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Le business de la sécurité de Morpho, plus qu'un moteur d'appoint pour Safran

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Safran, fournisseur de Boeing et d'Airbus, veut se développer sur le marché des solutions de sécurité de haute technologie. Malgré une année 2013 en demi-teinte, sa filiale Morpho, qui pèse désormais 10% du groupe en termes de chiffre d'affaires et d'effectifs, veut s'imposer dans le domaine des systèmes d'identification biométrique automatisés, de détection d'explosifs ou encore d'édition de titres d'identité hautement sécurisés.

Le business de la sécurité de Morpho, plus qu'un moteur d'appoint pour Safran
Le business de la sécurité de Morpho, plus qu'un moteur d'appoint pour Safran

Quel industriel fournit le système de reconnaissance automatisé d'empreintes digitales du FBI et ses 70 millions d'entrées ? Quel fournisseur équipe plus de 250 aéroports avec des technologies de détection d'explosifs dans les bagages ? Qui fournit les permis de conduire et documents d'identité pour près de 42 états américains ? Le groupe Safran !

Le premier vendeur de moteurs au monde pour les AirbusA320 et les Boeing B737 est également un acteur important de la sécurité. Pour son PDG, Jean-Paul Herteman, il s'agit de trouver des relais de croissance. "En cas de ralentissement du marché aéronautique, il est intéressant de pouvoir s'appuyer sur d'autres activités positionnées sur des marchés en croissance", explique le dirigeant. Aujourd'hui, l'activité Sécurité de Safran, regroupée sous la division Morpho, représente 10% du groupe aussi bien en termes de chiffre d'affaire (1,5 milliards d'euros) que d'effectifs (8400 salariés).

Cette diversification a été engagée après son arrivée à la tête du groupe, né de la fusion en 2005 entre le motoriste Snecma et l'électronicien Sagem, Jean-Paul Herteman se dépêche de vendre ou fermer les activités grands public de Sagem notamment l'activité de téléphones portables et de modems ADSL Livebox. Par contre, il privilégie les activités de sécurité de hautes technologies portées par Sagem Sécurité créée en 2007. La vente de son activité des terminaux de paiements sécurisés a démontré que le business de la sécurité pouvait rapporter gros et rapidement. Issue du rachat, en 2003, des activités de transactions électroniques du suisse Ascom pour une vingtaine de millions d'euros, le groupe l'avait finalement cédée en 2008 à l'un des leaders mondiaux du marché, Ingenico, en échange d'une participation de 23% du nouvel ensemble. En 2013, Safran revend environ la moitié de cette participation pour... 287 millions euros !

Acquisitions en série

Pour accélérer sa croissance sur le marché de la sécurité, Safran va multiplier les acquisitions, en particulier sur le marché américain. En 2009, il rachète à Motorola sa filiale Pintrak spécialisée dans la biométrie et notamment la reconnaissance des empreintes digitales. Cela donnera naissance à MorphoTrak. La même année, il fait l'acquisition de la division Sécurité intérieure de General Electric, rebaptisée Morpho Detection. Deux ans plus tard, il rachète L-1 Identity Solutions, renommée Morpho Trust aux USA. Cette division produit chaque année 70 millions de permis de conduire, qui font office de carte d'identité aux Etats-Unis.

Pour développer ces business, Morpho veut mettre sur le marché les produits les plus performants. L'entreprise consacre ainsi 30% de ses effectifs et 9% de son chiffre d'affaires à la R&D. A Newark près de San Francisco en Californie, les ingénieurs de Morpho Detection conçoivent pour les aéroports des postes de filtrage capables de scanner en 3D les bagages des passagers grâce à des scanners tomographiques grande vitesse. Ils mettent aussi au point des technologies de détection des substances interdites (explosifs, drogues, produits radioactifs...) présentes à des niveaux infinitésimales sur le passager, ou encore d'analyse de liquides embarqués dans les bagages. En 2013, cette filiale a signé avec l'autorité de sécurité des aéroports américains, la TSA, un contrat de 130 millions de dollars et de 100 millions de dollars avec son équivalente canadienne.

"Avec ces nouvelles technologies, les contrôles seront automatisés et plus rapides. Les aéroports peuvent espérer réduire par deux le temps nécessaire aux passagers pour traverser les filtres de sécurité", explique Philippe Petitcolin président de Morpho. Dans la banlieue de Los Angeles, les équipes de MorphoTrak sont également engagés dans cette course technologique. Ils ont développé des algorithmes de reconnaissance des empreintes digitales ultrarapides. Ils ont ainsi remporté l'appel d'offres du FBI en 2009. Plus de 230 000 recherches quotidiennes sont réalisées dans cette base de données qui contient 70 millions d'empreintes digitales ! En moins de 3 minutes, le système répond si les empreintes d'un inconnu correspondent à celles d'un individu déjà enregistré. La fiabilité du système a même produit des résultats... inespérés. "Sur les six derniers mois, cette technologie a permis d'identifier plus de 5700 coupables dans des affaires jusqu'ici non élucidées depuis des années", se félicite Clark Nelson, directeur des ventes et du marketing de Morpho Trak. Au total, le groupe a vendu plus de 64 systèmes de ce genre à travers le pays.

Une croissance deux fois plus forte que l’aéronautique

Malgré ces succès, la croissance n'est pas toujours au rendez-vous. En 2013, le chiffre d'affaires de Morpho a même baissé de 2,8% et le résultat opérationnel a reculé pour s'établir à 120 millions d'euros contre 145 millions d'euros en 2012. Selon Safran, les raisons de cette contreperfomance sont multiples: pression sur les budgets de sécurité des gouvernements liée à la crise, concurrence sévère sur le marché des documents d'identité numérisés, décalage des investissements attendus en matière de sécurité notamment des grands aéroports en raison d'une réglementation repoussée.

Toutefois la dynamique est bonne. "Entre 2005 et 2013, le chiffre d'affaires de Morpho a été multiplé par 5", rappelle Philippe Petitcolin. Le groupe ne veut pas en rester là. "Nous visons une croissance double sur le marché de la sécurité que celle que nous enregistrons sur le secteur aéronautique", explique Jean-Paul Herteman, PDG de Safran.

A San Francisco, Hassan Meddah

 
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