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La technologie de Scandit améliore le scan des colis de La Poste

Cas d'école La société Scandit, fondée en 2009, a mis au point un logiciel de scan de codes-barres mêlant vision par ordinateur et apprentissage automatique, qui est notamment derrière la célèbre application Yuka. Retour sur un cas d’école réussi avec La Poste, mais également sur les autres cas d’usage sur laquelle l’entreprise suisse planche pour devenir l’acteur incontournable de l’acquisition de données en mobilité.
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La technologie de Scandit améliore le scan des colis de La Poste
La technologie de Scandit améliore le scan des colis de La Poste © Scandit

Plus grand prestataire de distribution de courrier en France, La Poste est responsable de la distribution de 23 milliards d’articles par an. Alors que le groupe emploie plus de 90 000 transporteurs de courriers et colis dans ses bureaux et centres de distribution, les activités postales représentant plus de la moitié de ses bénéfices. Pour assurer un rendement opérationnel et la livraison, elle utilise depuis 2014 une application Android sur des smartphones intégrant un logiciel de lecture de codes-barres en open source pour la preuve de livraison, le suivi et le repérage, et autres flux de travail.

 

"Nous avons constaté des taux d’erreurs importants avec le logiciel de lecture en open source, explique Pierre Prygoda, responsable du service informatique de La Poste. Or la précision de lecture est une composante cruciale de notre processus de livraison. Toute erreur ou lecture incorrecte peut entraîner une livraison de courrier à une mauvaise adresse". En cause, des faux positifs, c’est-à-dire des erreurs de lecture qui aboutissent à un colis livré à une autre adresse, et dont le statut est néanmoins affiché correctement sur le tableau de bord. "C’est préjudiciable en termes de temps, d’argent et de réputation", poursuit-on chez La Poste.

 

Eliminer les faux positifs

La Poste décide en 2017 de faire des tests avec la société suisse Scandit. Créée en 2009, l'entreprise basée à Zurich propose à ses débuts un logiciel de scan de code-barres pour smartphone. A l’époque, les téléphones intelligents sont encore peu répandus et les entreprises utilisent davantage des pistolets scanners souvent coûteux. "Notre technologie s’applique partout où il y a des codes-barres, explique Georges Lagardère, directeur des ventes de Scandit France. Aussi bien en magasin pour réaliser un inventaire et vérifier les stocks qu’en entrepôt pour faire du track and trace". Progressivement, le software s’appuie sur une plate-forme de capture de données mobile via des technologies brevetées de vision par ordinateur et d’apprentissage automatique. Une technologie qui permet notamment de lire des codes-barres détériorés, par la pluie par exemple, ou déchirés, "dans 99,9% des cas", assure Georges Lagardère.

 

Des premiers tests sont réalisés par La Poste en 2017 afin, dans un premier temps, de mesurer les retours des utilisateurs. Dans un second temps, des expérimentations quantitatives sont menées pour comparer directement la performance des smartphones (Android) utilisant la lecture en open source et ceux fonctionnant avec le logiciel Scandit. Plusieurs transporteurs de courriers sont alors équipés d’une version de l’application munie du kit de développement Scandit pour la lecture de codes-barres. "Durant le test complet réalisé par La Poste, Scandit a surpassé l’option en open source, poursuit Pierre Prygoda. Les transporteurs ont eu un retour très positif et ont confirmé que la lecture était beaucoup plus rapide et générait beaucoup moins d’erreurs". La rapidité de l’application se note à la fois au moment du scan, mais également au lancement du logiciel et parce qu'elle offre la possibilité d’exécuter très vite plusieurs scans à la suite.

 

90 000 smartphones équipés d'ici 3 ans

La Poste chronomètre le temps passé par les transporteurs de courriers à traiter les documents par lots de 50 sur différents appareils, notamment des modèles Samsung et Huawei. Les résultats montrent que l’utilisation de l’application intégrant le système Scandit est 55% plus rapide par document traité. "Avec des millions de scans par mois en France, ces secondes se cumulent rapidement en gains d’efficacité importants", poursuit l’entreprise française. Par ailleurs, la solution affiche de meilleures performances en matière d'autofocus, de lecture sous différents angles et sous diverses conditions d’éclairage. Autre avantage : aucune formation n’est nécessaire pour les utilisateurs. Le développement global s’est fait sur 3 à 6 mois.


En juin 2018, La Poste lance un appel d’offres, remporté par la firme suisse. Le groupe décide de déployer l’appli Scandit, désormais disponible chez Chronopost, La Banque Postale et Pickup Services, sur 90 000 smartphones au cours des trois prochaines années. Ce déploiement progressif s’explique par le fait que l’application peut fonctionner parallèlement aux appareils de saisie de données existants de La Poste. Le coût du déploiement n’est pas communiqué. 

 

Des projets d'applications en réalité augmentée

Scandit, qui emploie 200 personnes et revendique un millier de clients, a également intégré son logiciel dans des applications bien connues du grand public. La société suisse est ainsi derrière les apps Yuka et UFC-Que Choisir, qui permettent de scanner les emballages de produits de grande consommation. "On peut aussi imaginer dans le secteur de la livraison une interface BtoC pour qu’un client puisse suivre un colis en temps réel en scannant le récépissé sans devoir entrer le numéro de colis", ajoute Georges Lagardère.

 

Dans les cartons de l’entreprise, un projet de scan de plusieurs codes simultanément, un cas d’usage qui pourrait intéresser les acteurs de la logistique. "La caméra détecte alors plusieurs codes-barres, comme l’origine, le destinataire, le code d’usine…", énumère Georges Lagardère. Autres développements en cours : l’ajout d’informations en réalité augmentée en temps réel – une info relative à un site de déchargement de marchandise par exemple – et la reconnaissance de texte. "L’OCR (reconnaissance optique de caractères) peut s’avérer très utile pour éviter à l’opérateur de saisir les adresses manuellement",  poursuit-il.

 

Soutenue par Google Ventures, qui a participé à sa levée de fonds de 30 millions de dollars en 2018, la firme a séduit Sephora, Louis Vuitton, DHL ou encore Auchan. Dans le retail européen, elle compte parmi ses clients Migros et Coop. En France, elle serait en passe de signer avec une enseigne française pour une application de scan en caisse. Scandit veut devenir le spécialiste de l’acquisition de données en mobilité, bien au-delà du scan de codes-barres.

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