Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La SNCF présente son plan d'action pour le train autonome

mis à jour le 13 septembre 2018 à 14H24
Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

La SNCF espère mettre sur les rails des TER autonomes à partir de 2025. Le groupe ferroviaire français a annoncé mercredi 12 septembre 2018 s'être entouré de nombreux industriels afin de parvenir à développer et tester un prototype de TER autonome entre 2019 et 2023. Quant au déploiement d'un TGV complètement autonome, il faudra encore patienter quelques années de plus.

La SNCF présente son plan d'action pour le train autonome
La SNCF prévoit d'équiper les TGV existants des technologies correspondant à un niveau d'automatisation de niveau 2 à partir de 2025. © DR

La SNCF s'est entourée de nombreux partenaires pour développer deux prototypes de trains autonomes d'ici à 2023. Grâce à l'automatisation des trains, le trafic sera harmonisé et fluidifié. La SNCF sera donc en mesure de faire circuler plus de trains et de transporter plus de personnes et de marchandises. Le groupe ferroviaire espère aussi parvenir à une diminution de la consommation d'énergie.

 

Deux consortiums : pour le fret et les voyageurs

Les 4 niveaux d'automatisation des trains (GoA)
"Pour les trains il y a quatre niveaux d'autonomies, appelés GoA (Grades of Automation)", explique le directeur du projet train autonome Luc Laroche. "Le GoA de niveau 1, qui équipe 99% des trains aujourd'hui", poursuit-il, correspond à la mise en place d'un automatisme pour le contrôle de la vitesse. Le GoA de niveau 2 permet la conduite sans les mains : l'accélération et le freinage sont automatisés. Toutefois, le conducteur s'occupe de l'ouverture et de la fermeture des portes ainsi que des fonctions de sécurité. Le train ayant un GoA de niveau 3 roule en mode autonome. Mais le chef de bord doit être en capacité de reprendre le contrôle du train même s'il n'a pas à être présent en cabine. Le GoA de niveau 4 regroupe les trains qui circulent de manière totalement autonome sans personne à bord pour intervenir.
Deux consortiums, pilotés par la SNCF et l'IRT Railenium, ont été créés en janvier 2018 afin de réaliser l'ambition de l'entreprise ferroviaire française. L'un, dédié à la réalisation d'un prototype de train de Fret autonome, est composé d'Alstom, Altran, Ansaldo et Apsys. L'autre, dédié aux voyageurs, doit réaliser un prototype de train TER autonome grâce aux compétences de Bombardier, Bosch, Spirops et Thales.


Tous sont mis à contribution et participent au budget de ce projet d'un montant total de 57 millions d'euros (dont 30% financés par la SNCF, 30% par l'Etat et 40% par les partenaires). Leur objectif est de débuter l'industrialisation de trains autonomes GoA de niveau 3 et 4 (voir encadré ci-contre) en 2023 pour déployer des TER autonomes à partir de 2025.

 

Equiper les trains existants de nouvelles technologies

L'idée est de pouvoir équiper les trains existants et non pas de fabriquer entièrement de nouveaux trains. A ce titre, Bombardier doit réinventer l'architecture d'un train conventionnel existant, le Regio 2N, pour y intégrer les différentes briques technologiques développées dans le cadre du projet de train autonome et assurer l'interface entre le train et l'infrastructure ferroviaire.


Par exemple, il faudra y intégrer les capteurs, caméras et radars conçus par Bosch. Ces derniers "permettent au train autonome de détecter les éléments de signalisation et les obstacles sur les voies", explique Heiko Carrie, le président de Bosch France. Le groupe allemand utilise ses connaissances dans l'industrie automobile et ses recherches autour du véhicule autonome pour fabriquer les "yeux du train", comme se plait à le décrire Heiko Carrie.

 

Une IA comprenant les comportements humains

L'entreprise française SpirOps est, quant à elle, spécialisée dans l'intelligence artificielle. Elle souhaite "transférer" les capacités sensorielles et intellectuelles des conducteurs dans une machine afin que le module de conduite puisse réagir de manière approprié aux aléas rencontrés durant le trajet. Mais pas seulement. SpirOps doit aussi développer un module comprenant les comportements des usagers sur les quais pour autoriser la fermeture des portes sans danger. Et la dernière contribution de cette entreprise sur ce projet est le développement des informations et services personnalisés au voyageur.

 

Adapter les technologies autonomes existantes au milieu ouvert

TER et TGV : deux calendriers
Ces technologies seront plus rapidement déployées sur les TER que les TGV. La SNCF prévoit de développer un prototype de TER répondant aux niveaux GoA 3 et 4 entre 2019 et 2023. Sur cette même période l'autonomie du prototype de TGV relèvera uniquement du niveau 2. Toutefois, la SNCF espère parvenir à un niveau d'autonomie relevant des niveaux 3 et 4 pour tout ce qui relève des "circulations techniques" des trains dès 2023. Cela correspond par exemple aux trajets réalisés par le train entre le dépôt et le quai de gare.
Au sein du consortium, Thales est "architecte et intégrateur système et fournit les modules ATO (automatic train operation) qui est le pilote automatique du train ainsi que le module de localisation", explique Philippe Keryer, directeur général adjoint stratégie, recherche et technologie chez Thales. Pour cela, le groupe français va partir de "ses connaissances issues du déploiement du système de métro automatique et l'adapter au milieu ouvert qu'est celui de la circulation des trains", explique-t-il.

Par exemple, Thales va devoir développer un nouveau système de positionnement du train dont l'objectif est de "s'affranchir des équipements à la voie afin que le train autonome puisse circuler sur n'importe quelle type voie", détaille Philippe Keryer. Pour y parvenir, Thales va s'appuyer sur son système de positionnement par satellite GNSS déjà existant qui va être complété par de nombreux capteurs (Lidar, caméras, radar, centrale inertielle,…) implémentés sur le train.

 

 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale