Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

"Le financement participatif est complémentaire de l'offre bancaire", explique Mathieu Maire du Poset, DGA d'Ulule

Chambres de commerce et de l'industrie ou banques, les structures qui accompagnent les entrepreneurs veulent comprendre comment fonctionne le crowdfunding, pour leur proposer ce nouveau mode de financement participatif. La plate-forme Ulule leur propose justement des formations. Une démarche logique pour son directeur général adjoint, Mathieu Maire du Poset, qui explique à L'Usine Digitale pourquoi les acteurs traditionnels du financement travaillent main dans la main avec ces nouveaux concurrents.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Le financement participatif est complémentaire de l'offre bancaire, explique Mathieu Maire du Poset, DGA d'Ulule
"Le financement participatif est complémentaire de l'offre bancaire", explique Mathieu Maire du Poset, DGA d'Ulule © Ulule

L'Usine Digitale : Le Ulule Tour, qui s'est déroulé cette année du 17 mars au 28 avril, a permis aux équipes de votre plate-forme de crowdfunding d'aller à la rencontre des porteurs de projets dans dix communes de France. Pour cette deuxième édition, vous avez aussi proposé des formations sur ce nouveau mode de financement. A qui étaient-elles destinées ?

Mathieu Maire du Poset : Ces sessions de cours de deux heures étaient destinées aux banques (cinq à dix salariés de notre partenaire BNP Paribas ont notamment participé, dans chaque ville où le Ulule Tour a posé ses valises), aux membres des Chambres de commerce et de l'industrie qui accompagnent les entrepreneurs, et à tous les réseaux qui les aident à développer leur business, comme France Active. Cette initiative a été un succès, les inscrits étaient nettement plus nombreux que ce que nous avions prévu (40% de plus en moyenne). Nous avons formé 450 personnes.

Quel était le contenu de ces sessions ?

L'objectif de ces cours était simple : les organismes qui accompagnent des entrepreneurs voulaient être à même de répondre aux questions qu'ils se posent sur le financement participatif. Leur projet peut-il leur permettre de lever des fonds sur une plate-forme de crowdfunding ? Si oui, laquelle utiliser ? Comment préparer au mieux leur campagne ? Quel somme faut-il lever ? Ils peuvent ainsi proposer aux créateurs d'entreprises un nouveau mode de financement auquel ils n'avaient pas forcément pensé, en maîtrisant son fonctionnement.

Face à la demande, nous avons créé en 2014 des formations d'une journée complète, qui s'achèvent par un test des acquis donnant droit, s'il est réussi, à une certification. Trois cessions ont déjà eu lieu à Paris. A partir de septembre 2015, nous organiserons ces cours en région. Cette formation coûte entre 150 et 500 euros, en fonction des profils.

Les banquiers, qui assistent à vos cours, ne perçoivent-ils pas le crowdfunding comme une menace pour leur activité ? 

Pour faire le buzz, certaines plates-formes de crowdfunding se positionnaient au moment de leur création comme des concurrentes des banques, dont elles disaient menacer le business modèle. En fait, le financement participatif est complémentaire de l'offre bancaire, même si quelques frottements entre ces deux univers existent, du fait de sa nouveauté. Il s'installe dans l'existant.

Aujourd'hui, les entrepreneurs mettent en œuvre des stratégies financières multiples, ils collectent des fonds de plusieurs manières : prêts bancaires, "love money" (argent prêté par des proches), business angels, fonds d'investissements, subventions et maintenant crowdfunding. Les sites comme Ulule complètent les banques. Ils permettent par exemple aux entrepreneurs de tester auprès d'un large public la popularité de leur offre, ce que ne leur permettent pas les banques.

Vous n'avez pas peur que les institutions financières traditionnelles créent en interne leurs propres sites de crowdfunding pour compléter leur offre, et qu'elles finissent par vous concurrencer ?

C'est peu probable car le crowdfunding n'est pas leur métier de base. Il est en plus très difficile pour une banque, structure lourde, de créer de toutes pièces un site web qui fonctionne dans l'esprit d'une start-up. Pour l'instant, les banques tissent plutôt des partenariats avec des plates-formes existantes. Ulule a pour partenaire historique BNP Paribas. Notre principal concurrent, KissKissBankBank, travaille avec la Banque Postale.

Propos recueillis par Lélia de Matharel

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale