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"Le crowdfunding peut aider les petites exploitations agricoles à se développer", estime Florian Breton (Miimosa)

Entretien Lancé en novembre 2014, Miimosa se définit comme la première plateforme de financement participatif dédiée à l’agriculture et à l’alimentation. Dans un contexte de crise, le fondateur du site, Florian Breton, cible les exploitants agricoles familiaux. Issu d’une famille de viticulteurs, cet ancien responsable commercial souhaite compléter le financement bancaire. Il répond aux questions de L’Usine Digitale.
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Le crowdfunding peut aider les petites exploitations agricoles à se développer, estime Florian Breton (Miimosa)
"Le crowdfunding peut aider les petites exploitations agricoles à se développer", estime Florian Breton (Miimosa) © Pascal Xicluna/Min.Agri.fr

Quel regard portez-vous sur la première année d’activité de Miimosa ?
Florian Breton –
A ce jour, 75 projets ont été financés, pour un montant total de 320.000 euros. A la fin de cette première année, nous avons pour objectif d’avoir contribué au financement de 120 projets, pour 500.000 euros. Le montant moyen des levées de fonds est de 6500 euros, contre 3500 euros en moyenne pour la totalité des plateformes de crowdfunding. 70% des projets présentés sur notre site obtiennent par ailleurs un financement, contre une moyenne nationale de 50%.

 

Quel est le profil des porteurs de projet ?
Des exploitations de 10 à 20 hectares en moyenne présentent des projets de transformation de produits, de vente directe… Des céréaliers ont ainsi souhaité se lancer dans la production de farine. L’acquisition de matériel ou l’aide à l’installation font aussi partie des projets que nous avons accompagnés. Nous nous positionnons comme un complément de financement pour 60% des projets accueillis, et nous sommes une réelle alternative pour les 40% restants. Plus de 30% des projets présentés sont liés à l’élevage, ce qui est très révélateur des difficultés de la filière. Par ailleurs, 70% des entreprises du secteur agroalimentaire sont des TPE (brasseurs, limonadiers, biscuitiers…), qui rencontrent des difficultés de financement pour assurer leur croissance (R&D, par exemple). Les banques préfèrent s’engager sur des actifs tangibles, comme les bâtiments.

 

Comment vous positionnez-vous dans le contexte actuel de crise ?
Lorsque nous avons eu l’idée de Miimosa, fin 2013, et au moment où nous avons lancé le site, un an plus tard, la question du financement des filières agricoles et alimentaires n’était pas aussi médiatisée qu’aujourd’hui ! L’agriculture familiale, qui représente 40% des exploitations, constitue le segment le plus fragile des entreprises du secteur. Elle est notre cœur de cible. Il faut savoir que 26% des ménages agricoles vivent sous le seuil de pauvreté, et 40% ont un salaire inférieur au SMIC.

 

Comment envisagez-vous l’avenir du crowdfunding dans le secteur agricole ?
Aujourd’hui, le financement participatif est avant tout dédié à la culture (musique, cinéma, etc.) avec plus de 73% des projets financés en France. L’agriculture n’en représente même pas 1% ! Il y a un travail à effectuer pour développer ce type de financement dans le secteur, ce que nous faisons avec nos partenaires. Les Chambres d’agriculture peuvent ainsi rediriger les porteurs de projet vers notre site. Des syndicats agricoles nous soutiennent également. Le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt a aussi accompagné notre développement en nous sélectionnant, en juin, parmi une sélection de 8 start-up destinées à "révolutionner" l’agriculture française. Il faut diffuser la pratique du crowdfunding, mais les agriculteurs sont déjà très connectés. Ils n’ont pas attendu la Google Car pour se moderniser !

 

De quelle manière comptez-vous vous développer?
La première étape est une levée de fonds, qui nous permettra de nous structurer et d’élargir l’équipe, actuellement composée de 4 personnes et de freelances. Miimosa devra aussi évoluer vers d’autres formes de financement participatif, en élargissant le modèle du don contre don à d’autres modèles. Les contreparties proposées aux contributeurs sont actuellement en nature : livraison de fromages, hébergement à la ferme… Le fait de pouvoir vivre des expériences liées à l’agriculture constitue toutefois un axe de développement intéressant en termes de communication, au-delà du financement d’une cause.

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