Le CEO de WhatsApp, en procès contre NSO Group, s'exprime sur l'affaire d'espionnage Pegasus

En plein procès contre NSO Group, WhatsApp a pris la parole sur l'affaire Pegasus. Son CEO, Will Cathcart, affirme que le mode opératoire est le même que le piratage subi par 1400 téléphones découvert en 2019. Il appelle Apple à prendre des mesures pour éviter ce type d'intrusion.

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Le CEO de WhatsApp, en procès contre NSO Group, s'exprime sur l'affaire d'espionnage Pegasus

Will Cathcart, le CEO de WhatsApp, a été interrogé par le Guardian sur l'affaire d'espionnage Pegasus. Il affirme que les conclusions de l'enquête menée par un consortium de médias et Forbidden Stories "correspondent bien à ce que nous avons vu lors de l'attaque que nous avons vaincue il y a deux ans", faisant ainsi référence au piratage de 1400 téléphones en 2018.

Un mode opératoire similaire
"Nous parlions aussi à l'époque de fonctionnaires gouvernementaux, de hauts fonctionnaires occupant des postes de haut importance pour la sécurité nationale et des alliés des Etats-Unis", ajoute-t-il. Des journalistes, des militants et des universitaires étaient également concernés. Ce qui correspond, en d'autres termes, au même mode opératoire que celui décrit dans l'affaire Pegasus révélée il y a quelques jours.

Selon lui, ce n'est pas l'application WhatsApp, l'une des applications sur lesquelles des données ont été dérobées, qui doit être remise en cause mais les téléphones portables infectés dont certains sont des iPhones de dernière génération. "Nous avons besoin que tous les membres de l'industrie prennent des mesures et fassent non seulement tout ce qui est en notre pouvoir pour sécuriser nos logiciels, mais aussi tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin aux logiciels espions."

A ce sujet, il se félicite que Microsoft, Google, Cisco, VMware et l'Internet Association se soient joints à la plainte déposée en 2019 par Facebook, maison-mère de WhatsApp, contre NSO Group. "J'espère qu'Apple commencera également à adopter cette approche. Il ne suffit pas de dire que la plupart de nos utilisateurs n'ont pas à s'inquiéter de cela. Il ne suffit pas de dire, : 'oh, ce ne sont que quelques milliers ou dizaines de milliers de victimes'", lance Will Cathcart.

WhatsApp en procès contre NSO
Le procès entre WhatsApp et l'entreprise israélienne est toujours en cours devant un juge californien. NSO prétendait bénéficier d'une immunité judiciaire puisqu'il disait ne pas agir à son compte mais à la demande des gouvernements. Ce qui n'a pas convaincu le tribunal qui a statué en la faveur de WhatsApp. "Nous considérons que ce n’est pas normal que des entreprises privées soient à l'abri de la loi simplement parce qu'elles prétendent travailler pour des gouvernements", déclare le CEO.

L'affaire Pegasus est, d'après Will Cathcart, une raison supplémentaire pour ne pas affaiblir le chiffrement de bout-en-bout dont bénéficient les conversations sur WhatsApp. "Nous l’avons dit et répété, et nous continuerons de le faire : si l’on affaiblit la sécurité des communications, il y aura des abus. [Pegasus] permet d’accéder à des téléphones un par un ; imaginez ce qui se passerait si un attaquant pouvait, simultanément, attaquer tous les téléphones en même temps. Ce serait une catastrophe."

Interdire le chiffrement ? Une fausse bonne idée
Pour rappel, ce protocole de communication autorise seulement les personnes qui communiquent à lire les messages échangés. Or, d'après certains pays, il empêcherait les enquêteurs de mener des investigations numériques. La messagerie est régulièrement attaquée sur ce sujet. En novembre dernier, le Conseil des ministres de l'Union européenne a ainsi adopté un projet de résolution visant à obliger les messageries sécurisées à autoriser les services de renseignement à avoir accès aux conversations chiffrées par le biais de "backdoors".

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