Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La start-up V8te base sa plateforme de vote en ligne sur la blockchain

La start-up bordelaise a mis au point la première solution de vote électronique basée sur une blockchain qui respecte les recommandations de la Cnil correspondant au plus haut niveau de sécurité.  
mis à jour le 10 juin 2022 à 16H50
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La start-up V8te base sa plateforme de vote en ligne sur la blockchain
La start-up V8te base sa plateforme de vote en ligne sur la blockchain © Unsplash

La start-up bordelaise V8te, qui commercialise depuis novembre 2020 une plateforme de vote électronique, devient le premier acteur à respecter les recommandations de "niveau 3" de la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (Cnil) pour un produit de vote en ligne connecté à une blockchain (Ethereum). C'est le plus haut niveau de sécurité pour une solution de vote électronique.

Seule une poignée de plateformes de vote en ligne, auditées par des tiers comme l'a été V8te, puisque la Cnil elle-même ne délivre aucune certification, respectent ces recommandations. Et aucune n'utilisait jusqu'à présent la blockchain.

Ce niveau 3 correspond à une solution permettant "la transparence de l’urne pour tous les électeurs à partir d’outils tiers", disposant d’une infrastructure impliquant un système de redondance pouvant "prendre le relais en cas de panne du système principal et offrant les mêmes garanties et caractéristiques", et permettant "le contrôle automatique et manuel par le bureau électoral de l’intégrité de la plateforme pendant tout le scrutin".
 

élections professionnelles et syndicales

Fondée en mars 2020, V8te communique sur un nombre de 4000 clients, parmi lesquels l'Unsa, Orange, la RATP, la ville de Clamart dans les Hauts-de-Seine, la région Ile de France, et la CFTC. Elle réalise "plusieurs centaines de milliers d’euros de chiffre d'affaires" et détient 100% de son capital.

L'objectif de la start-up est de proposer sa solution "auprès de grands groupes et institutions pour des scrutins à grande échelle et programmés simultanément dans plusieurs régions ou pays dans le monde". Romain Menetrier, co-fondateur de la start-up d'une douzaine de personnes, explique dans un communiqué que l'évolution du protocole Ethereum vers un consensus basé sur la preuve d'enjeu et non plus la preuve de travail est un atout pour sa technologie, "qui demande à la fois sécurité, transparence et scalabilité".

Assurer la transparence et l'inviolabilité

Le système de vote en ligne de V8te s'appuie sur des mécanismes de chiffrement validés par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi). Concrètement, le votant envoie son bulletin de vote à partir de son ordinateur, son smartphone ou sa tablette. Les inscrits reçoivent un identifiant personnel et un mot de passe, utilisables une seule fois. La plateforme produit un jeton ou une clé servant à assurer l'anonymat du vote. Lorsque le votant se déconnecte, le jeton de vote est automatiquement supprimé. Le votant a la possibilité de vérifier lui-même que son bulletin est bien contenu dans l’urne virtuelle décentralisée, n’a pas été modifié et a bien été comptabilisé.

Il est possible d'accéder à "l'urne digitale" pour vérifier que tous les bulletins collectés proviennent d’électeurs légitimes et que les résultats proclamés correspondent bien aux suffrages exprimés. "Lorsque la loi le permettra, les citoyens pourront ainsi utiliser notre solution de vote lors d’élections officielles, nationales et européennes", déclare Guillaume Odriosolo, CEO et co-fondateur de V8te.

La plateforme de vote en ligne de la start-up est référencée par la direction interministérielle du numérique (Dinum) et auditée par Orange Cybersécurité. Elle permet de réaliser tous types de scrutins : à bulletin secret ou à main levée, vote par procuration, assemblées générales, élections professionnelles… V8te facture sa solution selon le nombre de votes et de votants, de 0 à 1590 euros par an pour les entreprises, et propose en sus des options telles que l'établissement d'un procès-verbal, l'intervention d'un huissier de justice, ou encore un service de hotline.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.