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Klaxoon séduit les agences du Crédit Agricole et rêve d'un futur à l'international

Étude de cas Klaxoon séduit de grands comptes avec ses solutions conçues pour dynamiser les réunions et favoriser la collaboration en entreprise. La start-up bretonne a ainsi séduit 37 des 39 caisses régionales du Crédit Agricole qui se sont tout simplement passé le mot. La pépite, qui sort régulièrement de nouveaux produits et de nouvelles fonctionnalités, vient d'ouvrir de nouveaux bureaux à Boston, après ceux de Singapour.
mis à jour le 06 mai 2022 à 14H47
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Klaxoon séduit les agences du Crédit Agricole et rêve d'un futur à l'international
Klaxoon séduit les agences du Crédit Agricole et rêve d'un futur à l'international © Klaxoon

Klaxoon, pépite du FT120 (label du gouvernement pour les start-up en hyper-croissance), séduit un nombre croissant d'entreprises avec ses solutions pour dynamiser les réunions et favoriser la collaboration en entreprise. La start-up fondée en 2014 est basée à Cesson-Sévigné, une ville à proximité de Rennes (Bretagne). En visite dans les locaux de la société le 3 mai 2022, L'Usine Digitale a pu faire le point sur les ambitions de Klaxoon. Le fait que la jeune pousse ne soit pas implantée à Paris ne l'empêche pas de rêver internationalisation. Elle vient d'ailleurs d'ouvrir de nouveaux locaux à Boston, aux Etats-Unis, après ceux de Singapour.

"Au bout de la mondialisation, il y a le territoire", glisse Jean-Paul Mazoyer, directeur général adjoint du Crédit Agricole qui est convaincu que le fait que Klaxoon soit née en Bretagne est un facteur de sa réussite. Un ancrage territorial partagé par le Crédit Agricole, qui est organisé en caisses régionales, dont une grande partie a été séduite par Klaxoon. "Ce n'est pas parce qu'il y a une identité régionale forte que l'entreprise ne pense pas mondialisation", ajoute-t-il. A quelques pas d'ici, Clara Chappaz, la nouvelle directrice de la Mission French Tech, faisait d'ailleurs le point sur les start-up de la French Tech Rennes / Saint-Malo et leurs ambitions dans les locaux du néo-assureur Leocare.
 

De la dynamisation des réunions au renforcement du collectif

Avec la crise du Covid-19, la réduction voire l'arrêt des déplacements professionnels et la généralisation du télétravail, Klaxoon a pivoté. Au-delà de dynamiser les réunions, la start-up souhaite que ses outils de collaboration en entreprise permettent le travail asynchrone, favorisent la prise de parole, le suivi des dossiers ou encore le partage d'informations. "La notion de discussion est au cœur des solutions de Klaxoon depuis le début", glisse le CEO et fondateur Mathieu Beucher, qui constate que c'est devenu un sujet majeur aujourd'hui.

Un autre point clé est comment favoriser la participation et faire émerger la pratique collaborative. Une nécessité qui a sauté aux yeux avec le télétravail. "Pour impliquer les salariés il est important qu'ils puissent comprendre les effets de leurs actions quotidiennes", affirme Mathieu Beucher. "Le bien-être au travail ce n'est pas avoir des babyfoots et des fauteuils confortables, ajoute le CEO de Klaxoon qui a tout de même installé une table de tennis de table et un babyfoot dans sa cafeteria. C'est de savoir qu'on avance sur des projets, qu'on peut participer aux discussions et contribuer à la réussite de l'entreprise." Klaxoon souhaite instaurer une bonne ambiance avec ses outils qui visent à créer un collectif et embarquer l'ensemble des collaborateurs sur les projets.

La sortie rapide de nouveaux produits

Dans un premier temps, Board a vu le jour. Cette nouvelle interface, qui embarque un outil de visioconférence, peut aussi s'interfacer avec Zoom, Teams, Meet et Webex. Klaxoon veut faire de Board l'outil de référence pour la collaboration en entreprise. Plus récemment, c'est Engage Edition, la nouvelle édition de sa Workshop Platfom, qui a été dévoilée. "Une centaine de nouvelles fonctionnalités ont été ajoutées afin de favoriser l'engagement des équipes", résume Lauriane Carayon, chief customer officer.

L'objectif reste le même : favoriser la collaboration avec des outils simples à utiliser. Pour cela la pépite n'hésite pas à accompagner très largement ses clients dans l'usage des solutions. Klaxoon "prend le temps pour accompagner dans la durée les clients dans leur transformation", explique Mathieu Beucher . Il évoque "un mariage entre l'accompagnement humain et l'outil technologique."

Le dynamisme que Klaxoon cherche à inculquer chez ses clients se retrouve dans les couleurs (rose, jaune, vert) de ses interfaces ainsi que sur les murs et les meubles de son siège social. L'organisation de ses locaux est également pensée pour favoriser le partage. Les trois étages sont articulés autour de salles communes, baptisées Agora (sauf pour un étage qui accueille la cafeteria et la 'Scène', un lieu pensé pour que tous les salariés puissent se réunir), et de petits open spaces qui accueillent les différentes équipes.

Au Crédit Agricole, le bouche à oreille

Ces locaux accueillent plus de 200 collaborateurs, sur un total de plus de 300 salariés, qui viennent deux à trois jours par semaine, selon les équipes. Des écrans affichant la solution Workshop Platform sont accessibles dans chaque espace. Assez logiquement les salariés utilisent eux-mêmes les solutions qu'ils développent. Mais comment le Crédit Agricole en est-il venu à utiliser largement les solutions de collaboration proposées par Klaxoon ?

Le déploiement de la solution s'est fait d'équipe en équipe, puis de région en région avant de se déployer à l'échelle de la France. "Ce qui est vrai pour Klaxoon est vrai pour les innovations métiers", commente Jean-Paul Mazoyer. Au Crédit Agricole les innovations peuvent venir d'une caisse régionale avant d'être déployées à l'échelle du groupe comme ce fut le cas pour le lancement de la division assurance ou immobilier.Le Crédit Agricole repose sur un réseau de 39 caisses régionales indépendantes. Aujourd'hui, 37 caisses régionales utilisent les outils de Klaxoon.

De 10 à 90% de participation

La relation avec Klaxoon a démarré en Bretagne. Une première agence a instauré le rituel d'un atelier quotidien de 5 à 15 minutes. "Tous les matins, les équipes nourrissent le 'dashboard' avec les problèmes rencontrés, les nouvelles idées, les résultats et les performances", explique Lauriane Carayon. Les absents peuvent ainsi facilement capter l'information qu'ils ont manquée. En outre, "Workshop vient casser ce stéréotype de la réunion animée par un manager", ajoute-t-elle.

Des fonctionnalités comme "Question" permettent de booster la participation et d'avoir un retour rapide dans le cas du lancement d'une nouvelle offre par exemple. "Le Crédit Agricole note plus de 90% d'engagement sur le Workshop quotidien, contre 10% de participation lors des réunions classiques auparavant réalisées", affirme Lauriane Carayon. Un des points forts de la solution est sa capacité à gérer facilement les "irritants", les points de difficulté de l'expérience client dans le jargon bancaire. Ces derniers sont plus rapidement remontés par les équipes et résolus. "Un an après que la première vague d'agence a commencé à utiliser ce produit, 95% des équipes ont dit ne pas vouloir revenir en arrière".

Vers une introduction en bourse ?

Quant au futur de la start-up, la pépite bretonne et ses équipes revêtues d'un sweat rose entendent conquérir le monde. Pour l'instant, Klaxoon semble s'acclimater rapidement au marché américain, où Mathieu Beucher a posé ses valises, et a déjà séduit plusieurs grands comptes comme Microsoft. Pour poursuivre son développement, Klaxoon entend recruter pour atteindre 500 salariés sous 18 mois.

La suite pourrait éventuellement passer par une nouvelle levée de fonds. Contrairement à d'autres start-up, Klaxoon n'a pas pour habitude de lever beaucoup de fonds puisqu'elle commercialise ses solutions depuis très longtemps et finance elle-même une grande partie de sa R&D. Sa première levée de fonds de 5 millions d'euros a été réalisée deux ans après sa création et a été suivie d'une levée de 50 millions de dollars en 2018. A terme, sans doute que le fondateur préférera une introduction en bourse à un rachat qui semble moins dans son ADN.

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