Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

"La réglementation devrait interdire les logements mono-orientés", Cyril Trétout (agence ANMA)

Entretien Cyril Trétout, architecte urbaniste de l’agence ANMA, revient sur la prépondérance du végétal dans le renouveau de la ville.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La réglementation devrait interdire les logements mono-orientés, Cyril Trétout (agence ANMA)
"La réglementation devrait interdire les logements mono-orientés", Cyril Trétout (agence ANMA) © Stuck in Customs - Flickr - C.C.

Comment les urbanistes prennent-ils en compte la question des îlots de fraîcheur pour les nouveaux quartiers ?

Le végétal n'étant plus une option, plusieurs questions se posent pour l'intégrer à la ville. Doit-on créer un îlot où la végétalisation sera omniprésente ou construire un ensemble autour d'un parc ? Ce sera du sur-mesure selon les cas. Reste que tous ces nouveaux quartiers doivent être conçus selon des corridors biologiques existants. Certains éléments comme la ressource en eau et la circulation de l'air sont également à prendre en compte. D'autres interrogations doivent être abordées, comme la couleur des matériaux. Les toits dans certaines régions devraient être plus clairs. Or, ils sont souvent de couleur foncée, en tuile ou en ardoise, parce qu'ils s'intègrent mieux aux paysages.

 

Comment mieux penser le bâtiment ?

L'immeuble ne doit pas être en surchauffe. Au cours des dernières années, beaucoup de logements ont été construits avec une mauvaise ventilation. De plus, la réglementation devrait interdire les logements mono-orientés, et imposer les appartements traversants, comme c'est le cas dans les départements d'outre-mer [la RTAA DOM - Réglementation thermique, acoustique et aération - de 2016 tente de limiter le recours à la climatisation, NDLR]. Ne déconnectons pas la question du logement de celle des îlots de fraîcheur.

 

Faut-il prendre exemple sur des villes comme Naples, dont la conception a été pensée pour faire face aux grandes chaleurs ?

Le modèle des villes anciennes, avec des ruelles étroites - 5 m de large environ - qui permettent de s'abriter du soleil, n'est plus possible, ne serait-ce que pour des raisons d'usage et de confort souhaitées par les habitants, mais également de sécurité [notamment pour limiter la propagation des incendies, NDLR]. Nous devons donc réfléchir à des quartiers avec des cœurs d'îlot et des qualités de plantation sur les coursives. L'appropriation de la nature se fait à différents niveaux. La densité est plus acceptable avec cette notion de nature urbaine.

 

Il ne s'agira pas uniquement de poser de la végétation en pleine terre, mais également d'en créer aux niveaux supérieurs, ce qui procurera une sensation de fraîcheur.

 
media