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La Société Générale prête à chambouler toute son organisation pour se transformer

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La Société Générale s'apprête à lancer un important appel à la création interne de start-up. Les collaborateurs qui formeront une équipe dont le projet intrapreneurial a été validé pourront quitter leur poste pour s'y consacrer pleinement.

La Société Générale prête à chambouler toute son organisation pour se transformer
La Société Générale prête à chambouler toute son organisation pour se transformer

Comment endiguer le début d'une fuite de collaborateurs attirés par l'entrepreneuriat ? Leur permettre de créer leur start-up à l'intérieur même de l'entreprise, répond la Société Générale. D'ici à la fin du mois d'octobre, l'établissement bancaire va lancer un appel à la création de start-up destiné à l'ensemble de ses collaborateurs, a révélé Aymeril Hoang, le directeur innovation de la banque, lors de la 3ème édition de Bordeaux Fintech qui s'est tenue les 5 et 6 octobre 2017.

 

Détecter les envies intrapreneuriales

Réussir son mariage avec une fintech

 

Pour faire un "bon mariage" avec une fintech, c'est-à-dire intégrer sa technologie, ses équipes et faire profiter l'entreprise de toute son agilité, la Société Générale cherche à multiplier les surfaces d'interactions avec les jeunes pousses dès leur début pour créer une relation. "Nous utilisons un outil développé par Start-up Flow. Il s'agit d'un outil de CRM pour les start-up qui permet à n'importe quel collaborateur dans le groupe de savoir si c'est la première fois que la banque est en contact avec la start-up qu'il vient de rencontrer ou si les deux sont déjà en relation", détaille Aymeril Hoang, le directeur innovation.

 

La banque a aussi créé dans ses nouveaux locaux un tiers lieu de 1000 mètres carrés dédié à l'accueil de start-up internes et externes"Quand on se marie à une start-up (en faisant son acquisition, ndlr) on ne touche pas à son fonctionnement car c'est de ça dont on a besoin pour se nourrir et contaminer tous les autres collaborateurs", estime-t-il.

 

Ce mode de fonctionnement n'a pas toujours été suivi. Acquis en 2015 via Boursorama, la fintech Fiduceo n'a pas gardé son ADN au sein de la Société Générale. "Le bénéfice technologique était bien réel mais nous ne sommes pas allés au-delà et nous avons démembré l'équipe", regrette-t-il.

 

Pour se transformer, le nerf de la guerre, c'est la création de nouveaux business. Et plutôt que de faire l'acquisition de jeunes fintechs (là où d'autres banques sont particulièrement actives comme La Banque Postale avec KissKissBankBank et le Crédit Mutuel Arkéa avec Leetchi), la Société Générale veut privilégier la créativité en interne. "On n'invente pas de nouveaux business sur des slides", insiste Aymeril Hoang, ancien bras droit de Fleur Pellerin et cheville ouvrière de la French Tech. L'idée de cet appel à start-up consiste donc à détecter les envies intrapreneuriales, de créativité et d'autonomie des salariés. En amont, la Société Générale a travaillé avec la start-up Stim pour identifier les pistes d'innovation de rupture.

 

Ces pistes sont gardées confidentielles et les potentiels nouveaux domaines d'action restent volontairement flous. "On pense à des partenariats avec de grosses entreprises dans d'autres secteurs, à utiliser la donnée pour créer de nouveaux services ou à développer de nouveaux business avec un fort impact social", indique simplement Aymeril Hoang.

 

100 à 150 millions d'euros par an

S'il est difficile d'apprécier la profondeur de cette initiative avant même son lancement, les intentions de la Société Générale semblent aller au-delà du simple effet d'annonce. Plusieurs indicateurs nous laissent le croire. D'abord le budget. Selon le directeur innovation du groupe, la banque pourrait débloquer entre 100 et 150 millions d'euros par an pour soutenir ce dispositif. "C'est à la fois beaucoup mais pas inatteignable au regard des 5 milliards d'euros dédiés à l'informatique par an", commente-t-il.

 

De l'incubation à l'accélération

Ensuite l'accompagnement. Outre cette enveloppe, la Société Générale va faire appel aux équipes de MakeSense pour épauler les collaborateurs qui se porteront volontaires. Pendant trois mois, ils auront la possibilité de peaufiner leur projet avant de le pitcher devant la direction d'une Business Unit (BU). "Si l'équipe obtient un accord, elle partira pour travailler à plein temps sur le projet", explique Aymeril Hoang. Tous les trois mois, les start-up internes auront des rendez-vous avec un board pour acter, ou non, la poursuite de leur projet. Et si l'aventure doit s'arrêter, les intrapreneurs pourront réintégrer leur unité, mais ne retrouveront par forcément le poste qu'ils avaient quitté. De quoi les sortir de leur zone de confort et les inciter à la prise de risque (même si  limitée).

 

Faire naître son propre concurrent 

La préparation du projet avec les Ressources Humaines laisse aussi croire à sa solidité. "Pour éviter de trop grandes frictions au niveau RH, il faut soigner le manager qui perd un collaborateur. L'idée est de l'indemniser, en lui donnant plus de moyens, en lui permettant de recruter une nouvelle personne en CDD, avec la possibilité d'un niveau de salaire plus élevé", détaille le directeur innovation.

 

Enfin, la détermination et la forte personnalité d'Aymeil Hoang semblent intimement liées au déploiement d'un tel projet qu'il n'hésite pas à nommer de "révolution culturelle". Et quand les équipes internes s'inquiètent d'un trop fort succès de l'opération, le trublion s'amuse à répondre : "J'espère que le volume de candidatures sera tel qu'on sera en panique !". Et si cette initiative faisait naître le propre concurrent de la Société Générale ? "Nous préférons organiser la concurrence en interne plutôt qu'elle ne vienne de l'extérieur", répond-t-il. Il affirme que la banque ne s'est pas donnée d'objectifs chiffrés, mais espère voir une cinquantaine d'équipes se constituer. Avis aux intéressés.

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