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La start-up bretonne Medaviz réunit 6 millions d’euros pour accélérer sur la téléconsultation médicale

Levée de fonds Spécialisée dans la téléconsultation médicale, la start-up Medaviz de Vannes entend ainsi accélérer son développement, sur un marché boosté par la crise de la Covid-19.
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La start-up bretonne Medaviz réunit 6 millions d’euros pour accélérer sur la téléconsultation médicale
250 000 actes de téléconsultations sont déjà passés par Medaviz. © Medaviz

Nouvelle opération financière pour Medaviz à Vannes. En plus d’une plateforme de conseil médical en ligne, la start-up édite une solution logicielle permettant aux professionnels de santé de proposer des actes de téléconsultation remboursés dans une logique de parcours de soins.

Un concept qui vient de séduire Groupama Loire Bretagne, le groupe Matmut et MBA Mutuelle. Avec Bpifrance, ces trois acteurs de l’assurance et des mutuelles apportent 4 millions d'euros à Medaviz. "Notre excédent brut d'exploitation étant à l’équilibre depuis deux ans, nous avons pu également obtenir un apport bancaire de 2 millions d'euros", précise Guillaume Lesdos, cofondateur de la start-up en 2014 avec trois associés. En juin 2017, Medaviz avait déjà levé 600 000 euros auprès du fonds lorientais SFLD et des business angels AngelSquare.

Des recrutements
Comme d’autres acteurs du secteur, Medaviz a vu son activité boostée par la situation sanitaire. "Concrètement, en six semaines, nous avons vécu la traction que l’on avait prévu de générer sur deux ans. Au plus fort de la crise, nous avons eu jusqu’à 500 inscriptions journalières de professionnels, contre une centaine par semaine en février", décompte Stéphanie Hervier, directrice générale de la start-up.

Aujourd’hui, Medaviz mentionne équiper 9 000 médecins, et avoir accompagné 250 000 actes de téléconsultation depuis 2014. "La crise a permis à certains professionnels jusqu’alors réticents à s’équiper en solutions de consultation à distance de franchir le pas. Et à proposer à leur patientèle de réaliser certains actes à distance", résume Guillaume Lesdos. Pour répondre à cette forte demande, la start-up a du s’organiser et anticiper des recrutements prévus à plus long-terme. "Nous sommes aujourd’hui 30 salariés contre 12 en début d’année. Toutes les équipes ont été renforcées, à commencer par celle de développement passée de deux à huit personnes. Nous avons aussi recruté des commerciaux  et des personnes chargées d’accompagner nos clients dans le déploiement et la prise en main de la solution."

La nouvelle opération financière permet à Guillaume Lesdos de prévoir d’autres embauches. Une soixantaine de recrutement sont prévus d’ici à fin 2021, "après avoir finalisé l’intégration des nouveaux salariés."

Les communautés professionnelles territoriales de santé
Car avec ces 6 millions d’euros, la start-up de Vannes (1,2 millions d'euros de CA en 2019) se donne les moyens d’accélérer sa croissance sur un marché certes dynamique, mais très concurrentiel. Medaviz se positionne sur les actes de téléconsultation remboursés, ceux réalisés par les praticiens auprès de leur patientèle existante. La start-up vise les médecins libéraux, les établissements de santé dans le cadre de consultations de suivi et les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

C’est sur cette cible que la PME a renforcé, depuis l’automne dernier, son déploiement commercial. Le plan "Ma santé 2022" incite les professionnels d’un même territoire à s’organiser pour fluidifier le parcours de santé, notamment pour répondre à des soins non programmés. "Nous nous inscrivions dans cette logique territoriale. Et accompagnons déjà une quarantaine de territoires, comme le Groupement de coopération sanitaire Guyane système d’information de santé qui s’appuie sur notre plateforme pour organiser la permanence des soins en téléconsultations des médecins généralistes", explicite Guillaume Lesdos.

Le marché de la téléexpertise
D’ici à 2022, l’Etat espère la création de 1 000 CTPS. Medaviz entend dorénavant mener des démarches communication et de lobbying pour renforcer sa notoriété auprès des professionnels de santé et de l’Etat. La start-up prévoit aussi de renforcer ses actions marketing, à l’image du sponsoring de La Solitaire du Figaro. Pour autant, Medaviz n’en n’oublie pas son cœur de métier. Et travaille au développement de nouvelles fonctionnalités.

"Notre objectif reste de faciliter, par les outils numériques, l’organisation et la coordination des professionnels entre eux. Nous lancerons, d’ici fin septembre, une solution dédiée à la téléexpertise". Ce système permet à un médecin de solliciter l’avis d’un confrère face à une situation médicale, des actes que la réglementation leur permet désormais de coter, et qui ouvre à Medaviz de nouveaux axes de croissance.

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