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La start-up Chronolife lance un t-shirt connecté pour mesurer six facteurs physiologiques en continu

Vidéo La jeune pousse parisienne Chronolife annonce la commercialisation d’une solution combinant un t-shirt connecté, à même de mesurer divers paramètres physiologiques, et une application mobile. Un algorithme capable de prédire la survenue de certaines pathologies, telles que la décompensation cardiaque, viendra l'agrémenter fin 2020.
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La start-up Chronolife lance un t-shirt connecté pour mesurer six facteurs physiologiques en continu
La start-up Chronolife lance un t-shirt connecté pour mesurer six facteurs physiologiques en continu © Chronolife

L’e-santé est au cœur de l’IoT. Alors que les GAFAM en ont fait une priorité stratégique à travers leurs wearables, les start-up entendent, elles aussi, tirer leur épingle du jeu. C’est le cas de Chronolife. La jeune pousse parisienne, fondée en 2015, lance ce mardi 26 novembre 2019 sa première offre, qui couple un tee-shirt connecté et une application mobile. Grâce à un suivi continu, tout au long de la journée, la solution vise à prévenir les risques en matière cardiaque.

 

Elle se situe dans la lignée des produits de télésurveillance, pas dénués d'intérêt à l’heure où la population vieillit et que les lits se font plus rares dans les hôpitaux. "Elle s’adressera dans un premier temps aux entreprises, dans les secteurs de l’assurance, de l’industrie ou du coaching sportif, mais un suivi médical agréé sera possible dès 2020", indique à L’Usine Digitale Laurent Vandebrouck, son directeur général.

 

SIX PARAMèTRES PHYSIOLOGIQUES

Le dispositif mesure six paramètres physiologiques distincts – la fréquence cardiaque, les respirations abdominale et thoracique, la température corporelle, l’activité physique et l’impédance pulmonaire. Un kit de développement est proposé aux clients, pour l’adapter à chaque usage. La société Mon Stade, à mi-chemin entre laboratoire d’analyses et salle d’entrainement, accueille des personnes pour des cours de reconditionnement physique pendant 16 semaines.

 

"Le tee-shirt Nexkin permet de suivre la persistance de l’effort au-delà de la période de stage et de s’assurer que la trajectoire est maintenue, illustre son directeur général, Stéphane Suzzoni, qui veut également mettre l’accent sur la personnalisation de l’entraînement. Il s’agit, pour nous, de donner la bonne dose d’activité physique au cas par cas."

 

 

Les informations collectées par l’appareil de Chronolife sont traitées par Claranet, un hébergeur de données de santé (HDS) accrédité par l’Agence française de la santé numérique. Une garantie quant à leur protection. Doté d’une autonomie de 24 heures, avant de nécessiter une recharge d’environ trois heures, le tee-shirt connecté est lavable à la machine. "L’accent a été mis sur le confort d’utilisation, sachant que les malades chroniques seront les premiers à trouver un intérêt à la solution", pointe Laurent Vandebrouck. Chronolife espère écouler quelque 100 000 tee-shirts à horizon 2022, sur ses trois marchés principaux et toutes offres confondues. Ceux-ci seront vendus 250 euros l’unité, ce à quoi il faut ajouter un abonnement mensuel d’une vingtaine d’euros pour utiliser l’application mobile.

 

VERS UN algorithme de préDICTION

L’entreprise, qui ambitionne de "devenir à la fois une MedTech et un prestataire de services majeurs sur le marché européen", compte aujourd’hui vingt salariés, répartis entre la France et la Californie (Etats-Unis). Alors qu’elle vient de boucler une levée de fonds en série B, dont le montant n’a pas été communiqué, Chronolife va passer la seconde d’ici à la fin 2020. Se reposant sur l’expérience de son directeur scientifique et technique, Guillaume Chenegros, la jeune pousse planche actuellement sur un algorithme neuromorphique répondant au nom de HOTS (Hierarchy Of event-based Time-Surfaces). "Par biomimétisme avec le fonctionnement du cerveau, il n’aura besoin que de peu de capacités de calcul pour effectuer des prédictions sur deux ou trois jours", souligne ainsi l’ancien universitaire.

 

 

Un tel algorithme sera notamment utile dans le cas des insuffisances cardiaques congestives (ICC) et pourrait, plus tard, concerner l'apnée du sommeil, l'épilepsie ou encore la dépression. Il permettra aux médecins de traquer le moindre signe de décompensation. Contrairement à d’autres systèmes qui s’adressent directement aux malades, le système de Chronolife envoie les données pour vérification à des plateformes de télémédecine tierces. Celles-ci génèrent une alerte à destination du médecin traitant sur la base des informations recueillies. Dans quelques années, la société dit qu'elle envisagera la possibilité de permettre à d'autres d'exploiter HOTS par le biais d'une licence.

 

"C’est un grand pas en avant, quand 70 % des patients souffrant de cette pathologie font une rechute dans les trois mois suivant leur sortie de l’hôpital", relève Laurent Vandebrouck. Une étude clinique est actuellement menée sur 150 patients de six pays d’Europe pour mesurer l’efficacité de la solution. A terme, Chronolife projette de se passer du smartphone et transférer les données de santé des utilisateurs directement du tee-shirt vers des serveurs distants. La start-up va constituer un dossier pour justifier de l’intérêt d’un remboursement par l’Assurance maladie. Une reconnaissance qui a été, en France, accordée pour la première fois à un logiciel de télésurveillance en avril dernier.

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