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"Le cloud est une opportunité et non une menace", affirme le président de MicroStrategy

Victime d’un ralentissement de sa croissance, l’éditeur de logiciels d’aide à la décision MicroStrategy tente de se relancer en jouant les cartes de la mobilité, du cloud computing et de la sécurité. Comment s’adapte-t-il aux changements du marché ? Avec quelles opportunités et quels risques ? Son président Paul Zolfaghari répond aux questions de L'Usine Digitale.
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Le cloud est une opportunité et non une menace, affirme le président de MicroStrategy
"Le cloud est une opportunité et non une menace", affirme le président de MicroStrategy © D.R.

L'Usine Digitale - Depuis quelques années, vous croissez moins vite que le marché. En 2013, vous n’avez progressé que de 2%, alors que le marché à cru de 8% selon Gartner. A quoi cela est dû ?

Paul Zolfaghari - Les résultats en 2013  sont affectés par la baisse du segment services, qui ne représente qu’une petite partie de nos activités, l’essentiel provenant de la vente de logiciels et cette partie croit toujours. Ceci étant, 2013 a été une année de transition pour MicroStrategy, avec beaucoup de changements dans le management et l’organisation. Moi-même, je suis arrivé en novembre 2012 au poste de président. Nous voyons maintenant l’avenir avec optimisme. Notre marché traditionnel reste porteur et nous voyons de belles opportunités s’ouvrir à nous dans la mobilité, le cloud computing et la cybersécurité.

Justement, vous vous êtes lancés en 2013 sur le marché de la cybersécurité avec une solution de gestion d’identité sur mobiles. Quel est le sens de cette diversification ?

Cette diversification n’est pas déconnectée de notre activité d’édition de logiciels d’aide à la décision. Par le passé, nous avons suivi l’évolution des usages en entreprises en proposant d’abord l’interface Web puis une extension mobile. Plus récemment, nous nous sommes engagés dans le cloud computing pour rendre nos solutions accessibles à la demande par les utilisateurs qui ne souhaitent pas acquérir de licence. Chaque évolution entraine une montée des exigences de sécurité. Notre engagement dans ce domaine est donc naturel. Nous voulons aider les entreprises à étendre, en toute sécurité, l’usage de nos outils d’aide à la décision aux mobiles et dans le cloud computing. La sécurité mobile et le cloud computing représentent pour nous une opportunité de plusieurs milliards de dollars.

L’entreprise
Création en 1989
Siège à Tysons Corner, près de Washington, en Virginie
Editeur de logiciels d’analyse et de visualisation de données
Plus de 4000 clients, dont Michelin, Accor, Celio, Ipsen Pharma et BPCE
3200 personnes dans le monde
Chiffre d’affaires : 576 millions de dollars en 2013 (+3%)
Investissement R&D : 100 millions de dollars en 2013
Vous vendez vos logiciels dans le cloud depuis 2011. Mais vous n’avez séduit jusqu’ici que 75 clients ? Pourquoi si peu ?

Nous comptons aujourd’hui effectivement 75 clients au stade de production, allant de la petite PME aux grands groupes comme Johnson & Johnson, Chrysler ou la banque française BPCE. Ce qui représente au total environ 50 000 utilisateurs. Nous ne dévoilons pas les chiffres financiers sur ce segment précis. Mais cette activité apporte déjà des revenus substantiels. Je ne serai pas surpris de la voir représenter dans l’avenir 50% de notre chiffre d’affaires.

Au départ, nous nous sommes appuyés sur notre propre infrastructure formée aujourd’hui de deux datacenters aux Etats-Unis et d’un datacenter au Royaume-Uni. En mai 2014, nous avons noué un partenariat stratégique avec Amazon Web Services en mettant nos logiciels sur sa place de marché. Ainsi nous étendons rapidement et à moindres frais notre couverture mondiale sur le segment du cloud computing, sans investir dans de nouveaux datacenters. Car notre métier est d’éditer des logiciels et non d’opérer des datacenters.

Est-ce que vous vous voyez devenir un éditeur 100% cloud ?

Pas à cour terme du moins. Nous sommes convaincus de la coexistance des deux modèles de vente de logiciels. Nous ne voyons pas de conflit entre les deux. Nous le voyons à travers les clients qui ont adopté notre offre cloud. Ce sont tous des nouveaux clients à qui nous n’aurions pas pu vendre des licences classiques. Ils choisissent l’option cloud parce qu’ils recherchent une solution simple d’accès et veulent aller vite dans leurs projets. Les deux modes de consommation de logiciels vont se développer en parallèle, avec peu de recouvrement. Nous voyons donc le cloud computing, non pas comme une menace, mais comme une formidable opportunité pour nous étendre sur le marché et toucher des utilisateurs que nous ne pouvons pas atteindre par le modèle classique.

Vous prévoyez d’autres partenariats dans le cloud computing ?

Absolument. Le partenariat avec Amazon Web Services est un premier pas dans l’extension de notre présence dans le cloud computing. Il ne sera pas le seul. D’autres viendront compléter notre couverture. Nous avons déjà un accord avec T-Systems, la SSII de Deutsche Telekom. Nous pensons multiplier ce type d’accords pour répondre aux besoins locaux en termes de proximité. Nous voulons ainsi aller vite, sans avoir à investir dans des infrastructures.

Jusqu’ici, vous n’aviez procédé à aucune acquisition. Est-ce le moment d’en faire une ?

Depuis sa création, la société s’est développée uniquement par voie organique. Nous tenons à maîtriser le développement de nos produits. Nous ne voulons pas perdre notre énergie à essayer d’intégrer des produits venus d’ailleurs. Un changement de stratégie n’est pas à l’ordre du jour.

MicroStrategy est aujourd’hui valorisé à 1,2 milliards de dollars, deux fois moins que son petit concurrent Tableau Software. Ne craignez-vous pas d’être rachetés ?

Ceci a peu de chance de se produire. Le fondateur Michael Saylor a le contrôle du conseil d’administration. Un rachat de l’entreprise ne peut se faire sans son accord.

Propos recueillis par Ridha Loukil

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