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La téléconsultation n'a été testée que par 6% des Français en 2019, selon un sondage

Étude La télémédecine n'a pas encore très bonne presse. Accusée de déshumaniser la relation patient/médecins, elle n'a été utilisée que par 6% des personnes interrogées dans le cadre d'un sondage. De leurs côtés, les professionnels de santé sont encore dubitatifs sur cette pratique, notamment parce qu'ils estiment ne pas avoir les bons outils "techniques".  
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La téléconsultation n'a été testée que par 6% des Français en 2019, selon un sondage
La téléconsultation n'a été testée que par 6% des Français en 2019, selon un sondage © Unsplash/National Cancer Institute

80% des Français connaissent le terme de "télémédecine" qui regroupe "les actes médicaux, réalisés à distance, au moyen d'un dispositif utilisant les technologies de l'information et la communication" (décret de 2010). Ils ne sont pourtant que 6% à avoir eu recours à la téléconsultation, soit le fait de réaliser une consultation médicale à distance. Ce paradoxe a été mis en lumière par la première édition du baromètre "télémédecine"* de l'Agence numérique en santé, autorité chargée d'accompagner la transformation numérique du système de santé français, dans un sondage ODOXA publié le 27 janvier 2020.

 

Des disparités géographiques

60% des personnes interrogées ont une "bonne opinion globale" de la télémédecine et 71% de ceux qui l'ont réellement testée en sont satisfaits. Mais seuls 40% des sondés aimeraient y avoir recours avec de grandes disparités géographiques. L'Ile-de-France (44 %), l'Occitanie (45%) et les Pays de la Loire (45%) sont les trois régions qui ont le plus envie de tester cette pratique. A savoir également que 75% des sondés estiment que la télémédecine déshumanise la relation patient/médecin.

 

 

La télémédecine est exécutée dans trois lieux principaux : au domicile des personnes, dans les établissements et les maisons de retraite. Le sondage met en avant que, pour l'instant, les patients ont recours à la téléconsultation pour "des actes particulièrement bureaucratiques ou répétitifs" comme le renouvellement d'une ordonnance, poser des questions à son médecin ou échanger des informations sur des résultats d'examen.

 

De leur côté, les soignants estiment que la télémédecine n'est pas une pratique adaptée pour la gestion de la douleur où le présentiel doit primer. Cette étude montre donc la difficulté pour la télémédecine d'élargir son application à d'autres cas d'usages. 

 

35% des médecins refusent la télémédecine

Le sondage propose des pistes d'amélioration. La première doit être axée sur les professionnels qui sont en fait très peu à utiliser la télémédecine. Ils invoquent l'absence d'outils adaptés (50%) mais disent aussi avoir une préférence pour le présentiel (33%). 35% des médecins interrogés estiment qu'ils n'auront jamais recours à cette pratique. C'est un chiffre qui semble un peu inquiétant lorsque l'on apprend que 62% des patients sont prêts à passer le cap à condition que leur professionnel de santé les y encouragent. L'étude propose un levier d'amélioration : transmettre la bonne information aux médecins. Reste à savoir si cette manette suffira à orienter les praticiens vers cette nouvelle manière de pratiquer la médecine.

 

*Méthodologie : l'enquête a été réalisée auprès d'un échantillon de Français et de professionnels de plus de 18 ans par internet entre le 13 et le 25 novembre 2019. Elle a été effectivement auprès d'un échantillon de 3012 personnes dont un sous-échantillon de 2630 patients ayant eu dans l'année une consultation en cabinet (84%) ou à l'hôpital (60%). De leur côté, 522 professionnels de santé ont été interrogés dont 254 médecins et 268 infirmiers ou infirmières.

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