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Le décret Montebourg va-t-il bouleverser les investissements dans le numérique ?

Le "décret Montebourg" sur les investissements étrangers introduit pour la première fois les réseaux et services de communications électroniques français parmi les champs stratégiques à protéger. De nouvelles dispositions qui pourraient fragiliser les pépites numériques françaises en quête de fonds pour assurer leur développement, notamment à l'international.
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Le décret Montebourg va-t-il bouleverser les investissements dans le numérique ?
Le décret Montebourg va-t-il bouleverser les investissements dans le numérique ? © Antonia Machayekhi

On l'appelle déjà le "décret Montebourg". Un texte publié le 15 mai au Journal officiel vise à renforcer le protectionnisme économique français en délimitant de nouveaux secteurs stratégiques dans lesquels la France n'est pas prête à accepter des prises de participation étrangères... sans contreparties.

Elaboré pour que l'Etat garde la main sur les négociations en cours autour du conglomérat industriel Alstom, le "décret Montebourg" introduit pour la première fois les "réseaux et services de communications électroniques" parmi les champs stratégiques soumis à une "autorisation préalable" du gouvernement en cas d'investissements étrangers.

Mais le ministre de l'Economie n'a pas attendu ce décret pour mettre en oeuvre sa doctrine. Il y a tout juste un an, alors ministre du Redressement productif, il s'était vertement opposé à la prise de participation du groupe internet américain Yahoo! dans la plate-forme de vidéos en ligne Dailymotion, une filiale d'Orange.

"Yahoo! veut dévorer Dailymotion. Nous leur avons dit : non, ce sera 50/50", avait alors arbitré Arnaud Montebourg, provoquant un retrait de la proposition du groupe américain au grand dam de la direction d'Orange, bien engagée dans les négociations.

"énorme risque de ne plus trouver d'investisseurs"

Alors comment les pépites numériques françaises, adossées ou non à des grands groupes, pourront-elles assurer leur développement si le ministre de l'Economie s'oppose aux groupes étrangers jugés trop gourmands ?

Un cas pratique pourrait bien provoquer prochainement une intervention d'Arnaud Montebourg. Car après son revers avec Yahoo!, le PDG d'Orange s'est mis en quête de nouveaux partenaires pour sa plate-forme vidéo aux envies d'international. Le géant américain Microsoft d'abord, avec qui Stéphane Richard a dit avoir "bon espoir" de trouver un accord "tout en conservant la majorité de Dailymotion". Le groupe Canal+ plus récemment, dont Orange pourrait adosser l'offre à celle de Microsoft pour trouver une solution de financement équilibrée.

Le "décret Montebourg" commence déjà à susciter des commentaires dans le numérique français. Octave Klaba, PDG de l'hébergeur de sites web OVH, présage par exemple que ces nouvelles dispositions vont introduire "un énorme risque [pour les entreprises françaises des technologies de l'information et de la communication] de ne plus trouver d'investisseurs, car le risque devient trop important en sortie."

Elodie Vallerey

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

lennart
15/05/2014 19h09 - lennart

C'est un énorme risque, si les règles et secteurs ne sont pas bien définis. Pourtant Martin Bouygues avait su trouver des milliards d'euros pour le rachat de SFR, mais en tant que gros actionnaire de Alstom il ne trouve pas des "amis" français qui auraient pu re-capitaliser Alstom.

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