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[La vigie avec Artefact] La carte et le territoire à l'ère de la dataviz

Tous les mois, l'agence Artefact propose pour L'Usine Digitale le décryptage d'une tendance initiée par le numérique. Aujourd'hui, Paul Grunelius, senior strategist, s'intéresse à la façon dont le numérique et les données changent nos représentations de l'espace, en convoquant chercheurs, artistes et spécialistes de la tech. 
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[La vigie avec Artefact] La carte et le territoire à l'ère de la dataviz
Vous pensiez voir un corail ? Vous n'aviez pas tort, mais ce corail c'est aussi Paris. © studio ITO

Comment représenter les villes, au-delà de l’enchevêtrement de rues, avenues et boulevards qui les constituent ? Comment faire ressortir visuellement l’âme et le dynamisme du paysage urbain ? Comment, pour reprendre la distinction formulée par le philosophe Alfred Korzybski, dessiner des représentations qui soient à la fois “carte” et “territoire” ?

 

Dans la lignée de ces questions complexes, chercheurs et artistes font une utilisation grandissante de la datavisualisation (la mise en forme graphique de la donnée). Il en est ainsi du travail du studio britannique Ito : l’année dernière, ses designers ont créé une représentation de quarante villes sous la forme de structures coralliennes. Plus qu’un artifice esthétisant, chaque branche montre l’ensemble des chemins qu’il est possible de parcourir en trente minutes depuis le centre-ville des métropoles. Sous la forme de coraux fluorescents, ce sont des villes vivantes, dynamiques, en mouvement qui apparaissent, contre-pied organique à l’imagerie figée des cartes traditionnelles.

 

 

De l'autre côté de l'Atlantique, les productions du chercheur Geoff Boeing et de l’artiste Erin Davis donnent à voir en un coup d’œil des logiques complexes, sous-jacentes à l’organisation des villes.

 

Le premier a simplifié le plan de grandes villes américaines au moyen de diagrammes qui rendent compte de l’orientation des rues (l’on apprend, par exemple, que Miami est parfaitement ordonnancée selon un plan Nord-Sud / Est-Ouest, alors que Boston agence ses rues de manière plus aléatoire). Le résultat est une série de “boussoles urbaines” qui aident à mieux appréhender la façon dont les villes sont structurées.

 

 

Erin Davis, quant à elle, révèle par un simple “code couleur” la répartition des axes de circulation en “rues”, “places”, “boulevards”, “allées” et autres “quais” dans des villes du monde entier. Là-aussi, le tissu urbain devient vivant, comme composé de cellules, d’artères et de veines.

 

Ailleurs dans le monde, d’autres initiatives comparables voient le jour. Leur utilité première est d’aider celles et ceux qui conçoivent les villes à renouveler leur regard sur la matière urbaine. Mais ces cartes d’un nouveau genre sont aussi un moyen pour les habitants de mieux comprendre et apprivoiser leur environnement : par la carte peut se développer le lien intime que l’on entretient avec son territoire.

 

Paul Grunelius @PaulGrunelius, Artefact

 

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