Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Le créateur d'Adblock Plus va-t-il finalement devenir le sauveur des médias ?

Analyse Vu ailleurs Dans un entretien donné à nos confrères du Monde, Tim Schumacher, le président d'Eyeo l'entreprise qui a fondé Adblock Plus, se présente comme le Robin des bois de la publicité. Il annonce le lancement prochain d'une plateforme de micro financement de l'information pour récupérer l'argent perdu par la publicité bloquée. A suivre. 

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Le créateur d'Adblock Plus va-t-il finalement devenir le sauveur des médias ?
Le créateur d'Adblock Plus va-t-il finalement devenir le sauveur des médias ?

Dans l’entretien qu’il a accordé au quotidien Le Monde, Tim Schumachen, le président d’Eyeo, la société qui produit et distribue le plus célèbre des bloqueurs de publicité, semble vouloir faire la paix avec les éditeurs de presse, voire avec le monde de la publicité.

 

Il rappelle la genèse de ce logiciel par un développeur, Wladimir Palant, qui "n’était pas à l’aise avec son outil, qui faisait du mal aux médias et à la bonne publicité, ce qui n’était pas son but". D’où la volonté de créer une société qui supprimerait certaines publicités mais pas toute la publicité, seulement celle qui est intrusive et pas conforme aux standards définis par Eyeo.

 

Robin des bois de la publicité

Justicier oui, redresseur de torts sûrement, mais pas ennemi public numéro 1 du monde des médias et de la communication, telle semble être la position de l’entreprise et de son président. D’ailleurs Tim Schmachen n’hésite pas à se comparer à Robin des Bois, expliquant à nos confrères : "nous prenons l’argent de Google, de Yahoo! ou de Microsoft et il sert aux plus petits sites."

 

Pour mémoire, ce plaidoyer intervient alors que le bloqueur de publicité a été condamné récemment par le tribunal de Cologne. Plus précisément c’est la "liste blanche", soit celle des publicités autorisées qui a été pointée du doigt par la justice, estimant que l’éditeur Springer devait pouvoir y être inscrit gratuitement.

 

Toutefois, Tim Schumachen semble très serein, estimant qu’on ne peut pas interdire les bloqueurs de publicité, car "les utilisateurs les plébiscitent". Il rappelle qu’en France "10 millions d’adblockers sont installés" ce qui en fait un pays important pour l’entreprise, tout comme l’Allemagne ou la Pologne.

 

Un financement alternatif de l'information 

Enfin, il montre patte blanche aux éditeurs de presse, qui se sont emportés contre ces bloqueurs qui les privent d’une partie de leurs recettes alors que l’information reste un bien coûteux à produire. Il a confirmé vouloir développer une plateforme de micro-dons parallèlement au bloqueur décrié. L’utilisateur pourrait ainsi donner chaque mois 2 ou 3 euros, soit une "somme supérieure à celle que rapporte à un média l’ensemble de la publicité vue par un de ses lecteurs sur un mois." Eyeo redistribuerait ensuite les sommes ainsi collectées aux différents organes de presse en fonction du trafic observé. "Le but est de récompenser la qualité, qui n’est pas favorisé par le modèle de financement par la publicité", conclut-il, appelant à un modèle de financement couplé des médias, à base de "publicités acceptables" et d’un système de donations mensuelles.

 

Après avoir joué les pirates, les bloqueurs de publicité vont-ils devenir les financeurs de la presse ? Et les éditeurs qui maîtrisaient les services publicité vont-ils accepter ces propositions ? Toujours est-il que lors du hub Forum mercredi 29 juin, de nombreux interlocuteurs de retour des Lions de Cannes s'inquiétient du poids grandissant des bloqueurs de publicité. Audacieux, Guillaume de Roquemaurel, président et co-fondateur d'Artefact, n'a pas hésité à comparer la publicité avec le secteur de la musique avant l'arrivée du piratage, s'inquiétant des dégâts que produirait une entrée en guerre des publicitaires contre leur public....  

 

Lire l'intégralité de l'interview sur le site du Monde. 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale