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La télévision va-t-elle dans le Cloud?

La télévision est déjà dans le Cloud et le phénomène ne fait que s’accélérer. Pour Damien Lucas, CTO et co-fondateur d’Anevia, en démultipliant les services et en rendant l’expérience plus riche, c’est l’infrastructure informatique qui va différencier l’offre.

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La télévision va-t-elle dans le Cloud?
La télévision va-t-elle dans le Cloud? © DR

Si cette question était le titre d’une série, nous en serions déjà à la saison 2 : la télévision est déjà dans le Cloud et le phénomène ne fait que s’accélérer. Portée par la marée montante des nouveaux appareils, usages et services, la dématérialisation présente aux opérateurs et fournisseurs de contenu autant de défis que d’opportunités.

Je me suis toujours promis d’épargner à mes enfants le feuilleton à papa du dimanche sur la grande télé du salon. Mission accomplie, et si victoire il y a, je la dois moins à ma passion pour Disney qu’à l’avancée des technologies. N’en déplaise à mon père, l’heure des programmes télés dans la presse du samedi et de la vidéo cantonnée aux frontières franco-françaises a bel et bien sonné pour laisser place à l’ère du partout-tout-le-temps.

Du contenu aux services

La télé a donc pris ses aises dans le Cloud et semble vouloir s’y installer : la faute à la prolifération d’appareils nouveaux qui repoussent sans cesse l’horizon des usages et services. Le Cloud est en effet le seul moyen de rendre un contenu accessible à tout instant, à Rio ou Abidjan, sur tablette ou grand écran. C’est aussi lui qui va rendre les services nomades. Replay, ‘pause’ et ‘start-over’ ne pourront survivre bien longtemps à l’espace confiné de leur box : l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt pour commencer un film sur iPhone dans le métro pour en regarder la fin sur PC avant d’aller se coucher.

Autre espèce en voie de dématérialisation : l’enregistrement. Mon père a beau revendiquer la grande qualité de sa collection VHS, il n’a déjà plus de lecteur pour le prouver. Comparée au milliard d’heures de vidéo consommées sur Netflix tous les mois, la somme de toutes les productions au format analogique ressemble déjà à une vulgaire note en bas de page. Même le DVR, dans la mesure où il est resté prisonnier des box, a du souci à se faire. Aujourd’hui, le monde entier veut accéder à ses enregistrements comme il accède à ses photos ou ses mails, sur un serveur dont il ne connaîtra jamais l’adresse physique mais qui lui sera toujours accessible. Et si la question des droits des contenus demeure, c’est qu’elle doit se réinventer à son tour dans la grande redistribution des cartes de l’offre et de la demande.

Infrastructures et investissements

Aux opérateurs et fournisseurs de contenu, donc, de se doter d’une infrastructure informatique capable d’étancher notre soif de liberté en livrant la vidéo sur les nouveaux réseaux : IP, ADSL, 3G, wifi, etc. Dans un océan d’appareils dits "intelligents", c’est là que se joue la capacité de la télévision à le devenir : en démultipliant les services et en rendant l’expérience plus riche, c’est l’infrastructure informatique qui va différencier l’offre.

Encore faut-il disposer, à l’interne, des compétences nécessaires pour surfer sur une courbe d’apprentissage de cette ampleur sans jamais s’essouffler ni perdre pied. Tout le monde n’étant pas Netflix, la perspective de pouvoir s’appuyer sur un fournisseur Cloud relève donc de l’irrésistible.

C’est là que l’inconnue technologique rejoint le facteur économique dans la grande équation du Cloud : déployer de telles infrastructures a un coût, et il est énorme. Or le consommateur n’attend pas : il faut aller vite, partout, toucher un public toujours plus large, le tout avec des abonnements mensuels qui plongent sous la barre psychologique des dix dollars.

Face à une telle conjonction de défis, seul le recours à un fournisseur Cloud permet aux opérateurs et fournisseurs de contenu de rééquilibrer les poids CAPEX et OPEX dans la grande balance des investissements.

Et qui dit réduction des CAPEX dit barrières plus faciles à franchir pour les nouveaux entrants, ravis de reléguer le spectre des infrastructures hertziennes au musée de la préhistoire. Et à en croire l’explosion des Studio Bagel, Euronews Knowledge et autres Golden Moustache, le paysage audiovisuel est bel et bien en train de s’ouvrir. Excellente nouvelle pour les consommateurs et nouvelles opportunités en vue pour les opérateurs qui, l’air de rien, se retrouvent propulsés au cœur des nouveaux réseaux de distribution.

Damien Lucas, co-fondateur et directeur technique d’Anevia

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