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Le départ d’Andy Rubin d’Android cache-t-il le lancement d’un super projet Google ?

Andy Rubin quitte sa place à la tête de l’activité Android qu’il a lancée pour une position encore inconnue au sein de Google. Le californien veut-il lui confier un super moteur de recherche ou simplement l’évincer ? 

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Le départ d’Andy Rubin d’Android cache-t-il le lancement d’un super projet Google ?
Le départ d’Andy Rubin d’Android cache-t-il le lancement d’un super projet Google ? © jyri - Flickr - C.C.

La stratégie de Google est souvent difficile à décrypter. Quand le géant du moteur de recherche et des OS mobiles tire de la fibre optique à Kansas City ou laisse une voiture se conduire toute seule, pas facile de savoir si l’on est dans le stratégique ou dans l’essai-erreur. Mais parfois, il suffit que Google bouge un seul de ses pions sur l’échiquier pour que tout s’éclaire. Enfin, qu’on puisse en avoir l’impression, tout du moins.

Ainsi, hier mercredi 13 mars, Larry Page, l’un des deux PDG fondateurs, annonçait sur son blog le changement de poste d’Andy Rubin. Andy Rubin, c’est le papa d’Android et l’artisan de sa croissance fulgurante. Il passe donc désormais le relai à Sundar Pichai, déjà en charge de Chrome et des apps. Pour autant, il n’est pas évincé. Loin de là, même, semble-t-il. "Andy a décidé qu’il était temps de laisser les rênes et d’entamer un nouveau chapitre au sein de Google", explique Larry Page. Ce à quoi l’intéressé ajoute dans un courrier aux partenaires d’Android reproduite par le site spécialisé Techcrunch : "Je suis un entrepreneur dans l’âme." On l’imagine à la recherche d’un nouveau projet enthousiasmant, baillant presque face aux résultats désespérément brillants d’Android : “60 constructeurs partenaires, plus de 750 millions de smartphones vendus activés globalement et 25 milliards d’apps téléchargées..." comme le rappelle Larry Page dans son billet de blog.

Retour aux fondamentaux

Difficile de se mettre à la place de Google pour essayer de savoir ce que ce déplacement d’Andy Rubin signifie réellement, mais il est néanmoins possible d’aider un peu la boule de cristal. Prendrait-il en charge un des projets issus du laboratoire X, le centre "secret" dans lequel Google réunit chercheurs, designers, ingénieurs pour voir émerger des idées neuves ? … Bien sûr, on pense aux Google Glass. Ça, c’est la réponse facile, et presque déjà du passé. Et si finalement, c’est le moteur de recherche qui l’intéressait ? Face aux agitations de Facebook et son Graph Search, et même d’Amazon, Google doit revenir à ses fondamentaux, pour ne pas se laisser dépasser sur son propre cœur de métier. Sur ce sujet, on peut imaginer pour Andy Rubin quelque chose du côté de la recherche sémantique, par exemple, comme l’avait évoqué avec L’Usine Nouvelle, Ben Gomes, vice-président en charge du moteur de recherche… Ou du côté des réseaux neuronaux (Google annonce aujourd’hui le rachat de la start-up DNNresearch, spécialiste de ces technologies).

Mais, ne délaissons pas trop vite Sundar Pichai. La réunion sous un même chapeau d’Android, des apps, de Chrome, mais aussi de Chrome OS, n’est peut-être pas anodine non plus. Imaginer une seule et même plate-forme d’apps depuis le smartphone et la tablette jusqu’au Chromebook (une stratégie à la Microsoft) aurait tout son sens. Vous avez dit Chrome Pixel ?

Enfin, il pourrait y avoir aussi un côté obscure à cette nouvelle. Telle que le magazine américain Wired la décrit. Selon lui, Andy Rubin pourrait suivre la même voie que Marissa Mayer, employée numéro 20, qui avait dirigé l’activité moteur de recherche puis cartographie de Google, avant d’être débarquée en 2012 et de prendre la tête de Yahoo. Une sombre histoire de rivalité entre lui et son successeur, et des avis sur la supériorité de leurs OS respectifs, Android et Chrome OS, aurait poussé Larry Page (plus proche de Pichai que de Rubin, toujours selon Wired) à prendre cette décision. Une interprétation qui traduirait la volonté de Google de se concentrer sur moins de projets, avec moins de dirigeants.

Emmanuelle Delsol

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