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Le crowdfunding s'intéresse de plus en plus aux pépites industrielles

Non, le crowdfunding ne sert pas qu’à financer des projets artistiques ou à fédérer une communauté de geeks autour d’objets connectés et de jeux vidéo. De plus en plus de PME industrielles font appel à la finance participative pour développer leurs business.

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Le crowdfunding s'intéresse de plus en plus aux pépites industrielles
Le crowdfunding s'intéresse de plus en plus aux pépites industrielles © Rocío Lara

L’industrie peut aussi bénéficier du financement participatif. A côté des têtes d’affiche du crowdfunding comme la montre connectée Pebble (10 millions de dollars levés sur Kickstarter), le film tiré de la série Veronica Mars (5,7 millions de dollars sur Kickstarter) ou le disque du chanteur Grégoire (70 000 euros sur My major company), des entreprises se mettent aussi à utiliser ce nouveau mode de financement.

Fleur Pellerin, la ministre de l’Innovation, des PME et de l’Economie numérique, l’a bien compris. Elle va présenter vendredi 14 février un assouplissement de la réglementation s’appliquant à la finance participative, qu’il s’agisse d’investissements en capital, de prêts entre particuliers ou de dons. La ministre espère faire émerger une solution pour pallier "l’equity gap", cette vallée de la mort entre le capital risque et le capital développement où les sociétés ne trouvent pas de financements bancaires ou en fonds propres.

Un vaccin contre le sida financé par le crowdfunding

D’autant que des projets très technologiques ou très scientifiques font leur apparition sur les sites de financement par la foule. Biosantech, une biotech basée à Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes), n’a pas hésité longtemps quand elle a eu besoin de fonds. "Notre entreprise concerne tout le monde, il me paraissait normal de faire appel au crowdfunding", explique Corinne Tréger, la présidente. La jeune société, créée en 2011 en obtenant la licence de brevets déposés par le docteur Erwann Loret du CNRS, vient de lancer une campagne de crowdfunding sur le site Happy Capital, pour lever 500 000 euros. Objectif : financer la phase II des tests cliniques d’un vaccin qui pourrait, dans quelques années, guérir le sida.

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Les premiers essais cliniques, lancés en avril 2013 sur 48 patients, se sont révélés concluants. La biotech doit maintenant démontrer que son vaccin permet de rendre la présence du virus dans le sang indétectable et stable. "Nous sommes aujourd’hui à un stade suffisamment avancé pour pouvoir dire aux particuliers qu’ils investissent dans un projet durable", reprend Corinne Tréger.

Un effet de levier sur la finance traditionnelle

Ces financements par des investisseurs particuliers sur Internet stimulent aussi l’intérêt de porteurs de capitaux plus traditionnels pour l’entreprise. "Le crowdfunding sert d’effet de levier, confirme Philippe Gaborieau, le fondateur d’Happy Capital. Pour Biosantech, nous allons augmenter les fonds propres de 500 000 euros. Or Bpifrance a, par exemple, des outils permettant d’abonder à hauteur du niveau de fonds propres."

Du côté des investisseurs, les projets technologiques ne semblent pas être un frein. "Les levées de fonds qui fonctionnent le mieux sont celles qui concerne la technologie et l’industrie, estime ainsi Anne Saint-Léger, la fondatrice de Finance Utile. Ils se disent que s’il y a une rupture technologique, la possibilité de retour sur investissement est plus grande." Parmi ses projets de financement en cours : Tecdron, un fabricant de robots pour les industriels et pour les secteurs de la sécurité civile et militaire, ou encore AirMems, qui conçoit et fabrique des composants électroniques.

Du coup, pour ces financements en fonds propres, les mises sont plus élevées. Les montants moyens demandés par les entreprises tournent autour de 300 à 500 000 euros. Chez Happy Capital, les investisseurs mettent de 1000 euros par projet, à 90 000 euros pour certains. "On commence même à voir des entreprises et des holdings investir sur la plate-forme pour des tickets entre 50 000 et 75 000 euros", remarque Philippe Gaborieau. Dernier cas en date : une société dans la métallurgie a investi dans l’entreprise Art of Soule, un fabricant d’espadrille !

Arnaud Dumas

 
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