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Le double pari de Brave, le nouveau navigateur web de l'ex patron de Mozilla

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Brendan Eich a levé 35 millions de dollars en crypto-monnaies pour son navigateur web Brave. Le cofondateur de Mozilla et inventeur du langage JavaScript a créé son propre "jeton", appelé BAT (Basic Attention Token), dans le cadre d’une ICO (Initial coin offering). La start-up se veut donc originale dans son mode de financement commes dans son business model.

Le double pari de Brave, le nouveau navigateur web de l'ex patron de Mozilla
Le double pari de Brave, le nouveau navigateur web de l'ex patron de Mozilla © Darcy Padilla - Wikimedia commons

En matière de navigateurs web, les internautes ont l’embarras du choix. Dans le trio de tête, Chrome domine avec 63,5 % de part de marché, suivi par Firefox (14,5 %) et Internet Explorer (9 %). Alors, comme son nom l’indique, Brave a beaucoup de courage pour s’attaquer à un marché aussi bouché. Ce navigateur web cultive sa différence sur le plan publicitaire. Son approche ? De la pub en ligne triée sur le volet.

 

Brave bloque nativement les publicités sur les sites et les remplace par un contenu plus qualitatif, sécurisé (sans virus) et respectueux de la vie privée des utilisateurs. Résultat : la page Internet se charge plus rapidement et aucun cookie n’est déposé. Comme beaucoup de navigateurs, Brave est basé sur Chromium, le projet open source de Google. Le géant de Mountain View vient d’ailleurs d’annoncer que Chrome intégrera un bloqueur de pub par défaut, début 2018, qui filtrera les annonces les plus intrusives.

 

Lors de son lancement début 2016, Brave s’était attiré les foudres des éditeurs membres de l’Association des journaux d’Amérique (NAA). Les éditeurs pointaient du doigt le mode de monétisation de cette publicité épurée. Brave réserve une part de ses revenus aux annonceurs, éditeurs, et utilisateurs. Si ces derniers laissent la pub s’afficher, ils récupèrent 15 % des revenus générés, en monnaie virtuelle. Pour les éditeurs, cela s’apparente à "un détournement de contenu pour son propre profit (celui de Brave Ndlr)". Ce que Brendan Eich contredit en détail sur son blog en dénonçant la tournure "épidémique" de la  violation du respect de la vie privée par l’industrie de l’information.

 

35 millions de dollars en 30 secondes

Après un tour de table de 7 millions de dollars en août 2016, auprès d’investisseurs traditionnels, la dernière levée de fonds effectuée par Brave a été fulgurante. Etant donné que le modèle de rémunération de Brave est basé sur la technologie blockchain, Brendan Eich a décidé de créer sa propre crypto-monnaie baptisée BAT (Basic Attention Token), basée sur la blockchain Etherum. Le service de messagerie instantanée Kik a fait de même la semaine dernière en lançant le Kin, sa propre monnaie digitale, qui permet d’acheter des services sur sa plateforme.

 

La levée de fonds en crypto-monnaies s’est faite "en moins de 30 secondes", rapporte le site spécialisé Coin Desk. Ce tour de table a été réalisé dans le cadre d’une ICO (initial coin offering) par analogie avec IPO (initial public offer). Autrement dit, il s’agit d’un moyen alternatif de financer une entreprise qui consiste à vendre pour la première fois une toute nouvelle crypto-monnaie avant même qu’elle ne circule en ligne.

 

En achetant ces jetons (token en anglais) - des BAT dans le cas de Brave - les investisseurs parient sur une potentielle plus-value, une fois que la crypto-monnaie sera disponible sur les places de marché. En plus de parier sur la réussite d’une start-up et d’un projet, l’investisseur spécule sur la valeur de la monnaie elle-même. Dans le cas de Brave, un milliard de BAT valent 156 250 d’ETH (Etherum) ce qui équivaut à 35 millions de dollars.

 

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