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Le Département de l'intérieur américain va clouer au sol ses 1000 drones DJI par peur de l'espionnage chinois

Vu ailleurs Le Département de l'Intérieur américain ne veut plus utiliser les 1000 drones civils qu'il a achetés au fabricant chinois DJI. L'autorité chargée de la protection des terres fédérales craint que ces engins ne puissent servir d'espions pour le gouvernement chinois.
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Le Département de l'intérieur américain va clouer au sol ses 1000 drones DJI par peur de l'espionnage chinois
Le Département de l'intérieur américain va clouer au sol ses 1000 drones DJI par peur de l'espionnage chinois © DJI

Ce n'est pas la première fois que cette crainte est soulevée mais cette fois-ci l'administration Trump veut passer à l'offensive. D'après un article du Financial Times publié le 12 janvier 2020, le Département de l'intérieur américain (en charge des terrains appartenant au gouvernement fédéral) serait en passe d'interdire l'utilisation des 1000 drones civils qu'il avait précédemment achetés auprès du fabricant chinois DJI, leader mondial du drone récréatif.

 

La raison ? Ces engins sont fabriqués en partie ou en totalité en Chine, et le Département de l'Intérieur (DOI) craint qu'ils soient détournés par Pékin à des fins d'espionnage, pour aspirer des données sensibles. En mai 2019, le DOI avait déjà sonné l'alarme en publiant un mémo dans lequel il s'inquiétait de l'importation de "données américaines dans le territoire d'un Etat autoritaire". Selon Les Echos, ce document a servi de base à cinq sénateurs pour déposer une proposition de loi la semaine dernière visant à interdire l'usage de fonds fédéraux pour acheter des drones fabriqués par des entités étrangères "sujettes à l'influence ou au contrôle du gouvernement chinois".

 

Limiter l'utilisation à des cas d'urgence

Cette nouvelle interdiction n'as pas encore été signée par le secrétaire américain de l'Intérieur, David Bernhardt, mais il affirme d'ores et déjà que les drones ne devraient être désormais sollicités que dans des cas d'urgence, notamment par les pompiers pour lutter contre les incendies, ou à des fins de formation. Exit donc l'utilisation de ces appareils équipés de caméra pour la surveillance des crus et des forêts ou les relevés topographiques. En effet, ces utilisations ne sont pas suffisamment importantes pour prendre le risque d'être espionné par le gouvernement chinois.

 

DJI attend des "preuves tangibles"

Ce n'est pas la première fois que DJI se retrouve accusé d'espionnage par le gouvernement des Etats-Unis, fait embarrassant sachant que le marché américain représente 40% de son chiffre d'affaire. En octobre 2019, le Pentagone a officiellement banni l'utilisation de ses drones par les forces armées, même s'il continue de les utiliser dans certains cas. Le fabricant chinois a très rapidement réagi à cette nouvelle annonce en déclarant qu'il attendait avec impatience les conclusions du département américain étant donné "le manque de preuves tangibles qui permettrait d'exclure du pays des drones sur le critère de leur pays d'origine". 

 

DJI avait déjà tenté de rassurer sur cette question. En octobre 2017, il a déployé un système capable de couper l'accès internet lorsque le drone vole. Il a adapté cet outil aux utilisations gouvernementales, en juin 2019, pour permettre aux utilisateurs d'avoir "le contrôle total de la couche logicielle". Mais le fabricant chinois appuie surtout sur le fait que Pékin n'aurait jamais demandé l'accès aux données des drones. Un argument qui n'a apparemment toujours pas convaincu Washington, qui veut procéder à un contrôle de plus en plus important sur ces appareils.

 

Fin décembre 2019, la Federal Aviation Administration publiait une proposition de règles dans le but de mieux identifier les drones à distance. L'idée est d'empêcher les activités illégales comme le transport de drogue ou l'espionnage privée en imposant une sorte de "plaque d'immatriculation" électronique pour les drones de moins de 250 grammes.

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