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La start-up Varjo lance le VR-1, son casque de réalité virtuelle pour les pros, à 5995 euros

Vidéo Varjo, une jeune pousse finlandaise fondée par d'anciens ingénieurs de Nokia, lance son casque de réalité virtuelle sur le marché. Baptisé VR-1, il utilise un système d'affichage novateur qui permet une résolution inégalée au centre de ses écrans. Il se destine exclusivement au monde de l'entreprise (design industriel, simulation, architecture), et est vendu 5995 euros, sans inclure de système de tracking ni de contrôleurs.

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La start-up Varjo lance le VR-1, son casque de réalité virtuelle pour les pros, à 5995 euros
La start-up Varjo lance le VR-1, son casque de réalité virtuelle pour les pros, à 5995 euros © Varjo

La start-up finlandaise Varjo a annoncé le 19 février 2019 la sortie du VR-1, son casque de réalité virtuelle à très haute résolution. La jeune pousse, basée à Helsinki, a été fondée en 2016 par des anciens de Nokia. Elle travaille depuis sa création à la mise au point d'un casque VR utilisant un double système d'affichage, dont la zone centrale dispose d'une très haute résolution.

 

Un système de "double affichage" avec une zone plus nette au centre

Le principe est simple : de petits écrans OLED de type "microdisplay" sont superposés au centre d'écrans AMOLED classiques plus larges. Le résultat est une zone centrale beaucoup plus nette que le reste, avec une résolution qui dépasse largement le niveau des casques de réalité virtuelle du marché.

 

L'Usine Digitale a eu l'occasion de tester plusieurs prototypes de Varjo par le passé et nous avions été impressionnés par leur qualité d'affichage. Varjo a amélioré l'appareil depuis, s'assurant en particulier un passage plus "doux" entre les zones d'affichage centrales et périphériques (alignement, couleurs). Il faut cependant bien noter que seule une petite zone statique profite de cette netteté supérieure, le reste étant au même niveau qu'un HTC Vive Pro. Il faut donc bouger la tête tout en gardant les yeux bien fixes au centre de l'image pour vraiment en profiter.

 


La taille de la zone "ultra nette" d'après Varjo

 

Un champ de vision de seulement 87°

Les écrans "de contexte" du VR-1 ont une résolution de 1440 x 1600 par œil pour un champ de vision de 87°, soit une densité de pixels d'environ 690 ppi. Les écrans centraux ont de leur côté une densité de 3000 ppi (avec une résolution de 1920 x 1080 mais sur un plus petit espace) et occupent environ 20° au centre du champ de vision. La fréquence de rafraîchissement est de 90 Hz pour les écrans de contexte et de 60 Hz pour les microdisplays.

 

Le VR-1 est par ailleurs équipé d'un système de suivi des yeux conçu en interne par Varjo. Il peut être utilisé pour interagir avec les applications et sert à calibrer l'écart interpupillaire. Il peut probablement aussi servir à faire de l'analyse sur les zones regardées par l'utilisateur, même si ce n'est pas spécifié par Varjo.

 

Du côté de l'ergonomie, le VR-1 est plus lourd que la moyenne : il pèse 605 grammes sans le système d'attache et 905 g tout compris. Pour référence, le HTC Vive Pro pèse 470 g. Le casque est doté de deux boutons ("système" et "application") et d'un port jack 3,5 mm pour brancher des écouteurs.

 

Marchés visés : simulation, conception industrielle, architecture

Varjo destine strictement le VR-1 au monde professionnel, et cela se reflète dans son prix. Il est vendu 5995 euros et s'accompagne obligatoirement d'une licence qui ajoute 995 euros à la somme. Cette licence d'une validité d'un an autorise l'utilisation du système de suivi des yeux de Varjo, donne accès à un service après vente avec réponse sous un jour ouvré, et inclut une garantie d'un an.

 

Les marchés mis en avant par Varjo sont ceux de la simulation et de la formation (chirurgie, aviation), la conception industrielle (automobile) et l'architecture. Des cas d'usage où disposer d'une haute résolution est particulièrement utile. L'entreprise présente quatre témoignages clients sur son site : Foster + Partners, Saab AB, Audi, et Siemens PLM Software. Clientèle professionnelle oblige, un soin particulier a été accordé aux lentilles (qui ne sont pas des lentilles de Fresnel) et à la calibration de la couleur des écrans.

 

 

Vendu 5995 euros, mais sans balises Lighthouse ni contrôleurs

Fait notable : le VR-1 est compatible avec le système de tracking SteamVR mais ni contrôleurs, ni balises Lighthouse ne sont inclus. Le VR-1 ne peut pas non plus être utilisé avec les contenus publiés sur Steam à l'heure actuelle. Il est cependant compatible avec plusieurs outils professionnels dont les moteurs Unreal Engine et Unity, et les logiciels Autodesk VRED, ZeroLight, VBS Blue IG et Prepar3d. Un SDK est également fournit pour les clients souhaitant utiliser l'appareil avec leur propre moteur 3D.

 

La configuration minimale pour utiliser le VR-1 selon Varjo est un ordinateur portable sous Windows 10 équipé d'un Core i7-6700 et d'une GeForce GTX 1080. Reste à voir quelles applications (et quelles scènes) peuvent tourner avec ce matériel. Côté AMD, les CPU sont acceptés, mais pas les cartes graphiques. Il faut par ailleurs impérativement 2 ports DisplayPort 1.2 et un port USB-A 3.0.

 

 

Une approche technologique intéressante en 2019... mais en 2022 ?

Le VR-1 arrive sur le marché à un moment intéressant. Le Vive Pro Eye, qui sortira cet été, est moins cher mais ne fait pas le poids au niveau de la résolution. Quant au StarVR One, qui aurait pu faire figure de concurrent (avec d'autres avantages que la résolution), il semble définitivement hors jeu.

 

Pour autant, la viabilité de Varjo à moyen terme n'est pas garantie. Son système est impressionnant en l'état, mais la résolution des écrans augmente chaque année, et il viendra un point où un double affichage n'aura plus beaucoup d'intérêt. La promesse d'origine de l'entreprise était d'utiliser le suivi des yeux pour faire se déplacer la zone d'affichage central en fonction du regard de l'utilisateur, créant un effet de "rendu fovéal" physique. Mais cela s'est avéré plus difficile qu'escompté. Y parviendra-t-elle avait que cela n'ait plus d'importance ? Dans l'intervalle, la société prévoit toujours de commercialiser un module additionnel permettant au VR-1 de faire de la réalité augmentée "avant la fin de l'année".

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