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La start-up française Lemon veut s'imposer comme l'outil de streaming vidéo payant de référence

Levée de fonds La pandémie de Covid-19 a conduit à une adoption accélérée des technologies de streaming vidéo par les professionnels, que ce soit pour des conférences en ligne, des cours à distance, des webinaires ou des séances bien-être. Les solutions leader du marché ne sont cependant pas forcément adaptées à ces usages et ne facilitent pas la monétisation de ces contenus d'experts. La start-up Lemon a pris le pari d'y remédier, se targuant d'une expertise technique qui n'a rien à envier aux plus grands.
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La start-up française Lemon veut s'imposer comme l'outil de streaming vidéo payant de référence
Les fondateurs de Lemon : Kevin Codfert, Anthony Maurin et Vincent Fontaine. © Lemon

La start-up française Lemon veut s'imposer sur le marché très convoité de la vidéo en direct, dont l'usage a explosé durant la pandémie. Pour faire face aux leaders du secteur que sont Zoom, Twitch ou YouTube, Lemon vise plus spécifiquement les experts cherchant à diffuser des contenus payants auprès d'une audience de taille moyenne (d'une dizaine à plusieurs centaines de personnes).

"Zoom fait 300 millions de conférences gratuites par jour. Il nous suffit d'en prendre une fraction pour réussir notre pari, déclare à L'Usine Digitale Kevin Codfert, cofondateur et CTO de Lemon. Qu'il s'agisse de contenus éducatifs, de coaching sportif, de webinaires ou de conférences... Les sujets ne manquent pas."

Une solution basée sur WebRTC
L'une des forces de Lemon est sa technologie qui permet des interactions sans latence avec le public. "Notre technologie est plus récente que celle de Twitch, explique Kevin Codfert. Ils utilisent du RTMP to HLS. Cela engendre une latence allant de 14 secondes à une minute entre les spectateurs et le producteur de contenu. De notre côté on utilise du WebRTC, qui permet de faire du peer-to-peer entre navigateurs et de réduire la latence. C’est plus difficile à passer à l'échelle mais ça permet une vraie expérience en temps réel." La solution fonctionne donc uniquement via un navigateur web.

Lemon a été créée en novembre 2020, mais l'idée date en fait d'il y a trois ans. "Nous avons beaucoup travaillé sur la compression vidéo et le traitement du signal avec mes deux cofondateurs, Anthony Maurin et Vincent Fontaine, révèle Kevin Codfert. C'était une passion. Puis la crise du Covid-19 est arrivée, la demande s'est accélérée et nous nous sommes structurés."
 


1,1 million d'euros levés en avril
Les trois acolytes lèvent alors 140 000 euros pour démarrer. Ils ont depuis récupéré 1,1 million d’euros supplémentaires en avril auprès d’investisseurs comme Julien Callède (Made.com), Romain Afflelou, Adrien Dassault ou encore Alexandre Yazdi (Voodoo). Ce 1er octobre, la start-up annonce également l'arrivée à son comité de direction de Christophe Jouin, head of device engineering chez Netflix. Ce dernier se dit convaincu par la solution technique de Lemon et emballé par l'état d'esprit de ses fondateurs.

La jeune pousse compte déjà neuf salariés à plein temps et prévoit de recruter encore six personnes dans les prochaines semaines. Une nouvelle levée de fonds de plusieurs millions d'euros est également prévue dans les mois qui viennent afin de renforcer son infrastructure et d'accélérer son développement marketing et commercial.

Les coûts d'infrastructure sont déterminants pour ce type de services de streaming vidéo, car la marge des exploitants y est directement liée. Ce n'est pas un hasard si Twitch est la propriété d'Amazon et YouTube celle de Google, qui sont tous les deux des acteurs majeurs du cloud. L'équipe de Lemon est bien consciente de cette problématique et s'estime en capacité de la surmonter.

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