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La réalité virtuelle, le secret de Bugatti pour produire des séries limitées à la chaîne

Vu ailleurs Bugatti, filiale du groupe Volkswagen et l'un des plus prestigieux constructeurs automobiles au monde, a pour stratégie de produire de luxueuses séries limitées à des intervalles réguliers. Une ambition qui nécessite de réduire le temps de conception des voitures au minimum, mais sans négliger la qualité pour autant. Pour y parvenir, l'entreprise a transformé ses méthodes de conception grâce aux casques de réalité virtuelle.
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La réalité virtuelle, le secret de Bugatti pour produire des séries limitées à la chaîne
La réalité virtuelle, le secret de Bugatti pour produire des séries limitées à la chaîne © Bugatti

Bugatti a présenté le 16 août sa derniere création, une variante de la Chiron baptisée Centodieci. Une voiture d'exception, comme toujours chez ce constructeur mythique, mais qui a surtout été conçue en seulement six mois. Le secret de cette vélocité ? La réalité virtuelle.

 

Un temps de conception divisé par trois

Achim Anscheidt est le directeur du design de Bugatti depuis le rachat de l’entreprise par le groupe Volkswagen. Il a dirigé le développement de tous les modèles de la marque depuis la première Veyron jusqu’à la Chiron, la Divo et La Voiture Noire. A l’occasion du lancement de la Centodieci, le designer s’est confié à Forbes sur l’évolution des méthodes de conception du constructeur. Bugatti réinvente la conception de carrosserie en créant des séries très limitées (jusqu’à un unique exemplaire, comme pour La Voiture Noire) qui reste basées sur le châssis de la Chiron.

 

D'après Achim Anscheidt, la réalité virtuelle était le seul moyen de répondre aux attentes du CEO de la marque, Stephan Winklemann. Le patron veut en effet produire de nombreuses séries limitées à des intervalles réduites. Impossible à faire avec les méthodes traditionnelles. "Créer un nouveau modèle ne me prend plus un an et demi. Grâce aux casques de réalité virtuelle, il nous faut seulement 6 mois désormais," déclare-t-il à Forbes. Une vitesse auparavant impensable.

 

Plus rapide, plus fiable et moins cher

Achim Anscheidt avoue regretter un peu le côté romantique des modèles en argile qui servaient jusqu'alors à parfaire les formes de ses voitures, mais les avantages de la réalité virtuelle sont tout simplement trop importants pour ne pas s'y mettre. "Le rendu dans les lunettes est très réaliste, poursuit le designer. Je peux voir tellement de choses. Et quand je sens que le design est fini à 90%, nous créons une maquette physique par usinage qui me coûte 80 000 euros. Au même stade, une maquette en argile coûte 400 000 euros."

 

La Centodieci en chiffres

 

La Centodieci est un modèle dont la production sera limitée à 10 exemplaires (tous ont déjà été achetés). Son prix est fixé à 8 millions d'euros. Elle est un hommage à la Bugatti EB110 et se veut aussi une célébration du 110e anniversaire du fondateur de la marque, Ettore Bugatti.

 

Sans surprise, il s'agit d'un monstre de puissance, capable de passer de 0 à 100 km/h en 2,4 secondes, de 0 à 200 km/h en 6,1 secondes, et de 0 à 300 km/h en 13,1 secondes. Sa vitesse maximale est limitée électroniquement à 380 km/h. Elle pèse 20 kg de moins que la Chiron et son moteur W16 développe 1578 chevaux.

La maquette usinée est proche du modèle final, et permet à Achim Anscheidt de corriger certaines imperfections qui lui avaient échappé lors de la CAO. "Ensuite je suis à 98% du design final, et je refais une maquette physique qui monte le coût total à 160 000 euros, tandis que j'en aurais eu pour 600 000 euros sur une maquette en argile à ce stade." Et c'est sans compter sur le temps nécessaire à la sculpture de l'argile (plusieurs semaines), le personnel requis (5 sous-traitants), plus l'infrastructure autour.

 

Revue de conception virtuelle collaborative

Achim Anscheidt explique que le casque de réalité virtuelle lui permet d'observer la voiture tourner sur elle-même en réalité virtuelle, comme si elle était à côté de lui, et ne presque pas voir de différence avec le vrai modèle. Il peut marcher tout autour et même rentrer à l'intérieur. De quoi en voir 95% d'après lui. "Je peux avoir mon lead designer ou même toute l'équipe à côté de moi pour discuter du produit, confie-t-il à Forbes. Ils apparaissent sous forme d'avatars et ils peuvent pointer certains éléments et nous discutons des changements à effectuer. Il sera bientôt possible de répercuter les changements en temps réel sur la carrosserie pour pouvoir les valider en direct."

 

D’après une étude régulièrement citée par Nvidia, le marché AR/VR mondial pour l’industrie automobile devrait atteindre 673 milliards de dollars d’ici 2025.

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