Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

IA, reconnaissance faciale, blockchain... Découvrez 10 innovations testées par le Lab Carrefour Google

Ouvert le 4 mars dernier et situé au 198 avenue de France, à deux pas de Station F à Paris, le Lab Carrefour Google a présenté ce mardi 16 avril 2019 les grandes innovations dont une grande partie est co-réalisée avec les équipes du géant du web. Paiement par reconnaissance faciale déployé en France, développement de la blockchain, nouvelle application mobile, assistant e-commerce intelligent Léon, commerce vocal, assortiment optimisé via l’intelligence artificielle… Tour d’horizon des grandes annonces.

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Découvrez 10 innovations testées par le Lab Carrefour Google
IA, reconnaissance faciale, blockchain... Découvrez 10 innovations testées par le Lab Carrefour Google © Aude Chardenon

Carrefour et Google ont vu les choses en grand pour la présentation de leur Lab Carrefour Google, ce mardi 16 avril 2019. Ouvert depuis le 4 mars dernier et situé au 198 avenue de France à Paris, il accueillait ce matin Alexandre Bompard, président-directeur général du groupe Carrefour, Amélie Oudéa-Castéra, directrice exécutive e-commerce, data et transformation digitale du groupe Carrefour, Philippe Houzé, PDG du groupe Galeries Lafayette et Xavier Niel, venu "en voisin", a précisé le PDG du distributeur. Avec Google, "ce n’est pas une association qui va de soi, et cela nous rend d’autant plus heureux", poursuit-il. Pour Sébastien Missoffe, qui dirige Google France, les projets sont convergents. "Depuis la création de Google en 1997, nous avons un objectif : améliorer l’expérience-utilisateur".

 

Objectif : présenter les grandes innovations sur lesquelles les deux géants travaillent main dans la main, et qui s’inscrivent dans le cadre du plan de transformation Carrefour 2022. Des projets qui sont à différents stades de développement, mais tournés vers une même ambition : transformer le distributeur en leader e-commerce, et être précurseur sur les applications concrètes de techno comme le machine learning, l’intelligence artificielle, le paiement par reconnaissance faciale ou biométrique, la blockchain..."La richesse de Carrefour, c’est la data, résume Amélie Oudéa-Castéra. Nous la mettons au service de la relation-client".

 

Au sein d’un bâtiment appartenant à WeWork, sur huit étages et à deux pas de Station F, 3 000 collaborateurs ont été formés sur les outils opérationnels et 300 environ sur des solutions spécifiques comme le machine learning. Au sein de cette cellule, les équipes d’Artefact sont intégrées aux équipes Carrefour et Google afin de déployer des solutions d’intelligence artificielle sur l’ensemble des grandes fonctions du géant de la distribution : logistique, e-commerce, service client, assortiment... Voici 10 expérimentations et solutions concrètes fondées sur le potentiel de l’intelligence artificielle et les technologies Google Cloud, entre autres. 

 

1) Le paiement par reconnaissance faciale

Déployé en Chine sur l’ensemble des hypermarchés Carrefour, le paiement par reconnaissance faciale devrait débarquer avant l’été 2019 en France. "On ne peut pas transposer de manière identique le système de paiement WeChat en Chine, où il est légal de stocker des visages sur un serveur", explique Pierre Blanc, Head of Innovation Ecosystems chez Carrefour. Le distributeur planche donc sur une adaptation de ce système de paiement "avec des partenaires, mais avec un pilotage interne", précise-t-il, pour une mise en place rapide. 

 

A noter qu’en Belgique, le distributeur teste le paiement biométrique depuis une semaine à Bruxelles, via une application baptisée MyFinger.

 

2) Le déploiement de la blockchain

Pionnier sur ce sujet en Europe avec des premiers tests en mai 2017 et la première application, en mars 2018, de la blockchain au poulet d’Auvergne Filière Qualité Carrefour (FQC), le distributeur a depuis développé ce pilote en Espagne, Italie, Belgique, Chine et Brésil. Il prévoit une application de cette technologie à des références comme la tomate Cauralina, les œufs fermiers de Loué, le fromage rocamadour AOC ou encore le saumon de Norvège. D’ici à 2022, il prévoit un déploiement à l'ensemble des produits alimentaires FQC, soit 300 références.

 

Cette semaine, il a par ailleurs annoncé la première Blockchain sur une marque nationale en Europe, à savoir la purée Mousline, en partenariat avec Nestlé et IBM Food Trust. Carrefour a également sa technologie blockchain "maison", qu’il continue à éprouver parallèlement à l’écosystème IBM

 

Pour le moment réservée aux produits alimentaires, la technologie pourrait être appliquée à d’autres marchés, comme le textile, afin de permettre aux consommateurs de savoir d’où provient le lin d’un vêtement et dans quelles conditions il a été produit.

 

3) L’assistant intelligent de courses en ligne Léon

Léon est le nom d’un assistant virtuel d’aide à la course en ligne. Sur le nouveau site e-commerce de Carrefour, il permet à l’utilisateur, qui s’est identifié, de remplir son panier plus rapidement via des suggestions continues de produit. Pour ce faire, Léon analyse l’historique d’achats sur 210 jours (hors achats considérés comme exceptionnelsà en tenant compte des données de saisonnalité. Pour chaque produit, il propose par ailleurs une référence similaire en affichant en premier celui présentant le meilleur Nutri-Score. Léon propose ensuite d’autres références pertinentes (achetées par le passé en même temps que la référence). Il est enfin capable de repérer des promotions sur des produits achetés régulièrement par le consommateur.

