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La start-up Prello lève 13 millions d'euros pour faciliter l'achat en copropriété de résidence secondaire

Levée de fonds Prello propose un service de co-achat de résidence secondaire en France sous la forme de société civile immobilière. Chaque part social équivaut à 44 nuitées d'occupation. Pour étoffer son portefeuille de biens et conquérir de nouveaux clients, la start-up francilienne vient de boucler une levée de 13 millions d'euros. 
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La start-up Prello lève 13 millions d'euros pour faciliter l'achat en copropriété de résidence secondaire
La start-up Prello lève 13 millions d'euros pour faciliter l'achat en copropriété de résidence secondaire © Unsplash

La start-up française Prello annonce ce jeudi 3 février une levée de fonds de 13 millions d'euros, quelques mois après avoir bouclé une opération de deux millions 'euros. Le tour de table a été mené par Otium Capital et Axeleo Capital, un fonds spécialisé dans la transformation numérique du secteur de l'immobilier. Des business angels y ont également participé.

Acheter à plusieurs
Prello a été créé en août 2021 par Ludovic de Jouvancourt et Sébastien Gal. Ensemble, ils ont souhaité lancer un service pour faciliter l'accès à la propriété immobilière. C'est le marché des résidences secondaires, représentant aujourd'hui 10% des transactions immobilières en France, qui a été choisi. "En moyenne, un Français passe moins de 40 jours par an dans sa résidence secondaire alors qu'il en fait l'acquisition dans son intégralité", explique Ludovic de Jouvancourt, CEO de Prello, à L'Usine Digitale.

C'est sur ce paradoxe que Prello se positionne en proposant un service de co-achat sous forme de société civile immobilière (SCI). L'idée est la suivante : jusqu'à 8 acquéreurs vont se rassembler au sein d'un SCI pour mutualiser l'achat d'un bien immobilier. Autrement dit, "les personnes achètent une part de résidence secondaire", ajoute le CEO. Juridiquement, c'est la SCI qui est propriétaire du bien et les associés bénéficient de parts sociales.

Chaque part représente 44 nuitées
Chaque part équivaut à 44 nuitées d'occupation et peut être revendue ou léguée. "Un calendrier dynamique conçu pour maximiser l'équité" est mis à la disposition des associés pour que chacun puisse choisir sa période. "Nous avons structuré des règles qui permettent de faire cohabiter deux types de profils : les personnes qui sont dans l'anticipation dans leurs vacances et celles qui sont dans le last minute", détaille le CEO. Prello promet que les personnes auront systématiquement 75% des nuitées disponibles sur les 24 mois suivants.

Pour éviter les mésententes sur le calendrier, Prello fait en sorte de rapprocher des acquéreurs avec des profils complémentaires. "Nous allons combiner par exemple un couple de seniors qui n'est pas forcément très attaché aux pics de saisons avec une famille ayant des enfants scolarisés", note le CEO.

De la prospection à la conciergerie
Prello intervient en amont en dénichant des biens à vendre. Ils peuvent être "rénovés et meublés" en fonction de leur état. L'objectif est d'en faire "des produits de vacances idéaux", indique Ludovic de Jouvancourt. Il ajoute que Prello a la force de frappe suffisante pour "acheter des actifs au bon prix voire en dessous du prix du marché". Cette étape est entièrement menée par des salariés de Prello.

La jeune pousse propose également "une expertise sur la structuration juridique" afin de s'assurer que les règles d'association, inscrites dans les statuts de la société, soient "très protectrices des copropriétaires entre eux", détaille Ludovic de Jouvancourt. Elle se charge aussi de la gestion quotidienne du bien.

Concernant son business model, Prello a trois sources de revenus. La jeune pousse prélève 8% de la valeur du bien immobilier (travaux et ameublement compris) et 8% des revenus locatifs issus de la location des nuitées non consommées par les associés. Ces dernières doivent également payer un abonnement de 99 euros par mois à des fins de "coordination de la conciergerie".

Une concentration de la demande sur trois régions
Prello est présent sur tout le territoire français mais refuse de communiquer sur le nombre de biens vendus et de SCI créées. Sans surprise, la majorité des demandes est concentrée sur la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), "la région jusqu'à deux heures de Paris" et le Sud-Ouest.

Prello compte aujourd'hui 30 salariés et souhaite recruter de nouvelles personnes dédiées notamment à la prospection immobilière pour étoffer le catalogue de biens en vente. Aujourd'hui, "l'offre disponible varie entre 15 et 40 biens", détaille le CEO. L'accélération du développement commercial est le second objectif assigné à cette levée de fonds.

Exporter le modèle en Europe
Bien que les règles varient en fonction de chaque pays, l'exportation du modèle de Prello en dehors de la France est une ambition. "Nous avons déjà prévu de lancer des propriétés en Espagne dès fin 2022 voire début 2023", confie Ludovic de Jouvancourt.
Prello n'est pas la première start-up à investir le marché des résidences secondaires. L'entreprise Altacasa a développé un concept similaire et a récemment levé deux millions d'euros de pré-amorçage. Aux Etats-Unis, la licorne Pasaco s'est lancée en 2020.  

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