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La sous-traitance électronique parie sur l’e-learning pour muscler ses compétences en production

Cas d'école Le syndicat professionnel de la sous-traitance électronique construit une plateforme d’e-learning destinée à pallier le manque de compétences en production. Les entreprises membres pourront l’utiliser pour former leurs salariés et/ou développer leurs propres solutions d’apprentissage en ligne. Elle sera ouverte au second trimestre 2017.

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La sous-traitance électronique parie sur l’e-learning pour muscler ses compétences en production
Fabrication de cartes électronique chez Eolane, l'un des premiers sous-traitants électroniques français © D.R.

Atelier du futur. C’est le projet de plateforme d’e-learning mené par le Syndicat national des entreprises de sous-traitance électronique (SNESE).  Il est confié à Dominique Segura, ancien directeur des ressources humaines du sous-traitant d’électronique AsteelFlash en Tunisie,  reconverti depuis 2008 en consultant en développement de compétences avec son cabinet Latem.  Mission : créer une solution mutualisée d’apprentissage en ligne à la fois souple et efficace pour répondre aux enjeux de développement des compétences de la filière en production. Car depuis la rentrée scolaire 2016, l’Education nationale ne forme plus dans les collèges de spécialistes de la production électronique, une activité qu’elle considère à tort comme totalement disparue de la France au profit de pays à faible coût de main d’œuvre comme la Chine. Une décision qui aggrave le manque de compétences auquel la filière est confrontée en France.

 

Choix de solution open source

C’est pour pallier ce problème que le projet a été lancé. La plateforme fournira un socle commun de formation répondant aux besoins génériques de la filière. Ces ressources mutualisées seront proposées gratuitement par le SNESE à ses membres ou de façon payante par ses partenaires comme l’IFTEC, centre de formation professionnelle spécialisé dans les techniques de fabrication des cartes électroniques situé à Bourg-la-Reine, en région parisienne. Les entreprises membres pourront également profiter de la plateforme pour créer leurs propres modules de formation.

Pour construire cette plateforme, Dominique Segura a choisi de s’appuyer sur Moodle, la solution open source la plus couramment utilisée par les universités et les écoles pour leurs cours en ligne. « Je ne suis pas informaticien, explique-t-il. Je me contente de sélectionner et d’assembler les éléments qu’il faut pour bâtir la plateforme. Il n’y a aucun travail d’intégration informatique à faire. Cette solution offre en plus l’avantage de concilier deux besoins : le collectif proposé par le SNESE et le spécifique à développer par ses membres. » La plateforme sera connectée à celles des universités et des écoles pour offrir l’accès à des formations diplômantes.

 

Triptyque formation, échange et expérience

Le premier module de formation disponible dès le premier trimestre 2017 se rapportera à l’intégration de nouveaux salariés. "Il fournira les connaissances de base du métier, des composants manipulés ou encore des règles de sécurité, détaille Dominique Segura. C’est un module rapide mais important pour la profession." Le contenu de formation sera ensuite petit à petit enrichi par des modules pour les fonctions de support (achats, logistique, qualité…) et des modules sur les opérations de fabrication comme la pose de composants, le câblage ou le brasage. Des métiers de base de la filière à actualiser en permanence pour adapter les compétences à l’évolution dans les composants ou les machines de production. La plateforme proposera également des échanges entre pairs et des fiches d’expérience en provenance des sociétés membres. L’objectif est de favoriser le transfert d’expérience et de savoir au sein de la filière.

"L’avenir du développement de compétence tient dans un triptyque : la formation proprement dite, les échanges et la transmission de savoir d’expérience, estime le consultant. La formation en situation de travail est essentielle. C’est pourquoi cette plateforme privilégie la capitalisation sur le savoir d’expérience, en mettant en commun des parcours complets de formation et de configuration de compétences."

 

7000 utilisateurs au quotidien

Pour construire ces modules tirés de l’expérience sur le terrain, le SNESE bénéficie de la collaboration de l’un de ses membres : le sous-traitant AQLE. "Avec cette société,  nous partons du vécu en filmant l’activité des opérateurs dans les opérations de câblage et brasage, précise Dominique Segura. L’idée est ensuite de décortiquer leur travail et de leur montrer la bonne façon de faire."

La plateforme sera hébergée chez l’hébergeur informatique allemand 1&1. Mais les entreprises, qui auront développé des modules de formation spécifiques, pourront préserver leur savoir d’expérience en les hébergeant en interne. Selon Dominique Segura, la plateforme devrait compter 5 ou 6 sociétés utilisatrices dans un an et une vingtaine dans deux ans. Elle est dimensionnée pour supporter 7000 utilisateurs au quotidien.

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