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Le district de Séoul s’équipe de caméras dotées d’IA pour détecter un crime... avant même qu’il ne soit commis

La police de Séoul va déployer des caméras de surveillance dotées d'un algorithme capable de prédire si des crimes seront commis. Se basant sur le machine learning et des dossiers judiciaires passés, le dispositif pourra automatiquement donner l'alerte aux autorités.
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Le district de Séoul s’équipe de caméras dotées d’IA pour détecter un crime... avant même qu’il ne soit commis
Le district de Séoul s’équipe de caméras dotées d’IA pour détecter un crime... avant même qu’il ne soit commis © Unsplash/ Alex Knight

Elles pourraient déterminer la probabilité qu’un crime soit commis. Les nouvelles caméras qui habillent les rues de Séoul présentent la particularité d’être dotées d’une technique d’intelligence artificielle qui les rend à même de repérer, entre autres, ce que les passants portent sur eux. L’Institut de recherche en électronique et télécommunications (ERTI), basé dans la capitale sud-coréenne et à l’origine du logiciel, va déployer quelque 3 000 engins d’ici au mois de juillet. Ces derniers pourront également déterminer les localisations, les horaires et les comportements humains pour aider l’enquête de police.

 

COMPARER AVEC DES SITUATIONS CONNUES

Concrètement, les caméras se serviront de ces paramètres pour déterminer si une personne en suit une autre pour éviter les vols à l’arrachée ou si un vêtement cache un objet dangereux pour empêcher toute agression ou attentat. Ces appareils, qui fonctionneront de jour comme de nuit, pourront notifier les forces de l’ordre environnantes qu’une situation donnée conduira vraisemblablement à un crime. Un taux de probabilité est, pour cela, actualisé en temps réel. S’il dépasse un certain seuil, l’alerte se déclenchera automatiquement.

 

Les chercheurs de l’ERTI continuent d’améliorer l’algorithme. Ils prévoient d’analyser quelque 20 000 documents judiciaires au total pour affiner le jugement de ce dernier. Les caméras fonctionnent, en effet, par mimétisme grâce au machine learning : plus une situation s’apparente à un cas en mémoire, plus elle fera grimper la probabilité qu’un crime soit commis. La version définitive du dispositif ne devrait être déployée qu’en 2022 et, à cette date, l’ensemble des provinces sud-coréennes seront concernées.

 

Une technologie capable d’un tel niveau de prédiction impressionne… mais elle n’est pas tout à fait unique. Les autorités britanniques travaillent, elles aussi, à la conception de ce type d’algorithme. En Chine, la reconnaissance comportementale est déjà exploitée pour identifier les passants à l’aide de leur démarche. La France n’en est pas encore là, mais le gouvernement d’Edouard Philippe a toutefois fait part de son intention de lancer une expérimentation sur l’utilisation de la reconnaissance faciale dans le cadre de la vidéosurveillance. Une pratique proscrite par le RGPD, et dont la Cnil s’inquiète.

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