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La reconnaissance faciale est déjà utilisée dans 11 pays européens, dont la France

Étude Onze pays de l'UE utilisent déjà des technologies de reconnaissance faciale, révèle un rapport coécrit par cinq chercheurs et commandé par les eurodéputés Verts. La France fait partie de ce groupe et est bien en avance sur ce sujet, en particulier dans les "safe cities"'. 
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La reconnaissance faciale est déjà utilisée dans 11 pays européens, dont la France
La reconnaissance faciale est déjà utilisée dans 11 pays européens, dont la France © Tumisu/Pixabay

Les technologies d'identification biométrique à distance (remote biometric identification) se généralisent en Europe, d'après une étude menée par cinq universitaires. Celle-ci a été commandée par les Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE), l'un des groupes politiques siégeant au Parlement européen.

L'objectif de ces travaux est de proposer une vision globale de l'utilisation de la reconnaissance au sein de l'Union européenne. Les chercheurs se sont particulièrement intéressés au risque que ces dispositifs deviennent des outils de surveillance de masse.

11 pays utilisent le reconnaissance faciale
D'après cette étude, onze pays de l'Union européenne disposent déjà d'un système de reconnaissance faciale, dont la plupart est utilisée à des fins judiciaires. C'est le cas de la France, l'Autriche, la Finlande, l'Allemagne, la Hongrie, la Grèce, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovénie et les Pays-Bas.

La Croatie, Chypre, la République tchèque, l’Estonie, le Portugal, la Roumanie, l’Espagne et la Suède devraient suivre, révèlent les auteurs du rapport. La Pologne, le Portugal, le Danemark, la Bulgarie, la Slovaquie et la Belgique n'auraient quant à eux aucun projet en cours.
 


Les auteurs notent que la France est particulièrement en avance sur la reconnaissance faciale par rapport à ses voisins européens. Le rapport fait un focus sur les projets de "safe city" déployés à Paris, Valenciennes et Marseille. Mais Nice reste de loin la ville où les technologies de surveillance sont les plus présentes. Une ambition clairement affichée par Christian Estrosi, son maire. Ainsi, depuis 2010, plus de 1962 caméras de surveillance ont été déployées dans toute la ville, note le rapport.

Un premier test au carnaval de Nice
Le premier dispositif de reconnaissance faciale a été déployé à l'occasion du carnaval de Nice du 16 février au 2 mars 2019. C'est le logiciel commercialisé par la start-up israélienne AnyVision qui avait été choisi.

Nice souhaitait également tester la reconnaissance faciale à l'entrée du lycée Les Eucalyptus à travers l'installation d'un "portique virtuel de sécurité". A l'aide d'un badge ou d'un QR code, les élèves devaient passer par un portique composé d'un lecteur et d'une caméra. Ainsi, le dispositif capterait le visage de l'élève pour le comparer au profil numérique contenu dans le badge ou le QR code. En cas d'intrusion, un message devait être immédiatement envoyé aux personnes responsables de la sécurité.

Le projet, voté en 2018 et lancé en 2019, a finalement été retoqué par le tribunal administratif de Marseille. Il a estimé que la région PACA était incompétente pour initier cette expérimentation. "La région ne justifie pas avoir prévue des garanties suffisantes" quant à l'obtention du consentement des lycéens ou de leurs représentants légaux, avait également tranché le juge. De plus, la région n'avait pas fait "valoir que les finalités poursuivies s’attachant à la fluidification et la sécurisation des contrôles à l’entrée des lycées concernés constituent un motif d’intérêt public". Enfin, elle n'a pas justifié en quoi de simples badges ne suffisaient pas à remplir à ces objectifs.

Interdire la reconnaissance faciale ciblée
Face à la multiplication des expérimentations, les chercheurs préconisent d'instaurer un cadre clair autour de l'utilisation de cette technologie. L'UE devrait interdire le déploiement de l'identification biométrique à distance "ciblée" dans les espaces publics, recommandent-ils. Il reste à savoir si la Commission européenne, qui a présenté sa proposition de règlement sur l'intelligence artificielle, prendra en compte ces remarques. 

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