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Le cloud computing n’est pas ce qu’on vous en dit

Le Cigref, qui regroupe les grandes entreprises en France, vient de publier un rapport qui remet les pendules à l’heure dans le cloud computing. Le contenu, reflet du point de vue des utilisateurs, va quelques fois à l’encontre du discours ambiant des offreurs.

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Le cloud computing n’est pas ce qu’on vous en dit
Le cloud computing n’est pas ce qu’on vous en dit © lennysan - Flickr - C.C.

Qu’est-ce que le cloud computing ? C’est pour répondre à cette question que le Cigref, qui regroupe 130 grandes entreprises et organismes français, vient de publier le rapport : "Fondamentaux du Cloud Computing, le point de vue des grandes entreprises". L’exercice peut paraître fortuit. Il se révèle en réalité d’une grande utilité pour les entreprises qui envisagent de passer au cloud.

"Face au discours des offreurs de services de cloud computing, nous sommes confrontés à des définitions multiples du concept, qui plus est, variables dans le temps, constate Frédéric Lau, directeur de mission au Cigref sur le sujet. Nous avons réunis quatre acteurs majeurs autour de la table et leur avons demandé leur définition du cloud. Ils ont donné quatre réponses différentes."

Pas facile dans ces conditions pour les entreprises, qui s’interrogent sur le sujet, de comprendre les vrais enjeux de cette révolution dans la façon d’utiliser l’informatique, d’en mesurer les impacts s’ils décident de l’adopter et d’en discuter avec les fournisseurs. C’est pour lever ces obstacles que le Cigref a décidé de clarifier la définition du cloud et les implications réelles pour l’utilisateur en termes de coût ou de sécurité.

Une appelation souvent usurpée

Le rapport lève en particulièr l’ambiguïté sur les services Saas (Software as a service) d’accès en ligne à des logiciels par abonnement. "Certains services sont prétendument présentés par leur offreurs comme des services cloud, alors qu’ils ne le sont pas dans la réalité", note Frédéric Fau, pour qui un vrai service Saas en cloud représente une application virtuelle, fragmentée, dupliquée et répartie sur des serveurs sur plusieurs sites, avec une console qui permet d’agréger l’information en self-service.

Le fantasme du cloud souverain

Le rapport identifie quatre types de cloud selon qu’il est géré en interne ou en externe et selon que l’usage est réservé à l’entreprise ou ouvert sur l’extérieur. Le cloud hybride est un cloud interne qui débord dans sa gestion sur l’extérieur. En matière de sécurité, la précision du Cigref est pour le moins étonnante et va à l’encontre des craintes entendues souvent au sujet du cloud. "Si les fragments de données sont cryptés sur des serveurs dispersés, peu importe où ils se trouvent, il n’y a pas d’impact en terme de sécurité, explique Frédéric Rau. Ce qui est important c’est que le logiciel, qui reconstitue les données, soit sécurisé et qu’on sache où il se trouve." Voilà de quoi reléguer au rang de fantasmes les craintes avancées par les promoteurs du cloud souverain quant à la localisation des données en dehors de la France.

Une maitrise des coûts très relative

Autre idée battue en brèche : celle sur la prédictibilité des coûts miroitée par les fournisseurs de services cloud. "C’est vrai sur deux ou trois ans, puisqu’on passe d’un mode d’achat de licence à un mode d’abonnement, explique Frédéric Lau. Mais au-delà, le service évolue par la seule volonté de son offreur. L’utilisateur ne maîtrise rien et des problèmes de compatibilité peuvent surgir lors de ces évolutions. C’est pourquoi nous recommandons aux entreprises de rester en mode d’achat de licence si elles envisagent l’application au-delà de 2 ou 3 ans." Le rapport confirme en revanche les avantages du cloud en termes d’agilité, de rapidité de mise en œuvre et d’élasticité. S’il apporte un langage commun clair aux membres du Cigref, il sera aussi utile aux PME-PME, aujourd’hui un peu désarçonnées face au discours confus et disparate des offreurs de services.

Pour télécharger le rapport

Ridha Loukil

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