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Le cloud chinois se réveille de sa torpeur

Diversification de l’offre, montée de la concurrence, incitations publiques… Le cloud chinois, aujourd’hui en état de léthargie, devrait se réveiller. Les acteurs locaux, qui se partageaient jusqu’ici le marché, risquent d’être bousculés par les géants américains Amazon, Microsoft et IBM.
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Le cloud chinois se réveille de sa torpeur
Le cloud chinois se réveille de sa torpeur © Wikimedia Commons
C’est un grand paradoxe. Alors que la Chine compte le plus grand nombre d’utilisateurs de smartphones au monde - avec un parc de 1,4 milliard de terminaux en service selon Gartner - le pays le plus peuplé au monde demeure un nain dans le cloud computing. Les estimations du marché divergent. Selon IDC, le cloud public chinois, tous segments confondus, vaut tout juste 900 millions de dollars en 2014. Mais il bénéficie d’un bond de 62% qui devrait le porter à près de 2 milliards de dollars en 2018. Gartner voit le même marché passer de 7 milliards de dollars en 2014 à 20,7 milliards en 2018. L’équipementier télécom Huawei Technologies, un nouvel acteur dans ce domaine, penche pour une évaluation de 7 milliards de Renminbis en 2014 (l’équivalent de 1 milliard de dollars).
 
 
La Chine: 3% du marché américain
Au-delà de ces divergences, une conclusion surprenante s’impose: le cloud chinois ne représente qu’une fraction de son équivalent américain (3% selon IDC). Pourtant, le marché grouille de fournisseurs locaux issus de trois univers : des opérateurs télécoms comme Chine Telecom et China Unicom, des géants d’internet comme Baidu (équivalent chinois de Google), Alibaba (équivalent d’Amazon) et Tencent (équivalent de Twitter), et des pure players spécialement créés pour ce marché comme Ucloud et QingCloud.
 
Huawei Technologies inaugure une quatrième famille d’acteurs venant de l’industrie d’équipement télécoms et informatique. Il a fait son entrée en juillet 2015. Il pourrait être suivi par d’autres équipementiers comme ZTE, Inspur ou Lenovo.
 
Alors comment expliquer la léthargie du cloud chinois ? "La Chine n’a pas encore le même niveau de maturité dans le numérique que les Etats-Unis ou l’Europe, analyse Li Yang, directeur marketing chez Huawei Technologies. Mais avec les programmes du gouvernement, qui incitent les entreprises à améliorer leur compétitivité par le numérique, elle va vite rattraper son retard." D’ailleurs, le premier équipementier télécoms du pays vise un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dollars dans le cloud chinois à l’horizon 2020. De quoi le propulser dans le Top 3 local aux cotés de Alibaba et China Telecom, les deux leaders actuels du marché.
 
 
sous l'impulsion de Pekin
Avec l’initiative "Internet Plus", lancée en mars 2015, Pékin encourage l’intégration des technologies de transformation digitale, dont le cloud computing. L’objectif est également de favoriser le développement de l’offre locale dans ce domaine. Le cloud chinois s’est d’abord développé de façon endogène, à l‘écart de la compétition mondiale.
 
La donne est en train de changer avec l’arrivée à partir de 2012 des géants américains IBM, Microsoft et Amazon Web Services, et du japonais NTT. Pour contourner les barrières règlementaires à l’entrée, ils ont dû s’allier à des partenaires locaux comme Tencent pour IBM, 21Vianet pour Microsoft ou Sinnet pour Amazon Web Services. "La concurrence est déjà féroce, confie Li Yang. L’arrivée des ces acteurs globaux va contribuer à réveiller le marché." Selon IDC, Microsoft et Amazon Web Services ont réussi à se hisser en 2014 respectivement à la quatrième et cinquième places en Chine, derrière Alibaba, China Telecom et China Unicom.
 
De leur coté, les acteurs chinois se lancent à l’international, avec pour destination privilégiée, le plus gros marché de cloud public: les Etats-Unis. Alibaba y a déjà ouvert un Datacenter et se prépare à en inaugurer un deuxième. Tencent affiche un projet similaire. Même les petits acteurs pure player misent sur le marché américain pour grandir plus vite. Ucloud a levé 60 millions de fonds sino-américains et QingCloud 30 millions pour se développer avec un pied en Chine et un autre aux Etats-Unis.

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