La start-up Venture Orbital Systems lève 10 millions d'euros et devient Latitude

Installée à Reims, la start-up Venture Orbital Systems ambitionne de conquérir le secteur des micro-lanceurs spatiaux pour nanosatellites. Elle vient de recevoir la première version du moteur de sa fusée, imprimé en 3D. Pour préparer son premier lancement, prévu en 2024, la start-up finalise une levée de fonds de dix millions d’euros et change de nom, devenant "Latitude".

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La start-up Venture Orbital Systems lève 10 millions d'euros et devient Latitude
Moteur de fusée Navier Mark I, imprimé en 3D. Il est destiné au micro-lanceur Zéphyr de la start-up française Latitude.

45 centimètres et 30 kilos pour une poussée de 1,2 tonne. Les deux premiers moteurs Navier Mark I de la pépite rémoise Venture Orbital Systems viennent d’être livrés en cette fin juin 2022. Entièrement fabriquée par impression métallique 3D par la PME luxembourgeoise Saturne Technology, cette première version du moteur vient bouleverser l’univers de l’aérospatial.

Alors que le secteur devait prévoir des mois de conception pour un tel équipement, la start-up et son partenaire ont réduit la durée de fabrication à quelques jours à peine. "Cette technique participe à ce que nous puissions proposer des prix compétitifs pour le lancement de nanosatellites d’ici la fin d’année 2024", précise Stanislas Maximin, CEO et co-fondateur de Venture Orbital Systems.

Fabriqués à partir d’une imprimante SLM 500 et d'une poudre d'Inconel 718, les deux moteurs sont constitués d’un alliage à base de nickel, tandis que l’Inconel 718 a l’avantage de présenter une résistance thermique exceptionnelle jusqu'à 700 °C et une forte résistance à l'oxydation et à la corrosion. La jeune entreprise créée en 2019 va pouvoir peaufiner son concept pour développer le Navier Mark II, l’itération moteur qui sera utilisée pour propulser la fusée Zéphyr lors de son vol orbital inaugural.

Une levée de 10 millions pour poursuivre l’ascension

Pour poursuivre son envol, Venture Orbital Systems finalise une levée de fonds de dix millions d’euros et fait évoluer sa marque pour devenir Latitude. "Cette levée va nous permettre de tester le moteur de la fusée, de designer la version II mais aussi de faire avancer nos systèmes logiciels, électriques et structurels", indique Stanislas Maximin.

Des partenaires comme Crédit Mutuel Innovation, Expansion, fonds dédié à l’Aérospatial et la Défense et le fonds French Tech Seed géré pour le compte de l’Etat par Bpifrance dans le cadre de France 2030 rejoignent l’investisseur historique UI Investissement et un groupe d’investisseurs industriels. La start-up qui compte actuellement 60 salariés prévoit d’atteindre 80 effectifs d’ici la fin 2022.


En 2021, plus de 500 satellites de moins de 100 kilos ont été envoyés dans l’espace. De son côté, Latitude espère à terme réaliser 50 lancements par an pour envoyer 200 à 300 satellites en orbite. "La réception des deux premières itérations de notre moteur Navier Mark 1 marque une étape essentielle dans la concrétisation de notre projet", souligne son CEO.

ouverture d'Une usine à Reims prévue en 2025

Si aujourd’hui Latitude s’appuie sur une centaine de sous-traitants, majoritairement français mais aussi européens, allant de la start-up et la PME aux grands groupes comme Safran ou Eiffage, elle affiche sa volonté d’internaliser la conception de sa fusée pour garantir tant la souveraineté du processus que la réduction des coûts.

"Actuellement, nos concurrents américains proposent d’envoyer un kilo dans l’espace pour 70 000 à 80 000 dollars. Nous prévoyons de le faire pour 25 000 à 35 000 euros", détaille Stanislas Maximin. Pour y parvenir, le co-fondateur planche sur la future usine de production prévue au premier trimestre 2025 et implantée à Reims sur quatre hectares. "En condition optimale, nous pourrons produire une fusée par semaine."

Le dirigeant entend ainsi répondre aux besoins de trois catégories de clients : les agences spatiales, laboratoires de recherche et universitaire d’une part, le marché de la défense d’autre part mais surtout, au secteur commercial, de la télécommunication à l’observation terrestre nécessaire tant en météorologie qu’en agriculture. Par exemple en passant par les acteurs du positionnement et de la localisation, de l’assurance pour les catastrophes naturelles ou même la détection des gaz à effet de serre.

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