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Le Cnnum publie sa feuille de route pour favoriser l'inclusion numérique des personnes handicapées

Étude Comment inclure les personnes en situation de handicap à l'ère numérique ? C'est sur cette question que s'est penché le Conseil national du numérique dans un tout nouveau rapport. Pour le Cnnum, beaucoup de choses restent à accomplir. Dans le même temps, il rappelle que l'inclusion numérique est aussi une belle opportunité pour les start-up françaises.
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Le Cnnum publie sa feuille de route pour favoriser l'inclusion numérique des personnes handicapées
Le Cnnum publie sa feuille de route pour favoriser l'inclusion numérique des personnes handicapées © Unsplash/Sigmund

"Il est urgent de remédier à l'inaccessibilité numérique et ainsi prévenir l'exclusion sociale et économique de tout un pan de la population française à l'ère numérique (…)", écrit Salwa Toko, présidente du Conseil national du numérique (Cnuum), en préambule du rapport publié le 5 février 2020 sur l'inclusion numérique des personnes handicapées. Saisie par le secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, cette commission consultative a étudié différents scénarios d'amélioration de l'accessibilité numérique.

 

Aujourd'hui, l'accessibilité numérique est un droit, or pour le Cnumm elle n'est pas "suffisamment prise en compte par les acteurs publics et privés". Pourtant, en France, plus de 12 millions de personnes sont actuellement touchées par un handicap, dont 1,5 million qui sont atteintes de déficience visuelle.

 

Renforcer l'accessibilité aux services publics numériques

Pour la commission, il faut tout d'abord renforcer l'accessibilité aux services publics numériques. "Dans un contexte de dématérialisation de l’administration, les conséquences peuvent être dramatiques pour l’accès aux droits des personnes en situation de handicap", estime le rapport. Outre des mesures organisationnelles, il propose la mise en place d'une "plate-forme de signalement" qui sera chargée du traitement et de la centralisation des plaintes pour renforcer le droit de ces personnes face à l'Administration. Une mesure certes importante mais qui ne fait pas beaucoup avancer les choses sur l'accessibilité en tant que telle. Par exemple, le paiement en ligne des impôts pour les personnes en défaillance visuelle demeure impossible.

 

Dans un deuxième temps, le Cnuum veut améliorer l'accès à la culture. "Si des manuels scolaires numériques peuvent être disponibles pour les élèves en situation de handicap, les applications des éditeurs desdits manuels ne le sont pas toujours", révèle l'autorité. Elle propose donc d'accroître la production de ressources pédagogiques numériques "accessibles et adaptées" et d'adapter les livres numériques. De plus, elle suggère d'améliorer l'accès aux plate-formes pédagogiques en mettant en place "une obligation d'accessibilité des environnements numériques de travail".

 

Manque de formation des professionnels du web

D'autre part, la commission note le manque de formation des professionnels du web et du numérique en matière d'accessibilité. Pour combler ce manque, elle préconise le "développement de la filière des métiers de l'accessibilité numérique". Le Cnnum propose la mise en place d'un MOOC de sensibilisation sur le modèle "atelier RGPD", une formation en ligne proposée par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), et le financement d'action de sensibilisation. Il suggère également d'inscrire l'accessibilité numérique au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP).

 

Enfin, l'autorité française rappelle que l'accessibilité est aussi "une opportunité dans la mesure où elle pourrait faire émerger un nouveau modèle de société et d'économie numérique". Pour se faire, elle propose deux axes. Le premier consiste à "encourager le développement des start-up" liées à l'accessibilité numérique, en érigeant cet objectif comme priorité stratégique du Conseil de l'innovation. Il faut également "identifier et appuyer" les incubateurs existants, et conditionner le financement de BpiFrance à destination des entreprises à la mise en accessibilité des produits et services numériques produits sur la base de ces financements. A cela s'ajoute le développement de financements de "projets inclusifs sur l'intelligence artificielle", par exemple en créant davantage de mécanismes de captation et de retranscription de la voix humaine.

 

Start-up et géants se positionnent sur ce marché

Quelques start-up françaises se sont déjà positionnées sur ce marché. En 2017, L'Usine Digitale avait présenté le logiciel "Facil'iti", développé par ITI Communication, une agence basée à Limoges. Cette solution propose treize fonctionnalités pour remédier à différentes formes de handicaps, à savoir : daltonisme, presbytie, cataracte, DMLA, sclérose en plaques, arthrose, maladie de Parkinson, tremblements, maladie de Wilson, dyslexie et épilepsie photosensible. Le contenu du site est adapté en fonction des besoins de chaque utilisateur. Par exemple modifier des zones cliquables pour une personne atteinte de la maladie de Parkinson, grossir des polices pour une personne malvoyante, changer des couleurs pour un daltonien, remplacer des sons par des couleurs pour faciliter les dyslexiques, adapter le design pour un senior, etc.

 

Mais ce sont surtout les géants technologiques qui mobilisent de gros moyens pour rendre le numérique plus inclusif. En mai 2018, Microsoft a investi 25 millions de dollars sur cinq ans pour aider développeurs, entreprises et chercheurs à mettre au point des produits et solutions d'IA à destination des personnes handicapées. L'entreprise a également mis au point un contrôleur Xbox spécifiquement conçu pour faciliter l'accès aux jeux vidéo aux personnes souffrant de handicaps moteurs.

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