Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La start-up française AZmed veut optimiser le flux de travail des radiologues grâce à l'IA

AZmed a développé un logiciel qui détecte et localise automatiquement les fractures osseuses sur les images médicales. Certifié CE depuis un an, Rayvolve est utilisé par plus de 50 centres d'imagerie médicale en France. La radiologue Sylvie-Evelyne Mercier a exposé à L'Usine Digitale les avantages de cet outil dans sa pratique quotidienne.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La start-up française AZmed veut optimiser le flux de travail des radiologues grâce à l'IA
La start-up française AZmed veut optimiser le flux de travail des radiologues grâce à l'IA © Owen Beard/Unsplash

Le nombre de radiologues chute à mesure que les besoins en analyse d'image explosent. C'est pour répondre à cette équation que la start-up AZmed a développé un logiciel de détection et de localisation des fractures osseuses. Baptisé Rayvolve, il est actuellement utilisé dans plus 50 centres d'imagerie médicale en France.

Optimiser le flux de travail grâce à l'IA
"Nous voulions concevoir un outil pour aider les radiologues sans qu'ils ne le voient réellement", raconte Alexandre Attia, cofondateur et CTO de la jeune pousse, à L'Usine Digitale. Ce data scientist de formation s'est donc associé à Elie Zerbib-Attal, médecin-interne et Julien Vidal, spécialiste financier, pour créer AZmed en 2018, dont les bureaux sont situés à Paris. Leur objectif : optimiser le flux de travail des radiologues grâce à l'intelligence artificielle.

Le fonctionnement de Rayvolve est le suivant : le radiologue fait passer un examen à son patient suspecté d'avoir une fracture osseuse, l'image médicale est analysée par le logiciel qui va indiquer la présence et l'endroit de la lésion. Rayvolve s'intègre directement aux outils utilisés par les radiologues. "Pour établir son diagnostic, le praticien peut se reposer sur l'information clinique, l'image médicale et la prédiction de l'IA", indique Alexandre Attia.

La radiologue Sylvie-Evelyne Mercier, praticienne au sein du groupe de radiologie RPO, se dit ravie de ce dispositif médical qu'elle exploite depuis maintenant un an. "Rayvolve est un véritable atout car il permet de gagner du temps sur les dossiers que nous traitons plusieurs fois par jour. Je peux donc garder mon énergie pour des cas plus complexes", nous explique-t-elle.
 


Des images médicales annotées par plusieurs médecins
A la question de savoir quels sont les avantages de Rayvovle par rapport à ses concurrents, la radiologue nous répond que c'est l'absence de faux positifs. "Avec certaines solutions, j'ai eu pas mal de faux positifs car elles analysaient des variables à la normale comme des fractures. Mais il est difficile, compte tenu des biais de recrutement et des conditions d'utilisation, d'en tirer des conclusions à l'heure actuelle", relève-t-elle. Ces erreurs peuvent s'expliquer en partie par la qualité des données qui ont servi à entraîner le réseau de neurones du logiciel. "Chez AZmed, nous accordons une vraie importance à la qualité des données", raconte le CTO.

Par conséquent, les images médicales utilisées pour l'entraînement du modèle sont annotées par plusieurs médecins pour réduire le risque de biais. Il est par ailleurs continuellement alimenté par de nouvelles données anonymisées provenant des différents centres d'imagerie partenaires.

AZmed promet que ses activités génèrent des revenus mais refuse d'en donner le montant. "Peu importe les chiffres, ce qui compte c'est que les radiologues soient prêts à payer pour utiliser notre solution", estime Alexandre Attia. Les centres paient un abonnement trimestriel ou annuel fixe qui varie selon la taille de la structure médicale.

Un premier contrat européen signé avec le NHS
Après avoir levé 1,2 millions d'euros en 2019, AZmed veut exporter sa solution. "Nous travaillons actuellement avec des partenaires pour distribuer notre solution dans d'autres pays européens. Nous en avons déjà signé 78", révèle Alexandre Attia qui refuse de donner plus de détails. Début septembre, la jeune pousse a officialisé la signature d'un contrat avec Wellbeing Software, principal fournisseur d'équipement du National Health Service (NHS), le système de santé publique du Royaume-Uni. 


En parallèle, la jeune pousse composée d'une quinzaine de collaborateurs continue de développer des systèmes d'apprentissage automatique "pour des pathologies souvent présentes aux urgences", dont le détail demeure confidentiel. "L'objectif est que ce type de solution soit déployé d'ici la fin de l'année", conclut Alexandre Attia.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media