigantesques. Certes, la Chine compte déjà de nombreux fondeurs (sous-traitants fabricant des circuits sur les plans des clients) et de fournisseurs fabless (sans usine). Mais ils ne sont pas en mesure de rivaliser avec leurs concurrents aux Etats-Unis, au Japon, en Corée du Sud ou à Taïwan. Seuls trois d’entre eux dépassent le milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2014 : HiSilicon Technologies (3,2 milliards de dollars), SMIC (1,7 milliard de dollars) et Spreadtrum (1,3 milliard de dollars).

 

Transfert de technologies limité par Taïwan

Pour rattraper son retard, l’Empire du Milieu a mis de gros moyens, dont un fonds d’investissement de 120 milliards de renminbi (l’équivalent de 19 milliards de dollars) pour soutenir ses industriels dans ce secteur. Mais, selon Digitimes Research, les acteurs chinois sont au bord de l’asphyxie, car ils n’ont pas accès aux technologies nec plus ultra tant en conception qu’en production.

 

Les raisons principales sont géopolitiques. Ainsi, Taïwan autorise le transfert vers la Chine de technologies de puces en 28 nanomètres. Mais pas celles en dessous. Ce qui condamne les chinois à un retard de deux générations technologiques par rapport au fondeur taïwanais TSMC, qui produit aujourd’hui des circuits en 20 et 16 nanomètres.

 

Veto américain

Le soutien financier des acteurs locaux ne suffit pas. La Chine a besoin d’aller plus vite. C’est le sens de son offensive lancée cette année sur le front des acquisitions. Mais jusqu’ici, les opérations avaient porté sur des sociétés fabless de taille modeste comme Bridgelux (LED), Integrated Silicon Solution (microcontrôleurs et mémoires embarqués) ou OmniVision (capteurs d’image). Les chinois ont les moyens financiers de mener des raids de grande envergure. Comme le montre l’offre à 23 milliards de dollars de Tsinguha Unigroup sur le fabricant américain de mémoires Micron Technology ou l’intérêt porté envers le fondeur yankee (bien que détenu par un fonds émirate) GlobalFoundries.

 

Mais là encore, l’obstacle est géopolitique. Il y a peu de chance à ce que les Etats-Unis laissent filer en Chine des fleurons qu’ils considèrent comme stratégiques pour leur sécurité. C’est tout aussi vrai pour Taïwan, le Japon ou encore la Corée du Sud.

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