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La stratégie du gouvernement pour aider les start-up industrielles et deep tech

Le gouvernement a dévoilé une nouvelle stratégie pour aider les deep tech et les start-up industrielles. Ce nouveau dispositif d'accompagnement, doté d'une enveloppe globale de 2,3 milliards d'euros, va au-delà du financement. En combinant apport financier et accompagnement personnalisé, l'objectif est de parvenir à ce qu'une centaine de sites industriels soient créés par an à l'horizon 2025.
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La stratégie du gouvernement pour aider les start-up industrielles et deep tech
Ynsect fait partie des start-up industrielles qui construit ses usines de production en France. © Ynsect/Facebook

Les start-up à vocation industrielle peinent à passer à l'échelle. Pourtant, ces dernières voient le jour dans des secteurs stratégiques, comme Exotec, InnovaFeed, Ynsect ou Afyren. Elles sont essentiellement basées en dehors de l'Ile-de-France et peuvent créer usines et emplois partout sur le territoire. Face à ce constat, le gouvernement a présenté une nouvelle feuille de route mercredi 19 janvier 2022 visant à aider les deep tech et les start-up industrielles.

Une enveloppe de 2,3 milliards d'euros
Les besoins de financement très importants des start-up industrielles, qui peuvent aller de quelques dizaines de millions d'euros pour réaliser un démonstrateur à quelques centaines de millions d'euros pour construire une usine, sont un frein à leur développement. Les technologies qu'elles mettent au point ne sont pas toujours connues des investisseurs, le chiffre d'affaires prévisionnel est difficile à établir et l'investissement est souvent jugé risqué.

"Les freins à l'industrialisation sont encore nombreux et notre stratégie a vocation à répondre à ces défis, tant en termes de financement que d'accompagnement", déclare Cédric O, le secrétaire d'Etat chargé de la transition numérique. Au total, une enveloppe de 2,3 milliards d'euros est débloquée avec le double objectif de passer à l'horizon 2025 de 200 à 500 nouvelles deep tech par an et à la création d'une centaine de sites industriels chaque année. Sur cette somme, 1 milliard d'euros sont issus du Programme d'investissements d'avenir (PIA), le reste provient du plan France 2030 annoncé par Emmanuel Macron en octobre 2021.

Le financement direct des start-up industrielles
Pour le volet financement, l'idée est de leur permettre de passer de la R&D au démonstrateur, puis au pilote et à la première usine. Un appel à projets est ouvert dès aujourd'hui, et sur une durée de quatre ans, pour toutes les start-up qui veulent ouvrir leur première usine, que ce soit un démonstrateur, une unité de production mutualisée, etc. Cet appel à projets est doté d'une enveloppe de 550 millions d'euros.

En complément, la Banque publique d'investissement propose des prêts garantis pour faciliter la transition de la phase du prototype à celle de l'industrialisation. Au total, 150 millions d'euros en prêts garantis peuvent être accordés dans des montants allant de 3 à 15 millions d'euros et devant être remboursés sur 10 à 15 ans.

Enfin, pour aider les start-up à passer du démonstrateur à l'usine, un fonds doté d'un milliard d'euros va être lancé. Concrètement, ce fonds est le successeur du fonds SPI (fonds d'investissement sociétés de projets industriels) qui a déjà investi dans plus de 20 start-up depuis sa création. Le but ici est de financer à la fois des projets en avance de phase avec des investissements allant de 1 à 50 millions d'euros, et des projets plus murs avec des tickets allant de 5 à 200 millions d'euros.

275 millions d'euros pour les deep tech
Toutes les deep tech ne sont pas nécessairement des start-up industrielles, mais 40% d'entre-elles le sont et peuvent alors bénéficier de ces accompagnements. Pour les autres deep tech, une enveloppe de 275 millions d'euros leur est consacrée. Cette enveloppe est ouverte dans la continuité du plan deep tech présenté en 2019.

Cette somme sera notamment investie dans des dispositifs de financements gérés par Bpifrance que ce soit des aides au développement des deep tech ou la Bourse French Tech Emergence, ainsi que pour accompagner la création de start-up issues de laboratoires de recherche.

Un fonds de capital risque industriel
Le gouvernement annonce également la création d'un fonds national de "venture industriel" qui a pour but de faire émerger des fonds de capital-risque à vocation industrielle. Concrètement, ce fonds géré par Bpifrance est doté d'une enveloppe de 350 millions d'euros avec comme objectif de faire émerger des fonds privés. Ce fonds va voir le jour au premier semestre 2022 et réalisera ses premiers investissements dans l'année.

Un guichet unique piloté par la Mission French Tech
Côté accompagnement, les start-up pourront retrouver tout un ensemble d'informations via un guichet unique piloté par la mission French Tech. Le système ressemble à ce qui a été mis en place pour les start-up des French Tech 120 et Next 40. Les jeunes pousses pourront avoir toutes les informations nécessaires sur les financements possibles et être dirigées vers le bon interlocuteur (comme Bpifrance ou la Banque des territoires), accéder aux personnes qualifiées pour évoquer les sujets de réglementation ou traitant du foncier par exemple.

Ce guichet unique est disponible dans une version expérimentale et sera généralisé dans les prochaines semaines ou les prochains mois.

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1 commentaire

verdarie
20/01/2022 09h29 - verdarie

"Les technologies qu'elles mettent au point ne sont pas toujours connues des investisseurs, le chiffre d'affaires prévisionnel est difficile à établir et l'investissement est souvent jugé risqué." Les investissements sont d’autant plus risqués qu’on accepte la concurrence des Chinois et des Américains qui ne se gênent pas pour copier les modèles qui marche, les faires construire dans des pays pauvres, puis revenir nous vendre moins cher ce qu’on avait imaginé. Il est là le véritable scandale de l’Europe qui laisse nos adversaires nous dépouiller de nos savoirs et savoirs faires. Les milliards qu’on dépense pour faire émerger ces projets en réalité ne servent que nos adversaires qui peuvent les racheter lorsque ces projets sont murs avec les milliards qu’elles dégagent grâce à cette concurrence qui ressemble plus à un pillage organisé par les lobbys.

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