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Le carnet de santé numérique a séduit 3,3 millions de personnes

L'Assurance maladie est ravie : 3,3 millions de personnes ont accepté d'ouvrir leur espace de santé dans trois départements pilotes. "Mon espace santé" permet aux assurés de stocker leurs données de santé et de les partager avec les professionnels choisis. Un déploiement national est prévu en 2022.
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Le carnet de santé numérique a séduit 3,3 millions de personnes
Le carnet de santé numérique a séduit 3,3 millions de personnes © Ministère de la Santé

Durant le mois d'octobre 2021, les habitants de trois départements pilotes – la Haute-Garonne, la Loire-Atlantique et la Somme – ont pu tester le futur carnet de santé numérique. Baptisé "Mon espace santé", ce dispositif permet à chacun de gérer ses données de santé (ordonnances, comptes rendus médicaux, résultats d'examens…) et de les partager avec les professionnels de santé choisis.

Cette première expérimentation, avant un déploiement national en 2022, est une réussite, a noté l'Assurance maladie dans un communiqué. Elle révèle qu'aujourd’hui, ce sont donc plus de 3,3 millions de personnes qui ont un profil "Mon espace santé". Ainsi, seuls 0,7% des usagers ont refusé d'ouvrir un compte. Précision importante : seuls 160 000 usagers ont effectivement utilisé leur espace. Ils y passent 10 minutes en moyenne lors de leur visite.

Une stratégie "opt-out" pour éviter les refus
En pratique, les assurés des trois départements pilotes ont reçu un email ou un courrier leur présentant le nouveau dispositif. Sans action de leur part, "Mon espace santé" a été créé automatiquement à l’issue d’un délai de six semaines à compter de l’envoi. À tout moment, il leur est possible de revenir sur leur choix initial, précise l'Assurance maladie.

Cette première étape a permis de "tester techniquement le fonctionnement" de l'outil, explique l'Assurance maladie, et notamment son articulation avec les logiciels des professionnels de santé. En parallèle, un plan de financement a été mis en œuvre pour mettre à jour les logiciels utilisés par les professionnels et les établissements de santé afin qu’ils puissent systématiquement envoyer à leurs patients leurs ordonnances, leurs comptes rendus d’hospitalisation, leurs résultats d’examen de biologie et leurs compte rendus de radiologie.

Un dossier médical et une messagerie
Actuellement, les premiers usagers n'ont accès qu'à deux fonctionnalités : une nouvelle version du "dossier médical partagé" (DMP) et une messagerie. Cette dernière est actuellement utilisée pour préparer une admission à l'hôpital ou envoyer des conseils thérapeutiques aux patients.

Cette version a vocation à intégrer de nouveaux modules, indique l'Assurance maladie. Dans les prochains mois, elle devra intégrer une alimentation directe des résultats d’examens et des soins réalisés en ville et à l’hôpital, de nouveaux services numériques de prévention, de prise de rendez-vous, de télémédecine, un catalogue d’applications…

Un déploiement à l'échelle nationale en 2022
A partir de janvier 2022, "Mon espace santé" sera disponible pour chaque personne volontaire. Le déploiement devrait être une réussite, d'après l'Assurance maladie citant des chiffres issus d'un sondage mené par France Assos Santé, une organisation interassociative représentative des patients. Ainsi, 3 personnes sur 4 se sont déclarées favorables à la création automatique de leur carnet de santé numérique; 1500 personnes majeures ayant participé à ce sondage.

Le gouvernement souhaite également s'assurer que tout le monde puisse avoir accès à ce nouveau dispositif. Des partenariats clés avec les acteurs de l’inclusion numérique sont en cours de mise en œuvre, note l'Assurance maladie. Des "médiateurs numériques" accompagneront les Français plus éloignés du numérique. Par ailleurs, un réseau bénévole "d’Ambassadeurs" a été mis en œuvre en Haute-Garonne pour sensibiliser les personnes à l’usage du service et orienter vers les réseaux de médiation numérique. Ce programme d'accompagnement sera déployé à partir du début de l’année 2022 à l'échelle nationale.

Des hébergeurs français
Concernant l'hébergement des données, sujet particulièrement sensible, il est assuré par Santeos, filiale de Wordline, ainsi qu'Atos, tous deux certifiés "hébergeur de données de santé" (HDS). Ce choix d'hébergeurs français vise à éviter le flop du Health Data Hub avec Microsoft Azure.

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