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La vérité sur l'emploi des jeunes diplômés dans le numérique

Document Comme chaque année, l'association pour l'emploi des cadres (Apec) publie à la fin du mois de septembre une enquête sur l'insertion professionnelle des jeunes diplômés, soit sur la situation professionnelle des Bac+5 et plus diplômés en 2014. Focus sur la situation des jeunes qui ont choisi les métiers du numérique, avec Pierre Lamblin, le directeur des études et de la recherche de l'Apec.

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La vérité sur l'emploi des jeunes diplômés dans le numérique
Un jeune diplômé de l'informatique gagne l'équivalent de 14 mois du salaire des autres. © Antonia Machayekhi

Pour les jeunes diplômés, le marché de l'emploi reste tendu. Si leur situation est meilleure que celle d'autres catégories de la population - à commencer par les jeunes non qualifiés sans emploi - les résultats de l'enquête annuelle de l'Apec montre aussi qu'ils subissent aussi la dégradation du marché du travail. Or ils sont de plus en plus nombreux à sortir du système d'enseignement supérieur. Leur taux d'emploi atteint 62 %, soit le même niveau que l'an dernier, mais moins bien qu'en 2010. En outre, leurs conditions de travail sont moins bonnes affirme Pierre Lamblin, le directeur des études et de la recherche de l'Apec : "le taux de cdi ou de postes cadres occupés est en recul significatif."

 

Pourtant, il existe un secteur où les jeunes diplômés s'en sortent plutôt mieux qu'ailleurs : l'informatique. Pour les jeunes qui ont suivi cette voie, que ce soit à l'université ou dans une école d'ingénieur, le taux d'emploi atteint 71 %. 87 % de ceux qui ont un poste ont le statut cadre (contre 56 % en moyenne) et 79 % ont un CDI. Le salaire moyen observé atteint 31 200 contre 26 500 euros tous secteurs confondus. Travailler dans l'informatique garantit l'équivalent de plus de deux mois de salaire supplémentaire.

 

Un secteur qui fait moins rêver qu'il n'embauche

Pourtant, le numérique ne fait pas toujours rêver les jeunes diplômés. L'Apec leur a demandé cette année ce qu'ils aimeraient faire et seulement 5 % répondent de l'informatique, quand ce secteur représente finalement 9 % des emplois. C'est dire qu'il y a quasiment deux fois plus d'emplois dans ce secteur que de jeunes qui veulent y travailler.

 

"Certains jeunes qui cherchent du travail depuis plusieurs mois devraient avoir ces données en tête. Je ne dis pas que tout le monde doit faire de l'informatique, mais je pense que certains candidats restreignent le champ des possibles et passent à côté de vraies possibilités", considère Pierre Lamblin. Pas tous évidemment. Pour un jeune diplôme en droit ou en sociologie, trouver du travail dans l'informatique ne sera pas forcément aisé, mais pour des jeunes chimistes qui disposent d'une formation scientifique et d'un bagage technique, il peut y avoir des possibilités dans l'informatique, en suivant une formation d'entreprise. Encore faut-il le savoir et le vouloir.

 

De là à parler de postes non pourvus dans ce secteur, il y a un pas que le directeur de l'Apec ne veut pas franchir. "Je préfère parler de métier en tension, car sur le marché des cadres les postes durablement non pourvus n'existent pas vraiment. Les employeurs sont nombreux à vouloir des jeunes avec 1 à 10 ans d'expérience, c'est-à-dire formés, mobiles et avec une rémunération raisonnable ". S'il peut y avoir des manques durant un temps, les employeurs revoient leur critères ce qui bénéficie aux plus jeunes ou à ceux qui ont plus de 10 ans d'expérience.

 

Parmi les métiers en tension, ceux de développeur ou de consultant restent très recherché. Car même si les start up font beaucoup parler d'elles, le gros des troupes rejoingnent soit des entreprises de services numériques, soit des grands comptes. Un tiers des diplômés en informatique qui sont en emploi travaille dans une entreprise de plus de 5000 salariés. A l'autre extrémité du spectre, seulement 11 % sont employés par des entreprise employant moins de 20 salariés.

 

Les nouveaux métiers... émergent

De même, certaines matières émergentes comme le big data, les métiers du cloud, restent beaucoup moins demandés qu'on ne pourrait le penser. L'Apec a fait une étude début 2015 sur les métiers émergents sur son panel d'offres diffusées. En quatre ans, le nombre d'annonces pour des ingénieurs cloud et virtualisation atteint 10 000 offres, soit 2500 par an. Pour les trafic managers, ce ne sont que 600 annonces enregistrées en quatre ans ! Les gros bataillons de l'emploi informatique ne sont donc pas là.

 

Pourtant, Pierre Lamblin en est convaincu : "les besoins en emplois de demain seront aussi dans l'informatique. La transformation digitale en cours va toucher toutes les entreprises. C'est certain. Ce que je ne peux pas prévoir, c'est quel sera le volume d'emplois disponibles l'an prochain ou dans cinq ans. " D'ores et déjà, une statistique le confirme : 3 % des diplômés en physique chimie biologie géologie travaille aujourd'hui dans l'informatique. La proportion atteint 10 % pour les élèves sortant d'école de commerce.

 

Pour lire l'intégralité l'étude de l'Apec : 

Jeunes diplômés sortants 2015 etude APEC

 
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