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Le crowdfunding sert autant à lever de l'argent qu'à faire le buzz

Le crowdfunding permet aux start-up de lever des fonds, mais constitue aussi un excellent relais de communication. Potentiels clients et futurs investisseurs se laissent plus facilement convaincre par une société qui a été testée et approuvée par l’intelligence collective à l’œuvre sur les plates-formes de financement participatif.
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Le crowdfunding sert autant à lever de l'argent qu'à faire le buzz
Le crowdfunding sert autant à lever de l'argent qu'à faire le buzz © Poolie - Flickr - C.C.

Les start-up ont besoin d’argent pour décoller, certes. Mais lorsqu’elles se tournent vers le crowdfunding, elles cherchent également à communiquer sur leur projet. Une campagne de financement participatif réussie, c’est une visibilité assurée dans la presse et sur le web. Visibilité qui permet ensuite de toucher plus facilement clients et investisseurs potentiels.

Les média se sont fait un plaisir de relater le succès de la levée de fond éclair de Buzcard en juillet 2013. La jeune entreprise, qui a inventé la carte de visite numérique, a récolté 260 000 euros en trois jours sur la plate-forme Anaxago. Si la marque Buzcard existait déjà dans les médias, cette campagne a rendu plus clinquante encore l’image de la start-up.

Un coup de pub pas toujours positif

Mais comme le souligne son directeur Yoram Moyal, cette publicité peut être un atout comme un sérieux désavantage. "Lever des fonds en crowdfunding, c’est prendre un risque pour votre image. Si la collecte ne marche pas, difficile ensuite d’aller voir des investisseurs en leur disant : bonjour, j’ai essayé de trouver de l’argent auprès d’une foule d’internaute et cela n’a pas marché, vous pourriez investir dans mon projet ? "

 

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Les contributeurs d’une campagne deviennent souvent des outils de promotion pour les entreprises. Comitam a effectué une levée de fonds d’un montant de 200 000 euros sur Anaxago en décembre 2013. L’entreprise organise des funérailles : c’est un intermédiaire entre les familles, déboussolées par la mort de l’un de leurs proches, et les sociétés de pompes funèbres, qui peuvent difficilement démarcher leurs clients, vu leur secteur d’activité sensible.

Lobbying des contributeurs

La société va mettre en place un bandeau pour son site Internet, disant en substance : 30 personnes nous ont fait confiance en investissant dans notre entreprise, vous pouvez nous faire confiance pour les funérailles de vos proches. "Savoir que des internautes nous ont confié leur argent pousse les personnes qui visitent notre site à nous trouver fiables", analyse Camille Strozecki, fondateur de Comitam.

Les contributeurs de la campagne de Buzcard font directement du lobbying pour ses cartes de visites en ligne : "Nos investisseurs sont pour beaucoup des salariés haut placés dans de grands groupes, or ces entreprises sont notre première cible. Nos contributeurs présentent le projet à LA bonne personne, celle que nous aurions mis des mois avant d’atteindre. Arriver introduit c’est la clef du business. Le crowdfunding nous a beaucoup aidé pour cela", se félicite Yoram Moyal.

Effet moutonnier

Réussir une campagne de crowdfunding facilite nettement le travail des start-up lorsqu’elles veulent, par la suite, lever des sommes plus importantes auprès de leur banque ou de fonds d’investissements. Les institutions financières classiques utilisent l’intelligence collective à l’œuvre sur les plates-formes de crowdfunding pour savoir où placer leur capital. "Nous savons qu’une centaine de professionnels du financement sont inscrits sur notre plate-forme, où ils peuvent collecter des informations sur les projets qui marchent bien", dévoile Joachim Dupont, qui dirige Anaxago. "Dix jours après la clôture de notre campagne, j’ai reçu des coups de téléphone de plusieurs fonds d’investissements qui se sont dits prêts à entrer au capital si nous réalisions une nouvelle levée de fonds", complète le directeur de Buzcard.

Lélia de Matharel

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