 

Un point d'interrogation cliquable indique au consommateur la raison pour laquelle la recommandation de produit s’effectue. "Nous avons fait le pari de la transparence, explique Cyril Marchal, Product Director, One Carrefour. Le client sait exactement pourquoi les recommandations lui sont proposées".

 

Léon intégrera prochainement des recettes, et pourra ainsi suggérer des aliments manquants. En fin de parcours, le robot propose également des produits qui pourraient avoir été oubliés, en se basant toujours sur l’historique d’achats. "Léon n’a pas été créé pour augmenter le nombre de produits achetés, mais pour faciliter les courses en ligne", précise Cyril Marchal.

 

4) L’optimisation de l’assortiment via l’IA

"Les commerces de proximité disposent de 5 000 à 7 000 places en linéaires pour un catalogue qui comprend 10 000 à 15 000 références", explique Mathieu Guglielmino, Data Scientist Carrefour. Dans 10 magasins parisiens, Carrefour a donc mis en place une expérimentation visant à rendre dynamique l’assortiment pour l’optimiser en tenant compte de la demande locale. Principe : quand une référence est ajoutée, les volumes de vente sont analysés. Des groupes de magasins, ou clusters, sont alors définis en fonction des similarités. Le magasin affichant les meilleures performances du cluster sur un rayon donné sert de modèle prédictif pour les autres points de vente. "Nous sommes dans une phase de test dans laquelle nous apprenons chaque semaine, poursuit-il. Nous avons des échanges avec les franchisés qui nous indiquent parfois que nous ne pouvons pas supprimer une référence au profit d’une autre".

 

Pour le moment, l’algorithme est basé sur les produits alimentaires à forte rotation et DLC (date limite de consommation) courte. "Cet algorithme ne sera pas forcément pertinent pour les produits DPH (droguerie parfumerie hygiène, NDLR)", ajoute Elina Ashkinazi-Ildis, directrice du Lab Carrefour Google. Des pistes d’amélioration sont en cours, mais pour Mathieu Ricou, patron de la proximité en Ile-de-France, "le Lab est une chance formidable pour la proxi".

 

5) Les rayons scrutés pour détecter les anomalies

L’hypermarché de Claye-Souilly, en Seine-et-Marne, teste actuellement dans trois rayons (lessives, cafés et conserves) un dispositif vidéo composé de 84 caméras qui permet de prendre en photos les linéaires afin de connaître et d’analyser les anomalies. L’intelligence artificielle permet de détecter les ruptures de produits et peut savoir si la référence est disponible en stock via une application équipant les terminaux des collaborateurs. La solution, qui combine un sofware conçu par la start-up Qopius et les étiquettes électroniques de Pricer, permet également de repérer les produits mal placés, l’absence ou l’erreur d’étiquetage et de prix. "C’est particulièrement pertinent dans les très grandes surfaces", précise Pierre Blanc.

 

Le distributeur décidera, après un bilan mi-mai, de déployer ou non ce dispositif à une dizaine de magasins. En Espagne, il teste un programme similaire, mais avec des robots autonomes à la place des caméras.

 

6) Le contrôle automatique des paniers self-scannés

Avec la solution Supersmart by Bizerba, Carrefour va tester en Italie un dispositif de contrôle automatique des paniers self-scannés. Partant du constat que les contrôles de ces paniers effectués par un vigile ou un hôte de caisse sont mal vécus par les clients, le distributeur expérimente un outil d’auto-validation du panier ou du chariot. Principe : au début de ses courses, l’utilisateur scanne son contenant à vide via un QRCode. Une fois ses articles scannés, il dépose le panier ou le chariot sur une borne qui analyse, via des indicateurs de poids, des capteurs photo combinée à la data liée à l’historique d’achats, si le contenu du panier est conforme aux articles scannés. Le projet pourrait également être testé en France, dans un magasin en cours de construction…

 

7) La nouvelle application Carrefour

Actuellement disponible en version beta, la nouvelle applicartion Carrefour se veut une simplification des applications existantes : 4 onglets sur la page d’accueil (e-commerce, liste, informations magasins, fidélité) et l’ensemble des rayons sur un même écran. Une appli épurée simple d'utilisation et mais pour le moment à usage limité : aucune fonctionnalité innovante du site e-commerce n’a été intégrée.

 

8) La commande vocale

Lancée discrètement il y a une semaine, la commande vocale via Google Assistant permet d’élaborer une liste de courses. Par défaut, le produit est choisi par le robot, mais le client peut le modifier en dictant une référence de son choix. Des algorithmes basés sur l’historique d’achat et la popularité des produits affinent la recherche. Un pas vers le commerce vocal, grand projet du distributeur, qui "devrait se concrétiser au 3e et 4 trimestres 2019", selon Amélie Oudéa-Castéra.

 

9) La personnalisation généralisée

Carrefour utilise un outil conçu par les ingénieurs Google, baptisé Wide & Deep Learning. Testé en Espagne, il permet de personnaliser les coupons de réduction puis d’étendre cette personnalisation à des clients présentant un profil similaire. Objectif : proposer de nouveaux produits qui n’ont pas encore été acheté par le client ciblé mais qui ont plu aux profils de son segment.

 

10) Le prédictif en soutien des commandes e-commerce

Carrefour utilise un outil prédictif afin d’anticiper les commandes e-commerce. En combinant les données sur la saisonnalité, la météo, les périodes de vacances ou l’intensité promotionnelle, le distributeur modélise les commandes à venir. Prochaine étape : intégrer les données sur la promotion pratiquée chez les concurrents.  

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale