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La vidéo a représenté plus de la moitié du trafic Internet en France en 2021

En 2021, 51% du trafic vers les clients des fournisseurs d'accès français provenait de contenus vidéos. Netflix, à lui seul, concentre 20% du trafic. Derrière ces chiffres se profile une bataille entre la Commission européenne et les plateformes de streaming sur la rémunération des opérateurs télécoms et la contribution aux infrastructures.
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La vidéo a représenté plus de la moitié du trafic Internet en France en 2021
La vidéo a représenté plus de la moitié du trafic Internet en France en 2021 © Unsplash

Netflix a beau perdre des clients et se trouver dans une mauvaise passe économique, son trafic continue de peser très lourd en France, et même de plus en plus lourd. Dans son rapport sur l'état de l'Internet en France, publié ce jeudi 30 juin, l'Autorité de régulation des télécoms, l'Arcep, fait ressortir ce chiffre : 20% du trafic vers les clients des fournisseurs d'accès à Internet (FAI), en France, provient de Netflix, qui creuse l'écart avec les autres fournisseurs de contenu.
 

trafic en hausse de 25% en 2021

Plus largement, 51% du trafic vers les clients des principaux FAI français provient d’acteurs qui fournissent des contenus vidéos consommateurs en bande passante : Netflix, Google (Youtube), Akamai (un CDN, ou content delivery network, c'est-à-dire un réseau de distribution de contenu qui rapproche le stockage des données de leur lieu de consommation), Facebook et Amazon (Prime Vidéo). L'Arcep parle d'une "concentration de plus en plus nette du trafic entre un petit nombre d’acteurs dont la position sur le marché des contenus est renforcé".

De manière globale, le trafic entrant vers les principaux FAI en France a augmenté de plus de 25% en 2021, par rapport à 2020. Environ un quart de ce trafic passe par des accords de peering (interconnexion) payant entre les fournisseurs de contenus et les FAI. Les tarifs du peering payant se situent "dans une fourchette comprise entre 25 centimes d’euros HT et plusieurs euros HT par mois et par Mbit/s", indique le rapport de l'Arcep.

la balle dans le camp de la Commission européenne

Les opérateurs télécoms poursuivent depuis dix ans l'ambition de faire contribuer les plateformes de contenu au financement de leurs réseaux de communication. En mai dernier, le commissaire européen au Marché Intérieur Thierry Breton s'y est déclaré favorable, estimant qu'il fallait "réorganiser la juste rémunération des réseaux" car "les règles en place depuis vingt ans arrivent à bout de souffle". Si l'initiative se concrétise, elle pourrait passer par le projet de directive "Connectivity Infrastructures Act", attendu pour la rentrée selon Politico

Le 8 juin, 34 organisations non gouvernementales de 17 pays (pas la France) ont signé une lettre adressée à la Commission européenne s'alarmant de la menace que de telles dispositions feraient peser sur la neutralité du Net et la concurrence, et estimant que les FAI "cherchent à se faire payer deux fois pour le même service". Netflix, de son côté, est membre d'un nouveau lobby créé en mai avec d'autres acteurs de la VOD en Europe, la European VOD Coalition, dont l'un des combats sera la (non) participation des plateformes de vidéo au financement des infrastructures télécoms. 

La présidente de l'Arcep Laure de la Raudière, de son côté, aimerait avant toute chose qu'une "étude d'impact préalable" fasse le point sur les conséquences d'une modification de la répartition des coûts des infrastructures, a-t-elle déclaré sur BFMTV le 30 juin. 

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