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Le comté de Seattle devient le premier à autoriser le vote par smartphone aux Etats-Unis

Le comté de King, dans lequel se trouve la ville de Seattle, procède jusqu’au 11 février à la première consultation électorale via smartphone de l’histoire des Etats-Unis. Si cette méthode nourrit les espoirs de faire exploser le taux de participation aux votes, elle inquiète aussi experts et politiciens quant aux risques potentiels de cyberattaques.
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Le comté de Seattle devient le premier à autoriser le vote par smartphone aux Etats-Unis
Le comté de Seattle devient le premier à autoriser le vote par smartphone aux Etats-Unis © Unsplash/NordWood Themes

C’est une première aux Etats-Unis. Les citoyens du comté de King, dont fait partie Seattle, pourront voter directement depuis leur smartphone dans le cadre de l'élection de leurs représentants locaux. Une plate-forme rendue possible par une collaboration entre l’autorité organisatrice, l’association Tusk Philanthropies, qui promeut le vote en ligne – à ne pas confondre avec le vote électronique, qui se déroule, lui, au sein d'un bureau de vote – par mobile, le Centre national de cybersécurité et la société Democracy Live, qui a développé ladite technologie. Selon nos confrères de NPR, 1,2 million d’électeurs sont éligibles pour participer au scrutin d’ici au 11 février.

 

UNE SIMPLE éVOLUTION du système actuel ?

Les électeurs du comté de King pourront utiliser leur nom et date de naissance pour se connecter au portail dédié accessible via le navigateur de n’importe quel smartphone. "Une fois le bulletin de vote rempli, il suffit de le soumettre en signant à l’aide de l’écran tactile", a expliqué Bryan Finney, directeur général de Democracy Live. Les habitants de l’Etat de Washington, dont fait partie le comté de King, sont familiers avec ce procédé car ils votent déjà par voie de mail – la signature garantit l’authenticité de leur choix. Cette vérification de la graphie suffirait pour détecter tentatives de fraude et usurpations d’identité. Les bulletins validés seront alors imprimés par l’organisateur, puis décomptés en même temps que ceux soumis de manière traditionnelle dans l’isoloir.

 

Autre possibilité via le portail en ligne : pré-remplir son bulletin, mais l’imprimer pour le déposer soi-même dans un bureau de vote. Une option préférée par les experts en cybersécurité, qui jugent qu’il sera plus facile d’authentifier un vote comme cela plutôt qu’après que celui-ci ait "traversé l’Internet". Ce que rejettent les défenseurs de la technologie pour qui celle-ci renforce, au contraire, la traçabilité. Toujours est-il qu’un projet pilote de vote en ligne mené à Washington D.C. a été avorté, après avoir subi un piratage d’ampleur. Le Parti démocrate a, d’ailleurs, renoncé à cette méthode pour sa primaire.

 

DES INQUIéTUDES QUANT à DE POTENTIELLES CYBERATTAQUES

"C’est la réforme de transformation la plus fondamentale que vous pouvez réaliser en démocratie", a déclaré Bradley Tusk, président-fondateur de Tusk Philantropies. Mais des voix se font entendre dans tout le pays, invitant à trouver le juste milieu entre accessibilité et sécurité du vote. D’un côté, les Etats-Unis affichent un taux de participation largement en-deçà des autres pays développés toutes élections confondues – lors du dernier scrutin local du comté de King, seul 1% des électeurs se seraient rendus aux urnes. Un moyen de vote aussi moderne pourrait augmenter l’implication des citoyens. "Il est essentiel pour que les candidats pensent leur programme de façon à prendre en compte l’intérêt de tous", a pointé Bradley Tusk, soulignant les bénéfices de la technologie sur les politiques publiques.

 

Pour autant, les exemples de failles de sécurité en matière de consultations électorales ne manquent pas. Il est devenu clair avec le temps que le gouvernement russe a usé, en 2016, de cyberattaques pour influer sur le résultat des présidentielles américaines... et favoriser l’élection de Donald Trump. NPR avance que cela s'est traduit par "le ciblage et le piratage d’infrastructures" dédiées. En juillet 2019, le procureur spécial Robert Mueller a estimé que "le risque d’interférences se maintiendra pour l’élection de 2020", qui appelle à "mobiliser tous les moyens à disposition" pour lutter contre ce fléau. L’an dernier, un rapport bipartite au Sénat américain a officiellement appelé les Etats fédérés à "résister aux invitations à instaurer le vote en ligne", relayant les inquiétudes des experts.

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